Goldmund SR8 et SR150, le mariage de raison
L’arrivée du Goldmund SR150 m’avait déjà apporté un gain sensible en termes de tenue des basses fréquences par rapport au Mimesis 6, un amplificateur déjà exceptionnel en lui-même. Mon Mimesis 7.5, fraichement révisé chez Jefferson Hifi Video a ensuite retrouvé le SR150 avec lequel il s’associait parfaitement sur le plan musical. Ce petit rafraîchissement technique (consensateurs neufs et balance réglée) a eu le mérite de transformer totalement l’écoute avec un gain sensible en transparence et en respect des timbres. Quelques temps après, le préamplificateur numérique universel SR8 venait s’associer au SR150, un couple ampli préampli élaboré pour fonctionner ensemble.
Le préamplificateur SR8 s’accomodera de tous les types de traitement numérique possibles (DTS, Dolby, CD, DVD…). L’amplificateur SR150 cumule d’ailleurs les fonctions d’amplificateur numérique/analogique, étant doté d’un DAC et des fameux module Alizés conçus par Goldmund pour créer un convertisseur hautement musical, sinon, un des plus musical du marché de la haute fidélité.
Le principe de fonctionnement des SR8 et 150 est donc simple à comprendre. La première solution consiste à sortir du lecteur en analogique RCA pour attaquer le SR8 qui reconvertira le signal en numérique pour le retransmettre au SR150 qui lui, travaillera dans l’autre sens pour renvoyer un signal analogique amplifié aux enceintes. La seconde solution se base sur du tout numérique à partir de la sortie digitale du lecteur, depuis la source jusqu’à l’amplification, le signal n’étant finalement converti que pour alimenter les enceintes. J’ai testé les deux solutions et voici mes impressions.
Le branchement intermédiaire qui consiste à profiter d’une entrée analogique en sortie du lecteur ne donne pas vraiment satisfaction à froid et peu, une fois les éléments à température. En réalité, j’ai retrouvé cette sensation curieuse déjà ressentie au salon Goldmund du Bristol à Paris où on a nettement l’impression que les extinctions de notes sont gommées et qu’un flou indéfinissable s’est installé à l’écoute. En réalité, entendre ceci d’un ensemble Goldmund est assez déconcertant. Pourtant, une fois les éléments bien chauds, on retrouve le son Goldmund avec ses détails, sa transparence et sa bande passante infinie du grave à l’aigu même si le petit défaut d’un certain manque est toujours bien présente. Toujours est-il que même dans cette configuration, l’ensemble SR8 & SR150 met déjà la raclée à la concurrence sur un grand nombre de critères purement audiophiles. La maîtrise technologique signée Goldmund est vraiment impressionnante.
La solution tout numérique devient beaucoup plus intéressante. Pourtant branché avec deux câbles numériques bas de gamme (j’ai pris ce qui me restait), le système numérique Goldmund se dévoile complètement et les petits défauts constatés n’existent plus, au contraire. Les plans sonores sont parfaitement étagés, la transparence fait un bond en avant absolument prodigieux, on entend absolument tout. Le grave s’affirme, tant au niveau des timbres que de son extension et de sa dynamique. Le médium reste parfaitement à sa place, les voix sonnent de manière neutre et parfaitement articulées. L’aigu ne monte pas plus haut que les autres fréquences mais dénote d’une richesse de timbres totalement maîtrisée.
Le gain par rapport à mes Mimesis est clairement audible en transparence, en grave, en richesse harmonique mais le tout numérique me dérange un peu. Si la musicalité des électroniques SR est exceptionnelle, qu’elle développe un son assez charnel, loin de la froideur parfois reprochée aux amplifications numériques concurrentes, la perfection du numérique me dérange dans le sens où le son paraît très légèrement lissé, sans défaut. J’en viens à me demander si l’oreille n’est pas sensible au manque de perfection de l’analogique et que les petites imperfections ne représentent pas en réalité de grandes qualités, source d’un plaisir sans cesse renouvelé. J’en viendrais presque à regretter mes Mimesis et leur son tellement fascinant, purement musical. Même s’ils ne vont pas aussi loin que les SR8 et SR 150 sur tous les critères musicaux que l’on peut imaginer, la beauté d’une belle voix ou la chaleur presque charnelle d’un ampli à lampes poussé à fond que j’aime tant demande sans doute une qualité qui n’apparait pas pour l’instant avec l’amplification numérique, du moins pour une première écoute et avec des câbles neufs, encore un peu bouchés dans le médium aigu.
Pourtant, je dois nuancer mes propos, je n’ai pas encore testé suffisamment de câbles digitaux pour pouvoir me faire une opinion solide sur le sujet. Certains me diront pourtant que tous les câbles numériques sont identiques et qu’ils ne font que véhiculer des 0 et des 1. Pourtant, c’est à peu près le même raisonnement que j’entends pour les liaisons analogiques mais les faits prouvent le contraire de ces allégations trop simplistes. Si l’impédance de 75 ohms doit impérativement être respectée pour les câbles digitaux, il n’en reste pas moins que la qualité des conducteurs ou des blindages aura autant d’importance sur la qualité sonore reproduite. A lire de nombreux forums, il existe autant de disparités pour les câbles numériques qu’analogiques, je ne demande qu’à le constater avec mes propres oreilles. Les détracteurs et intégristes des sciences objectives (qu’ils ne maitrisent d’ailleurs que très partiellement pour la plupart d’entre eux) devront se rappeler que la théorie ne commandent jamais aux faits, surtout dans un domaine aussi subjectif que la musique et de la très haute fidélité.
A bon entendeur… (c’est le cas de le dire), je vous salue bien,
Eric











