13 Juil

High End Munich 2018, de belles écoutes et quelques déceptions musicales

high-end-munich-2018Second voyage de quelques jours en Allemagne à Munich pour ma part, comme l’année dernière, j’ai assisté à de très belles écoutes mais aussi à quelques déceptions musicales, c’était un peu inévitable. Après plus de 10 heures de bus, j’arrivais enfin à la gare routière, situé à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Petit détour à la gare pour un café et je recevais un message de Jean Razzaroli du blog L’Audioexpérience, déjà sur place depuis jeudi. Je ne trainais pas et me rendais rapidement à l’hôtel pour y  déposer ma valise. Jean et le High End Munich 2018 m’attendaient déjà de pieds fermes !

Le salon est tellement grand que mes 2 journées et demi au High End Munich 2018 ne serait pas de trop pour tenter d’écouter un maximum de systèmes haute fidélité. De là, il est bien évident que je ne saurais vous écrire un article exhaustif sur le salon parce que ce n’est pas possible. Il faut savoir que ce High End Munich 2018 réunit plus de 500 exposants de la haute fidélité venus du monde entier, les présentations des systèmes sont donc bien trop nombreuses pour que l’on puisse toutes les écouter. C’est tellement vrai que sur l’article de Jean, sur la totalité des photos qu’il a pris durant le salon, je n’en ai pratiquement aucune en commun avec lui, malgré le fait que nous ayons partagé une grande partie de notre temps à écouter les systèmes présentés ensemble.

La surface d’exposition du High End Munich 2018 est toujours aussi impressionnante

sonus-faber-high-end-2018Pour ceux qui ne se sont pas encore rendu à Munich, il faut savoir que le MOC est un bâtiment divisé en 4 parties avec un rez-de-chaussée déjà impressionnant par sa taille mais que l’étage partage la même surface avec 2 étages d’exposants à découvrir. Le rez-de-chaussée fait la part belle aux expositions statiques avec de petites cabines d’écoute. A l’étage, les surfaces réservées aux écoutes bénéficient de plus d’espace. Ainsi, je ne pourrais que vous proposer une courte synthèse des écoutes audiophiles qui m’ont le plus impressionnées et celles qui m’ont réellement déçues.

Dans cette optique, il faudrait aussi tenir compte du fait que quel que soit le salon, aussi grand soit-il, on sera toujours mieux chez soi pour écouter sa chaine haute fidélité. Cela s’explique simplement en partant du principe qu’un système audiophile personnel repose sur des années d’écoutes, de recherches et de choix, dans un environnement optimal par rapport aux salons d’exposition.

high-end-munich-2018A l’opposé, présenter un système haute fidélité digne de ce nom en salon repose déjà sur des conditions difficiles, ne serait-ce qu’à cause de la pièce qui ne sera pas forcément adaptée à une écoute audiophile. Ensuite, il faut tenir compte du fait que de préparer un système haute fidélité en salon ou en exposition repose souvent sur des impératifs de temps (limité) et de choix, parfois imposés entre constructeurs et distributeurs. Telle marque veut présenter tel système mais avec tel câble ou tel meuble ou telle électronique en particulier.

De là, les conditions d’écoute sont souvent très moyennes par rapport à ce que l’on peut faire chez soi. Disons que dans les salons, on évite le facteur WAF mais il s’agit bien du seul facteur évité. Il faut donc savoir relativiser, même lorsqu’il s’agit du High End Munich 2018. Cependant, cela n’empêche pas la majorité des exposants de donner le meilleur d’eux-mêmes quant à la présentation de leurs systèmes haute fidélité, ce qui nous donne souvent de très bonnes surprises à l’écoute.

Des photos de quelques systèmes qui rendent justice à la musique seront bien plus parlantes qu’un compte-rendu exhaustif mais ennuyeux du High End Munich 2018

high-end-2018-inakustik-primareCette année, je vais donc essayer de réduire mon texte mais de vous proposer plus de photos commentées. Impossible de rédiger un seul article exhaustif sur le High End Munich 2018, il faudrait y passer une semaine ! Toujours est-il que j’ai eu le plaisir d’assister à de belles écoutes, avec les excellentes enceintes Magico par exemple ou chez les français d’Apurna qui représentent parfaitement le High End de la haute fidélité avec des amplificateurs particulièrement bien développés et exploités. D’ailleurs, à peine arrivé au salon, j’ouvre la porte du MOC et je tombe sur Guy Boselli de Sound and Colors avec lequel j’avais déjà bien discuté lors de ma découverte des nouvelles Magico A3 à Paris chez Présence Audio Conseil.

La conversation reprend comme si nous l’avions laissé à Paris, Guy est quelqu’un de particulièrement jovial et sympathique tout en montrant un professionnalisme affirmé. Finalement, cela fait toujours plaisir de revoir des personnes que l’on apprécie dans le petit monde de la haute fidélité, surtout lorsque l’on peut discuter sans parti pris mais entre passionnés. Après quelques moments d’attente, je retrouvais Jean Razzaroli avec grand plaisir et je m’apprêtais à débuter la visite de ce High End Munich 2018. En 2017, j’avais commencé par le rez-de-chaussée sans avoir vraiment de plan en tête, chose qui me paraissait logique. Cette fois, je me décidais à suivre Jean qui avait déjà préparé ses priorités d’écoutes sur papier.

Nagra et Wilson Audio proposent une écoute équilibrée mais qui me laisse un peu sur ma faim

high-end-2018-nagra-wilson-audioJean voulait me faire découvrir le stand Nagra. Ce dernier était placé à l’étage, sur un angle du bâtiment, offrant une large surface vitrée en arrière des enceintes.  Une exposition statique particulièrement bien présentée retrace l’histoire de Nagra et des fameux enregistreurs qui ont marqué le monde l’enregistrement professionnel. Côté haute fidélité, nous étions également servi avec un déploiement total des électroniques de la gamme, dont une très belle source vinyle.

D’emblée très musical, Nagra n’est pourtant pas le système qui m’aura le plus impressionné par sa musicalité au cours du salon malgré un naturel exemplaire. Les câbles Kubala Sosna branchaient pourtant le système, ce que j’avais apprécié également. Malgré cela, j’avais l’impression d’entendre un léger voile dans le bas médium avec un manque de richesse harmonique palpable sur l’ensemble des morceaux. La neutralité légèrement rigide des Wilson Audio ne m’aura jamais vraiment convaincu.

Les enceintes Wilson Audio sonnent trop « neutres » pour mes oreilles

High-End-2018-ChordPour les amateurs de neutralité, c’est vers ce genre de chaine haute fidélité qu’il faudra vous pencher. Pourtant, l’écoute des électroniques Nagra était pour moi beaucoup plus riche et plus musicale à Paris avec les enceintes YG où l’on atteignait vraiment des sommets en termes de réalité acoustique, un idéal audiophile en quelques sortes… A Bruxelles par contre, Nagra était également associé à des enceintes Wilson Audio avec le même rendu musical très neutre mais qui manque un peu de magie et d’émotions avec un médium en retrait.

Comme quoi, le choix des enceintes est souvent primordial pour une chaine haute fidélité, même si, de toute évidence, la source sera le premier maillon à privilégier. Quoi que vous fassiez, il sera toujours impossible d’écouter ce qui n’est pas parfaitement donné par la source. In fine, une paire d’enceintes donnera le caractère de votre système alors qu’une excellente source laissera passer un maximum d’informations et de musique.

Chord présentait un système et des DAC en ultra-haute définition avec une musicalité hors du commun

mojo-chordEt quant à parler de musique à ultra-haute définition, c’est sur le stand de Chord que nous nous sommes arrêté avec le plus de plaisir. Le système présenté au High End Munich 2018 bénéficiait d’un nouvel amplificateur analogique ainsi que de leur tout nouveau DAC, le Hugo TT 2, encore nettement amélioré par rapport à la première version, déjà excellente en soi.

Aboutissant sur une paire de Raidho Acoustics, câblés en Transparent Cable. Jean me rappellera très justement que Chord distribue également différentes gammes de câbles mais qu’ils ont choisi Transparent Cable pour cette démonstration au High End Munich 2018. L’écoute est stupéfiante de détails mais sans sur-définition fatigante. La musicalité dépasse la norme, c’est vraiment du grand art.

Au contraire, Chord est un des rares constructeurs d’électroniques qui maitrise à la fois le sens du détail et la fluidité naturelle de la musique. Corollaire de ces qualités, l’image stéréophonique est particulièrement bien reproduite avec une transparence surprenante que j’ai rarement entendu sur d’autres systèmes. Rien à dire de mal par rapport à l’écoute des DAC portables, depuis le petit Mojo qui est déjà remarquable, jusqu’au nouveau Hugo qui, au passage, à perdu de son hyper-définition pour y gagner en fluidité. A vrai dire, j’ai l’impression que Chord aura évolué en maitrisant de mieux en mieux la définition spectaculaire de ses convertisseurs pour mieux l’intégrer à la musicalité hors normes du résultat musical obtenu dans l’analogique.

Avec Magico et Soulution, on entre vraiment dans le High End de la haute fidélité

magico-soulution-high-end-2018Si l’on a souvent l’impression de se perdre dans les couloirs du MOC, le High End 2018 présentait cependant des valeurs sûres contre lesquelles ont pouvait naturellement reposer ses oreilles. Ces valeurs sures, et étonnantes par la musicalité qu’elles déploient, étaient à nouveau représentées par une marque d’enceintes américaines que l’on ne présente plus, Magico en l’occurrence…

A nouveau mariées avec talent aux électroniques Soulution Série 7, les enceintes Magico M6 délivraient une impression d’immédiateté et de présence musicale absolument unique. Parfaitement linéaires du grave à l’aigu, la sensation de réalité musicale était à peine croyable, comme si vous étiez en studio avec les musiciens pendant l’enregistrement. L’image stéréophonique faisait également partie des plus réussies du High End Munich 2018 avec un étagement parfait des plans sonores où chaque instrument se retrouvait parfaitement à sa place.

Soulution-magicoQuel que soit le style de musique présenté, on se sentait vraiment comme imprégné par le morceau. La pièce avait d’ailleurs été judicieusement travaillée par le concepteur, les pièces du MOC de Munich n’étant pas idéalement conçues pour ce genre de démonstration musicale. Mais à vrai dire, la pièce se faisait vraiment très peu présente, au bénéfice de la musique qui se libérait avec une fluidité et un naturel sans pareils.

L’ensemble Magico M6 et Soulution présentait une musique à la fois très douce, fluide et dynamique. A n’en pas douter, Magico nous faisait bénéficier d’une des plus belles écoutes de ce High End Munich 2018. Dans une autre salle, les électroniques Soulution étaient également en démonstration avec des enceintes Rockport Technologies. A mon sens, l’écoute était plus focalisée sur l’aigu et moins homogène que les Magico malgré une écoute musicalement agréable dans l’ensemble. La différence se jouait essentiellement au niveau de la matière sonore, mieux présentée par les Magico M6.

Les électroniques Marantz Ruby présentées par Ken Ischiwata nous ont offert un très bon moment d’émotion musicale

Marantz-sa-10-high-end-munichAutre surprise musicale très attendue, celle des électroniques Marantz de la nouvelle série PM-KI Ruby avec la présence exclusive de Ken Ischiwata pour ses 40 ans de collaboration avec la marque japonaise (d’où l’appellation KI Ruby évidemment). L’écoute proposée aux audiophiles de Munich reposait naturellement sur le haut de gamme de la marque en SACD-CD-Streamer KI Ruby et amplificateur intégré PM-Ruby vendus aux alentours des 4000€ l’unité, un tarif encore assez étonnant pour le High End de Munich, moins onéreux que la série 10 du fabricant japonais.

Les électroniques Marantz étaient associées à une belle paire d’enceintes colonne orientées de manière assez particulière vers l’axe central. L’écoute se faisait assez claire, avec une très belle définition, douce et soyeuse mais très nerveuse lorsque le message sonore le demandait. Les Marantz Ruby s’avéraient tous simplement fidèles à la musique, avec une belle présence et un effet de réel et de connivence avec les musiciens très réussis. Si j’ai tendance à placer les Magico et Soulution un cran au dessus pour la matière qu’ils font passer et que Marantz ne présentait pas, je mettrais toutefois ces électroniques juste derrière pour l’émotion qu’elles dispensent, avec le trait de génie et la passion pour la musique particulièrement affirmés par la marque japonaise et son maître d’œuvre, Ken Ischiwata en particulier. J’imagine fort bien ce que pourrait donner ces belles électroniques Marantz avec des Magico A3, câblés en JPS Labs Illuminata 🙂 Un rêve d’audiophile assez abordable en quelques sortes, à partir du moment où vous constatez que d’autres savent investir à perte pour une voiture deux à trois fois plus chère.

Nous redescendons au rez-de-chaussée pour découvrir Naïm Audio et Focal

naim-audio-munich-2018Naturellement, quand Jean Razzaroli vous parle de Naïm, il sait de quoi il parle puisqu’il en est équipé chez lui. Cette année, c’est un fabricant français qui s’était associé à ces électroniques mondialement connues et qui, elle non plus, ne devraient plus être présentées. Déjà amateur de la marque depuis longtemps, je ne pouvais m’attendre qu’à une démonstration de qualité et difficilement décevante. Pour ce High End Munich 2018, Naim Audio occupait plusieurs salles avec une présentation statique comparable à celle de Nagra. Les électroniques Naim été associées aux enceintes françaises de chez Focal.

Connaissant bien leurs enceintes pour le côté légèrement rigide mais certainement pas froid de ces enceintes, je m’attendais à ce que Naim donne de la matière à l’écoute et s’accorde assez bien avec l’aisance de Focal à donner des détails musicaux assez pointus, en affichant leur transparence habituelle. A l’écoute mes attentes e mon intuition étaient largement comblées. La matière sonore libérée par les électroniques Naim Audio s’accordait parfaitement bien avec le léger excès de rigueur souvent constaté chez Focal; le mariage franco-britannique était une véritable réussite sur le plan musical. Conséquence de ces qualités, l’émotion nous prenait sur chaque morceau et il devenait difficile de se retirer pour tenter d’autres découvertes, au risque de ne pas retrouver l’harmonie et l’équilibre de ces deux éléments. Il nous fallait cependant prendre congé, le High End de Munich nous donne très peu de répits, encore moins de repos.

Des enceintes Focal avaient également la lourde tâche d’assurer l’écoute des électroniques Apurna avec les câbles Absolue Creations

Apurna-high-end-munich-2018

Apurna ou l’excellence de la Haute Fidélité française au High End Munich 2018

Déjà présenté dans un article précédent, les amplificateurs Apurna sont encore bien plus impressionnants de visu que sur le site de la marque. La finition est parfaite et je me demandais si l’esthétique hors norme correspondrait à une écoute qui l’est tout autant. Je suis donc entré dans la petite salle d’écoute avec grand plaisir. Apurna présentait au High End de Munich les amplificateurs Carbone & Titanium de la Collection Apogée.

Présent depuis quelques instants seulement, l’écoute de ce joli système ne m’a pas laissé indifférent très longtemps. Et si je reconnaissais rapidement le son Focal avec cette contenance que j’estime parfois à la limite de la rigidité, il n’en était absolument rien avec les amplificateurs Apurna. Bien au contraire, l’amplification Apurna semblait délivrer un souffle et un dynamisme impressionnant à chaque morceau joué, libérant toute la force et la beauté d’une interprétation lorsque cela était nécessaire, tout en stoppant de manière net, à la microseconde près. On sent très vite que ces électroniques savent délivrer du courant – et du grave ! – dès que nécessaire. Ce genre de performance est extrêmement rare à écouter, même sur les meilleures électroniques. L’écoute se faisait cependant très neutre, avec une élégance rare mais sans trop en faire, à l’opposé de certaines électroniques trop focalisées dans le médium et qui s’écartent, très joliment, de la réalité musicale d’une interprétation.

Apurna-high-end-munich-2018Avec une justesse de timbres tout aussi exceptionnelle, l’image stéréophonique s’établissait largement entre les enceintes avec une belle profondeur qui dépassait largement le cadre de la salle. De manière un peu paradoxale, l’élégance et la fluidité musicale de chaque interprétation jouée n’avait d’égal que la sobriété générale de l’écoute, un peu comme une main de fer dans un gant de velours pour reprendre une expression trop souvent répétée mais qui, dans cette situation d’écoute, prenait tout son sens. Système audiophile High End 100% français, le haut de gamme des câbles Absolue Créations contribuait certainement à cette rigueur élégante – et antinomique – que distille cette excellente marque de câbles à l’écoute.

Cerise sur le gâteau, Apurna profitait de l’excellent convertisseur B.Audio et de ses performances hors normes sur le plan de la transparence et de l’expressivité musicale. Sur Orly de Jacques Brel, l’articulation de la voix du chanteur vous prenait réellement par l’émotion, un peu comme si vous étiez devant le grand Jacques au moment de l’enregistrement du morceau. A ce jour, je n’avais encore jamais entendu une telle foule de détails dans la diction d’une voix. Là, la notion même de transparence atteignait un sommet difficilement surmontable. Et à vrai dire, si l’on parle beaucoup de transparence musicale sans vraiment savoir comment situer une écoute par rapport à une autre, le système Apurna définissait assurément la limite haute du terme. C’était pour moi, avec Magico, Naim et Ana Mighty Sound, un des meilleurs moments d’écoute de ce High End Munich 2018.

Ana Mighty Sound et les électroniques Helixir Audio de Christian Catauro nous ont servis de la très belle musique

Ana-mighty-sound-helixir-audioPour cette année, je pardonnerai à Christian Catauro de ne pas avoir su se rendre à Munich pour ce nouveau High End. Disons que la présence de ses électroniques nous donne déjà de quoi lui donner l’absolution (provisoirement !). Helixir Audio s’était joint à Ana Mighty Sound et les enceintes Suesskind pour nous offrir un résultat musical absolument hors de toutes critiques. La spontanéité musicale et l’effet 3 dimensions de l’écoute m’ont tout d’abord frappés.

Avec un certain plaisir, j’ai également retrouvé cette faculté assez rare de remplir tout l’espace sonore avec une grande facilité comme le font très bien les électroniques Helixir Audio. On ressent parfaitement la présence du chanteur avec une excellente définition, ce qui facilite naturellement la fidélité aux timbres de chaque instrument et du chant. La dynamique est très surprenante et l’émotion passe aisément.

J’ai surtout estimé que l’équilibre entre la matière sonore et la clarté nécessaire à une intelligibilité parfaite du message musical était particulièrement réussi sur ce système. A l’opposé, certains systèmes haute fidélité sonnent trop clairs, avec trop d’aigu ou tout simplement par manque de matière sonore, ce qui créé souvent un son aigre et désagréable. De l’autre côté, certains systèmes sont trop chaleureux, nous laissant une impression de mollesse désagréable, avec une absence d’intelligibilité marquante sur les voix. Ici, l’équilibre du système présenté par Ana Mighty Sound nous donnait à la fois toute la dynamique essentielle de la musique avec des attaques instantanées tout en évitant de tomber dans une lourdeur pesante dans le grave et le bas médium ou au contraire, sur un son trop porté sur l’aigu. Au final, vous obtenez une écoute parmi les plus naturelles du salon, neutre mais sans sécheresse ni rigidité désagréable, bien au contraire… J’espère surtout que Christian Catauro sera à Munich l’année prochaine pour nous présenter un système 100% Helixir Audio – nous en avons discuté au téléphone…

Les déceptions du High End Munich 2018

King’s Audio, une exploration stupéfiante du haut médium aigu dont on ne se remet pas facilement !

Évidemment, au plus vous multipliez les systèmes audio, au plus vous risquez d’être déçu. Je n’ai pas retenu le nom de tous les systèmes qui m’ont déçu ou qui m’ont laissé dans l’expectative mais ils étaient quelque-uns. Naturellement, je retiendrais toujours plus facilement les chaines qui m’ont marqué plutôt que celles qui m’auront déçu. Pouvant cependant comparer d’une année sur l’autre, je dirais simplement que les enceintes canadiennes Paradigm m’ont un peu moins convaincu que l’année dernière. La magie de l’écoute semblait avoir partiellement disparue cette année. Relativisons cependant, l’écoute était déjà nettement supérieure à celle qui fut donnée l’année dernière à Paris avec les mêmes enceintes mais câblées avec les plastico-cuivre Wireworld. Comme quoi, un simple détail peut vraiment tout changer…

Ma plus grosse déception concernerait sans doute la mise en valeur statique des câbles et électroniques Charlin, à mon avis complètement desservie par l’écoute du système proposé. Résolument axé sur l’aigu, je n’ai pas apprécié leur démonstration musicale. C’est d’autant plus étonnant par rapport à l’année dernière où Olivier Robert nous avait proposé une excellente écoute de ses électroniques et câbles, qui pour moi, restent une des meilleures marques de câblage haute fidélité que j’ai pu tester. Évidemment, il n’est pas toujours simple de miser sur une écoute satisfaisante dans un salon comme le High End de Munich lorsque l’on a pas toutes les cartes en main et que la salle est partagée avec d’autres marques. Une écoute 100% Charlin aurait été beaucoup plus intéressante.

En restant du côté français, je n’ai pas été totalement convaincu de l’écoute proposée par les électroniques YBA et enceintes Mulidine. J’ai trouvé l’écoute, certes très transparente et très riche en détails mais un peu trop claire pour mes oreilles. D’autres personnes ont apprécié le système d’Yves Bernard André avec Mulidine, ce qui est compréhensible, connaissant le talent et la passion qui animent nos deux concepteurs français.

Le High End Munich 2018 est parfois décevant parce que trop démonstratif

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L’Empyrean de Meze Audio, un des meilleurs casques jamais développés !

De nombreux autres systèmes se sont montrés bien décevant pour ce High End Munich 2018 mais il faut aussi tenir compte de la taille relative des salles proposées aux exposants. Au rez-de-chaussée, des petites salles fermées sont à disposition alors qu’aux étages, des salles plus grandes sont disponibles. De manière assez relative, j’ai toujours eu cette impression qu’un système présentant moins de « matière sonore » sera plus facilement à l’aise dans une petite salle que dans un grand espace. A l’opposé, une chaine présentant un médium effacé avec une instance dans le grave et l’aigu donnera sans doute un résultat musical désagréable dans une grande pièce.

D’un autre côté, un son chaud sera souvent mal perçu dans une petite pièce. Prenez en compte le fait que les salles ne sont pas vraiment adaptées à une écoute audiophile et vous retrouverez là la plupart des écueils sur lesquels peuvent se heurter les démonstrateurs. Finalement, j’en reviens un peu à ce que je disais en introduction de l’article. Autre sujet particulièrement pénible dans ce genre de salon, c’est celui du manque cruel de variété des morceaux proposés à l’écoute. C’est à croire qu’à force de faire les salons, on finit par entendre toujours la même chose. Ajoutez-y les morceaux hyper-démonstratifs, les morceaux de démonstration de batterie ou les morceaux de pseudo-jazz à la « tchick boum » et autres explosions en tous genres et vous comprendrez pourquoi ce genre de salon, même le plus grand d’entre eux, n’intéresse pas vraiment la majorité des audiophiles…

Cela dit, je vous retrouve l’année prochaine à Munich où j’espère y voir, mais surtout à y écouter de nouvelles surprises.

Eric Mallet

 

 

21 Mai

Sound Days 2018 Paris, Vinyle, Streaming, Casques et Musique Nomade

Sound-days-2018-carreau-du-templeSi la plupart des salons français et francophones se tiennent généralement en fin d’année, le mois de mai est également propice aux salons et expositions pas comme les autres ou au contraire, aux salons haute fidélité de dimensions gigantesques comme le High End de Munich qui vient de se terminer. A Paris, un salon de la haute fidélité atypique se tient désormais en mai, depuis 5 ans seulement.

En effet, c’est au Carreau du Temple que le week-end du 26 et 27 mai 2018 des Sound Days accueillera un grand nombre de marques réputées, spécifiquement liées à l’univers du casque, du vinyle et de la musique dématérialisée. Idée plutôt originale, vous savez comme moi que le marché du casque, classique ou intra-auriculaire ne cesse de se développer, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Les jeunes aussi sont très friands des gros casques à trimballer partout à s’en donner un genre d’oreilles de Mickey même si je trouve cela vraiment ridicule, question de génération sans doute…

Sound Days 2018, un nouveau salon de la Haute Fidélité dédié à l’Univers du casque, du vinyle et de la musique dématérialisée

sound-days-casques-vinyl-haute-fideliteToujours est-il que les Sound Days édition 2018 se tiendront au centre culturel du Carreau du Temple dans le 3ème arrondissement, au 4 rue Eugène Spuller, en plein quartier historique du Marais.

Autrement dit, le lieu est particulièrement bien situé et s’avère propice à la culture musicale. Question streaming et vinyle, je ne vais pas vous donner en scoop en vous disant que là aussi, on est en pleine explosion et en pleine redécouverte des joies du vinyle et de ses sonorités tellement et purement analogiques. Néanmoins, inutile ici de relancer un dialogue de sourds (et pour le moins ridicule) sur la supériorité supposée de l’analogique sur le numérique. L’existence même de ce nouveau salon prouve que ce débat est aujourd’hui largement dépassé. Au programme, c’est plus de 80 exposants qui feront le déplacement aux Sound Days 2018 avec notamment plusieurs grandes marques comme B & W, Beyerdynamic, Furutech, Chord, Naim, Rega, Marantz, NuPrime, Onkyo, Klipsh et bien d’autres encore.

Les meilleures marques de casques comme Grado, Stax, Earsonics ou Meze Audio seront présents aux Sound Days 2018

Sound Days 2018 Paris casques vinyle streamingQuestion casques, on profitera également de la présence de Final Audio, Stax, Grado, Meze Audio (et je ne suis toujours pas remis de l’écoute de leurs casques à Munich), JHAudio, Sennheiser, AKG, Audeze, Astell & Kern (qui non seulement fait d’excellents casques mais également de très bons baladeurs numériques) et Fiio qui justement, propose aussi des baladeurs numériques à prix abordables. Les français talentueux d’Earsonics seront également présents durant ce week-end pour enchanter nos oreilles, leur absence serait vraiment un comble !

Question vinyle, nous seront également gâtés et nous pourrons compter sur la présence de Rega (évidemment !), Clear Audio (re- évidemment !), Ortofon, Pro-Ject (bien-sûr). Quelques autres marques qui réjouissent grandement mon petit cœur d’audiophile seront également sur le salon avec notamment, ma marque de câbles fétiche JPS Labs, Pathos, Shanling (du moins pour ses baladeurs numériques), Dali (à partir du moment où leurs enceintes sont branchées sur autre chose que sur du NAD bas de gamme). Parmi ceux qui m’indiffèrent (pour rester poli), les câbles Audioquest, B&O, Pionneer, Sony ou Yamaha viendront encombrer quelques mètres carrés de cette nouvelle édition des Sound Days 2018.

Les Sound Days 2018 sont soutenus par Son-Video.com

L’événement est soutenu et chapeauté par Son-Vidéo.com et surtout, les Sound Days 2018 est un salon GRATUIT de la haute fidélité; il suffit de vous inscrire en ligne sur le site du salon ou sur Son-Vidéo.com Dans ces conditions, et à voir le nombre de marques de qualités qui seront présentes durant ce salon, j’en profite pour remercier grandement les organisateurs. Sur ces belles paroles, je vous donne rendez-vous samedi 26 mai pour les Sound Days, au Carreau du Temple à Paris 🙂

Eric Mallet

29 Avr

Apurna, une nouvelle marque très prometteuse d’amplificateurs dans le Haut de Gamme français de la Haute Fidélité !

Apurna ApogéeSi la plupart des personnes que vous croisez et qui s’intéressent un tant soit peu à la reproduction musicale vous disent qu’elles ne connaissent pas, ou peu de marques françaises, il n’y a là rien de vraiment étonnant à cela. De mon point de vue, j’ai même tendance à considérer cet état de fait comme une qualité. En effet, la Haute Fidélité française se place, et s’est toujours placée dans le haut de gamme du marché. Disons que ceci n’a rien de déplaisant et que cela se confirme rapidement à l’écoute de systèmes partiellement français (enceintes ou amplificateurs) ou même 100% français.

Les nouvelles marques françaises se font d’ailleurs plutôt rares ces temps-ci. Voilà une raison de plus pour accorder une place privilégiée à ceux qui font vivre la Haute Fidélité française, en relation étroite à l’excellence de la reproduction musicale que chaque audiophile est en droit d’attendre. Cette nouvelle marque se nomme Apurna, elle nous présente plusieurs gammes d’amplificateurs résolument Haut de Gamme.

Apurna, une marque  d’amplificateurs haut de gamme résolument différente par son design et son originalité

Apurna amplificationApurna est une marque française d’amplificateurs analogiques qui a pour vocation de vous apporter plusieurs solutions d’amplifications haut de gamme en termes de performances musicales tout en y associant la qualité d’un design particulièrement étudié, sinon original. Ensuite, on aime ou on aime mais pour ma part, je salue cette initiative qui sort des éternels sentiers battus de la Haute Fidélité lorsque 99% des fabricants, français ou étrangers, se bornent à vous présenter cet éternel boitier rectangulaire de 44 cm, lui même issu du format professionnel en rack.

Attention cependant à ne pas tout confondre. Parler d’originalité du design n’est pas synonyme d’original dans un sens connoté ou négatif, le design Apurna est univoque: pur sinon apuré. Basé sur 3 collections (Soprano, Évidence et Apogée), chacune d’entre-elles vous donne le choix des couleurs, voire d’un habillage cuir pour la collection Évidence. La collection Apogée vous apportera encore d’autres options de couleurs et de finitions. La vocation d’Apurna est de marier l’élégance à la technologie, c’est ainsi que l’on voulu les concepteurs de cette nouvelle marque française d’amplificateurs analogiques.

Une amplification analogique de haut niveau associée à un raffinement luxueux rarement vu dans le High End

A l’heure où certains se perdent avec des technologies d’amplifications numériques à coup de brevets et de résultats sonores parfois très moyens, Apurna a fait le choix d’une technologie d’amplification analogique aboutie. En effet, les amplificateurs Apurna sont tous fabriqués en France, sur la base d’une technologie inspirée du domaine spatial pour garantir des performances musicales de premier ordre. Résolument High End, la finition des amplificateurs Apurna vous laisse le choix des matières et des matériaux les plus nobles pour habiller vos amplificateurs.

Amplificateur ApurnaEt côté performances, la première gamme d’amplificateurs Soprano délivre déjà 150 W RMS sur 8 ohms, avec une puissance doublée sur 4 ohms (compatible avec 1 charge de 1 ohm). La bande passante (à 150 W) est comprise entre 0Hz et 71 KHz (-0,1dB) alors que le rapport signal/bruit (pondération A) atteint un chiffre supérieur à 118 dB. Entrée RCA et XLR sont de mise, les sorties haut parleurs sont confiées à des WBT 0702.01 en finition or 24 carats. L’option préamplificateur est également disponible sur demande.

La collection Évidence offre une amplification de 200 W RMS, doublée sur 4 ohms alors que la collection Apogée délivre 230 W RMS sur 8 ohms, elle aussi doublée sur 4 ohms. Naturellement les possibilités d’options croissent elles aussi en fonction de la gamme choisie.

Quant à l’écoute des amplificateurs Apurna, je vous donne rendez-vous au High End de Munich du 10 au 13 mai où les trois Collections de la marque française seront présentées dans le Hall 2, stand E13.

Eric Mallet

 

09 Avr

Haute fidélité, Objectivité et Subjectivité, l’œuvre de Dieu et la part du Diable…

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High End Munich 2017Après quelques belles découvertes musicales, des rencontres très sympathiques avec quelques génies de l’électronique et quelques courts voyages à Paris, à Reims ou à Bruxelles, le moment est venu pour moi de poser ma petite valise et de faire le point. Si les voyages – même les plus petits – forment la jeunesse, la réflexion à tête reposée me permettra surtout de faire une pause et de clarifier les choses dans notre domaine bien particulier de la reproduction musicale. Car c’est bien de reproduction musicale qu’il s’agit si l’on veut, posément, définir ce qu’est la Haute Fidélité.

Cependant, cette définition restera incomplète si nous ne pouvons la clarifier plus en avant. Si j’ai tendance à penser que la Haute Fidélité ne passera pas la prochaine génération sans une sérieuse remise en question, j’ai aussi eu l’occasion d’entendre deux sons de cloche bien différents… Ces deux timbres reposent tout simplement sur la question du rapport au réel pour la musique reproduite. Dans ce cas, peut-on parler de rapport objectif ou subjectif à la reproduction musicale en rapport à la Haute Fidélité ?

Une antithèse qui mérite une synthèse si l’on veut se mettre d’accord sur ce qu’est la Haute Fidélité

High End Munich 2017Inutile de chercher 12 à 14 heures pour définir ce qu’est la Haute Fidélité. De manière raisonnable, je vous dirais tout simplement que la Haute Fidélité est en rapport avec la reproduction musicale d’une œuvre, d’un morceau de musique, d’un concert ou dans un studio en fonction des limites intrinsèques des électroniques, enceintes et accessoires utilisés pour obtenir ce résultat musical.

Parler de reproduction et non pas d’une écoute originale suppose donc que l’on cherchera à s’approcher le plus près possible de l’œuvre originale par le moyen des électroniques et des processus électroacoustiques, autrement dit vos enceintes. On parlera donc d’une recherche de la Fidélité la plus Haute possible et donc, la plus proche des conditions réelles du concert. Jusque là, il est probable que nous restions d’accord si nous considérons cette définition comme répondant à une considération objective de la Haute Fidélité. Cependant, cette valeur objective présente aussi le défaut de ses qualités, c’est à dire qu’il sera particulièrement difficile d’obtenir une reproduction exacte d’un morceau de musique enregistré en studio ou en concert. Même les meilleures électroniques au monde ne vous donneront jamais une reproduction rigoureusement exacte de ce que vous avez écouté en concert ou indirectement, en studio.

Quand les « meilleurs » font preuve du pire, le sujet est remis en question

High End Munich 2017Malheureusement, il sera d’ailleurs assez facile de constater que ceux qui se vantent le plus d’avoir conçu les meilleures électroniques au monde nous donnent surtout la démonstration des pires reproductions musicales audibles, seulement « audibles » mais même pas « écoutables » et encore moins « appréciables ». Il est d’ailleurs bien dommage que ce soit en France que l’on doive en constater la démonstration.

Hormis la question du budget, associez ce que vous considérez comme les « meilleures » électroniques avec les « meilleures » enceintes et vous n’obtiendrez peut-être jamais la « meilleure » reproduction musicale. Combien de systèmes à plus de 100 000 euros se sont ridiculisés devant des chaines 5 fois moins chères mais 5 fois mieux élaborées ? A ce jour, j’aurais du mal à les compter. Admettons cependant que certains systèmes de Haute Fidélité très onéreux soient admirablement musicaux; ils existent réellement, mais ils se font particulièrement rares.

Comment réconcilier un instrument qui vibre naturellement avec des membranes qui ne peuvent que reproduire cette vibration musicale ?

High End MUnichL’explication qui se cache derrière ce phénomène est pourtant simple à comprendre. Un instrument de musique est fait d’un assemblage de bois ou d’autres matières associées à des cordes ou d’autres mécanismes de résonance qui associent leurs vibrations pour produire un son (une vibration unique et complexe) afin de produire de la musique, qui elle, dépendra du talent unique d’un musicien, sachant mettre en ordre ces vibrations.

Ainsi, il s’agira pour lui de créer une mélodie considérée comme musicale. Pour la voix humaine, c’est encore plus simple puisque ce sont les cordes vocales qui produisent cette vibration. Jusque là, il n’y a rien de très étonnant. Ensuite, on aimerait bien que nos électroniques nous rendent cette même objectivité, du moins à considérer que la musique écoutée en concert soit source d’émotions musicales, ce qui n’est pas toujours le cas. Quant à l’écoute d’un morceau en studio, c’est précisément cette émotion libérée durant l’enregistrement que l’on recherche, sans forcément l’obtenir. Le problème est bien là. La reproduction musicale, transmise par le biais des électroniques et enceintes n’a plus rien d’objectif, même si les progrès techniques permettent aujourd’hui de s’en rapprocher grandement.

High End Munich 2017En réalité, la vibration musicale n’est reproduite qu’en bout de course par les membranes de nos haut parleurs alors que cette même vibration a d’abord été traduite en signal électrique, des milliers de fois modifiée par nos électroniques. De là, la question de l’objectivité musicale sera de plus en plus difficile à admettre.

Bien sûr, nous serons les premiers à nous insurger contre toutes formes de colorations, jusqu’au moment où la neutralité plate d’une courbe de réponse sera aussi platement reproduite par nos enceintes. On perdra ici l’émotion musicale en ne retrouvant plus qu’un message musical froid et insipide mais pas de musique à proprement dit. Retrouver le phrasé très proche d’un solo de violon ou de guitare ou l’ambiance musicale d’un concert nous incitera à parler de musicalité mais encore une fois, il n’est plus possible de parler d’objectivité.

L’objectivité musicale est celle du concert, la subjectivité musicale est celle de vos électroniques

High End MunichQue vous le vouliez ou non, vos électroniques, et en fin de course vos enceintes, ne vous traduisent pas la musique de manière objective. C’est d’autant plus vrai que ceux qui s’insurgent avec une véhémence presque violente contre cette idée seront toujours les premiers à critiquer le manque de « matière » ou de « dynamique » d’un système Haute Fidélité, voire d’un manque de richesse harmonique dans le médium et que sais-je encore.

Ces fervents défenseurs de la réalité objective d’un concert ne se rendent même pas compte qu’ils sont bel et bien les plus prompts à caractériser leur chaine audio sur des critères purement subjectifs. Quoi que vous fassiez, il est absolument impossible d’écouter deux morceaux strictement identiques sur deux systèmes audiophiles différents, sauf dans certains cas mais qui n’auront plus rien d’audiophile. Ces cas bien précis se réfèrent sans doute aux cochonneries bas de gamme de supermarchés et made in China qui vous abreuveront toujours de la même soupe pseudo-musicale bouchée et dénaturée. Dans ce domaine bien précis, toutes les chaines font consensus et si certaines d’entre-elles ne le font pas, il serait alors envisageable de penser qu’elles puissent faire un jour de la musique.

La reproduction musicale dépend de l’esthétique sonore de nos électroniques

High End MunichNon, une électronique qui se dit audiophile possède un son. Les concepteurs de ces électroniques ont d’ailleurs élaboré leurs appareils pour qu’elles répondent le plus exactement possible à l’esthétique sonore qu’ils veulent obtenir. Cette esthétique sera d’ailleurs de plus en plus reconnaissable selon que l’on monte en gamme. Ici, il n’y a pas de surprise non plus. Ensuite, cela vous plait ou cela ne vous plait pas…

Cela explique aussi pourquoi il y aurait des amateurs du son Naïm, d’autres des lecteurs Eera ou d’Helixir Audio et que sais-je encore. La conception d’une électronique ou d’une enceinte effacera de facto toute notion d’objectivité en termes de reproduction musicale car elle reposera sur des choix voulus par les concepteurs. Même chercher à concevoir une électronique ou une enceinte neutre est un choix, mais peu souvent en accord avec la réalité du concert.

La notion de subjectivité est clairement exploitée en studio, depuis la prise de son jusqu’au mixage final

Hign End MunichIl s’avère d’ailleurs encore plus difficile de parler d’objectivité du concert à partir du moment où, pour un enregistrement donné, l’ingénieur du son aura ses préférences quant au choix des micros ou même du placement de ces derniers.

Si l’objectif est toujours bien de reproduire l’espace sonore d’un lieu, en enregistrant les timbres et le phrasé instrumental de la manière la plus exacte possible, chaque ingénieur du son aura sa méthode personnelle d’enregistrement, en fonction de ce qu’il considère comme étant celle qui sera la plus exacte possible. Si tel n’était pas le cas, il n’y aurait qu’une seule méthode d’enregistrement, développée en fonction de tel ou tel endroit de la pièce mais chaque enregistrement s’avère différent dès le départ, tout comme l’interprétation d’une œuvre peut l’être à chaque fois qu’elle sera jouée.

Quel que soit le morceau, même en concert, vous ne l’entendrez jamais deux fois de manière strictement identique; c’est encore plus vrai pour une œuvre enregistrée. Ensuite, il y aura fatalement des corrections à apporter à l’enregistrement afin d’obtenir un équilibre supportable pour nos oreilles. Il s’agira d’obtenir une dynamique proche du réel sans pour autant omettre les plus petits détails qui, dans l’absolu, devraient eux aussi, être perçus. Rien n’est plus difficile que ce genre d’exercice. A partir de là, la probabilité statistique que vous entendiez exactement la même chose sur votre chaine que ce qui a été joué en concert ou en studio est déjà proche de zéro.

Un minimum d’équilibre musical est nécessaire pour que l’on puisse réellement parler de Haute Fidélité

High End MunichD’un point de vue technique, nous pourrions cependant admettre l’avis de ceux qui considèrent qu’une chaine de Haute Fidélité est particulièrement déséquilibrée en fréquences, dans l’aigu ou dans le grave. Si l’aigu se fait criard avec une reproduction musicale décharnée, accompagnée d’une image stéréophonique plate, nous aurons quand même bien du mal à parler de Haute Fidélité, encore moins d’adéquation à la réalité musicale.

A l’opposé, lorsque les basses fréquences ne sont pas contrôlées et qu’elles deviennent envahissantes au point de masquer une partie du médium, l’équilibre ne sera pas optimal non plus. D’un point de vue plus ou moins objectif, nous pourrions donc nous accorder sur la question de l’équilibre du spectre sonore. A partir de là, certains ingénieurs du son vont argumenter en disant que l’on ne peut parler de Haute Fidélité qu’à partir du moment où des instruments dits « naturels » sont enregistrés.

Des arguments sans fondement ne font pas avancer le débat mais l’enfoncent dans un parti-pris

vanessa carltonLe problème se pose sérieusement lorsque j’essaie de me représenter ce que pourrait être un instrument « artificiel ». En réalité, je n’y arrive pas. Pourtant, les défenseurs de la musique classique ou disons plutôt les ingénieurs du son qui n’enregistrent que du classique (ou parfois d’autres musiques comme le jazz ou le blues) par choix ou par conviction, oublient souvent que ce genre de musique (même si j’écoute du classique) n’est pas le seul genre musical sur Terre.

Pour avoir joué de la guitare électrique pendant 20 ans, j’en sais quelque chose. Mais ils vous diront que vos guitares se basent sur une distorsion et que le son n’a plus rien de naturel. Sauf qu’à notre époque (et même à l’époque de Jimmy Hendrix) il s’agissait d’une distorsion harmonique qui justement, n’a rien de dysharmonique. Dans le cas contraire, le rock serait inécoutable et pourtant, il attire bien plus d’amateurs que le classique…

Admettez simplement que si vous posez un argument, il faut aussi que vous soyez en mesure d’imaginer son contraire. Faute de quoi, il s’agit d’un non-sens. Dans un autre domaine, on entend parfois parler des « naturopathes » mais je n’ai jamais entendu parler des « artificielopathes » qui prôneraient les vertus d’une alimentation industrielle. Non, bien souvent, si vous admettez un argument sans pouvoir en définir l’opposé, c’est que vous avez affaire à des rêveurs ou à des charlatans.

L’enregistrement d’une œuvre musicale repose sur un travail de studio reproduisant un certain équilibre avec un bon confort d’écoute

Kef BruxellesPour aller encore plus loin, et même si je n’aime pas vraiment cela, je dois bien avouer que même un synthétiseur pourrait difficilement produire une musique artificielle car il faut bien, au départ, qu’un son, même numérique, se base sur un modèle vibratoire naturel. A partir de là, les mêmes questions techniques se posent en studio ou sur scène.

Par exemple, la nécessité de compresser une grosse caisse de batterie afin de laisser de la place aux tomes et ensuite, d’équilibrer la prise de son des cymbales, etc. Et Dieu sait si ce genre d’équilibrage demande des heures de travail aux ingénieurs. Et même si mon rack me permet d’accéder à des centaines de distorsions possibles, je ne vois pas trop ce que je pourrais en faire si la vibration des cordes de ma guitare ne pouvait être transmise par le micro vers le rack. Alors cessez de vous ridiculiser avec vos considérations d’instruments ou d’ambiance « naturelles » lorsqu’il s’agit d’évoquer la fidélité à la musique car elles sont sans fondements. Ce sont d’ailleurs ces mêmes ingénieurs du son qui s’efforcent de reproduire toute la puissance émotionnelle d’un orchestre symphonique alors qu’ils considèrent qu’un groupe de rock ne fait que du bruit pour impressionner ses auditeurs. On tombe très vite dans l’ignorance et le grotesque.

La musique est source d’émotions, raison d’être de la Haute Fidélité

C’est ici qu’il s’agit de remettre les choses en place. S’il ne s’agit que de taper sur des casseroles pour faire du bruit, comme cela arrive encore, je serais bien le premier à dire qu’il ne s’agit pas de musique. Au contraire, un musicien cherche tout d’abord à retranscrire et transmettre un message et ses émotions avec la musique. On y revient, la musique est un vecteur d’émotions. C’est aussi pour cela que j’évoquais la « puissance émotionnelle » de celle-ci. Si la musique est faite d’émotions, c’est bien pour que l’on puisse les apprécier et c’est aussi ce qui est au fondement de la Haute Fidélité.

Chuck SchuldinerA mon sens, il n’y a pas de différence de qualité musicale entre la Danse macabre de Saint Saëns et The Voice of the Soul de Chuck Schuldiner. Disons que si ce dernier a consacré sa vie à la musique, c’était bien aussi pour faire passer un message. « Lack of Comprehension », « Mentally blind », « Spiritual Healing » ou « Individual Thought Patterns », les titres de ses morceaux parlent d’eux-mêmes. Tout cela pour dire que la relation entre le musicien et l’auditeur sera toujours basée sur un vecteur commun, celui de l’émotion. Au sens littéral, il s’agit sans doute d’un mouvement commun qui crée une complicité; peut-être serait-ce ici une des définitions les plus exactes de la musique.

Quant à revenir à la Haute Fidélité, comprenons ici qu’il ne s’agit pas de définir si la musique est basée sur la manière dont l’œuvre elle-même a été créée mais de savoir si vos électroniques et enceintes traduisent d’une part, une fidélité la plus exacte possible au message original transmis par les musiciens mais surtout, si l’émotion qu’ils ont voulu transmettre sera elle aussi parfaitement palpable.

Ces émotions passeront par vos électroniques et vos enceintes, avec leurs qualités et leur défauts. Ces attributs seront alors diversement appréciés par les audiophiles. Encore une fois, on en revient au même. C’est à dire qu’il n’y a pas de Haute Fidélité sans approcher la réalité acoustique mais ce n’est pas là que se situe réellement la Haute Fidélité. En fonction de l’auditeur, elle est, elle reste et sera toujours purement subjective.

Eric Mallet

01 Avr

High End 2018 Munich, le salon Haute Fidélité de tous les Superlatifs

High End MunichComme chaque année, et depuis 37 ans, le High End de Munich réunira le gratin du haut de gamme, très haut de gamme et High End de la Haute Fidélité mondiale. Si le High End 2017 a dépassé toutes les attentes des audiophiles en termes d’écoutes, de nouvelles électroniques et d’enceintes, nous sommes à même d’en attendre autant du High End 2018.

Considéré comme le plus grand salon européen de la Haute Fidélité sans limites de prix ou d’émotions, l’édition 2017 du salon aura permis à des audiophiles venus du monde entier de profiter de démonstrations audio hors du commun. L’organisation du salon s’avère particulièrement pointilleuse et l’espace du MOC de Munich se trouve totalement exploité durant ces trois journées. Le High End 2018 de Munich se tiendra en effet du 10 au 13 mai 2018. Présentation de tous types d’électroniques numériques et analogiques, enceintes, accessoires, câbles et autres meubles où ventes et services en relation à l’audio, attendez-vous à une avalanche d’innovations et de nouveautés en termes de Haute Fidélité High End…

Plus de 500 exposants du High End de la Haute Fidélité seront réunis au MOC de Munich

High End Munich MOCGrandes et petites marques de la Haute Fidélité, plus de 500 exposants seront présent au MOC de Munich pour vous faire découvrir le meilleur du High End, innovations et nouveautés du petit monde de la hifi très haut de gamme. Imaginez simplement que ce High End 2018 profitera à nouveau de plus de 140 salles réparties dans les étages du salon, sans parler des nombreuses salles d’écoute du rez-de-chaussée, voisinant les expositions statiques.

A nouveau, il y a fort à parier que le chiffre des 20000 visiteurs sur près de 28 000 m2 sera à nouveau dépassé cette année, réunissant des passionnés de Haute Fidélité venus des quatre coins de la planète. Plus de 20000 personnes sur un salon aussi spécialisé, le MOC de Munich reçoit certainement le plus grand nombre de visiteurs d’Europe. Lieu de tous les superlatifs de la hifi, le High End est aussi un lieu d’interaction particulièrement intéressant. Chaque fabricant et concepteur y présente sa marque alors que les écoutes se succèdent aux quatre coins du salon. Difficile dans ces conditions, de tout écouter ou de faire une visite exhaustive du High End en seulement trois jours.

Casques High End MunichEspérant y croiser des audiophiles de tous horizons qui, comme l’année dernière, m’avaient enrichis de leur passion, j’espère aussi que les français et francophones (de Suisse et de Belgique) se déplaceront nombreux pour profiter de ce High End 2018 qui s’annonce sous les meilleurs auspices audiophiles.

Comme l’année dernière, je m’attends à une large domination des platines vinyles et du numérique dématérialisé, sans oublier les casques audio qui commencent, eux aussi, à représenter une part dominante du marché. En témoigne les Sound Days de Paris, la tendance est désormais au casque et aux vinyles, sans oublier l’étonnante profusion de DAC qui risquent fort de déferler en masse au salon, électronique indispensable à la diffusion la plus musicale possible de nos fichiers numériques Hi-Res…

Le High End 2018 de Munich rassemble des audiophiles passionnés de toutes nationalités et de tous horizons

Hör Bar High End MunichPour ma part, j’espère pouvoir vous croiser nombreux au cours de ce High End 2018, tout comme j’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’audiophiles passionnés durant l’édition 2017 du High End. Français, belges, italiens, suisses, allemands, sud africains, anglais et d’autres nationalités encore, tant professionnels distributeurs, fabricants ou revendeurs qu’audiophiles particuliers étaient venus s’abreuver de musiques et de nouvelles technologies. Ce fut un plaisir de faire leur connaissance et de venir enrichir ce salon. Nul doute que ces quelques jours (trop brefs) du High End 2018 viendront cependant satisfaire notre passion pour la musique reproduite à partir des meilleures électroniques et enceintes au monde…

Pour ceux qui ne seraient pas encore venus au MOC de Munich, c’est en réalité très simple. Commencez simplement par rejoindre le centre et la rue piétonne, comme si vous alliez rejoindre la place où se tient la fête de la bière. Un peu avant d’y être, vous prendrez l’entrée de métro Odeonplatz. Prenez la ligne 3 ou 6. Passez les stations Universität, GiselastraBe (…) jusqu’à Freimann où vous allez sortir. Dirigez-vous vers la droite pour sortir du métro. Suivez ensuite la petite rue qui borde le métro (vous trouverez une boulangerie/sandwicherie sur votre gauche). Au bout de la rue, suivez votre chemin sur la gauche et continuez tout droit en traversant la rue bordée de résidences. Au bout de cette rue, tournez à droite et suivez le trottoir sur 200 mètres. Vous voici au MOC et au High End 2018 🙂

@ très bientôt à Munich,

Eric Mallet