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15 Août

DIY, accessoires, trucs et astuces de la haute fidélité

Comme vous le savez, la haute fidélité n’échappe pas aux innombrables petites astuces, processus divers et autres améliorations plus ou moins aléatoires qui pourraient, en théorie, améliorer l’écoute de votre chaine Hifi. La question du DIY, mis pour Do It Yourself, autrement dit tout ce que l’on peut faire soi-même sur un système audio, contribue également à alimenter de nombreux forums chez les passionnés du son. Tout ceci paraît bien normal puisque le DIY et tout ce qui s’y rapporte contribue à alimenter la passion des audiophiles en quête d’une amélioration constante de leur chaine haute fidélité. Ensuite, il est bien évident que l’on se demande parfois si certains accessoires (souvent hors de prix) sont vraiment séreux et s’ils apporteront vraiment une amélioration musicale réelle, hormis un effet placebo qui finira par disparaitre très vite. Essayons cependant de rester concret avec cet article…

Le DIY en haute fidélité, une pratique très courante pour les audiophiles et passionnés du son

Filtre audiophile

Un vrai filtre audiophile est la meilleure chose que vous puissiez offrir à vos enceintes !

A vrai dire, le DIY est un domaine que je connais très bien puisque j’ai été amené à refaire mes propres enceintes de A à Z, depuis l’amortissement jusqu’au filtre. Seule la caisse des enceintes est restée la même. Au départ, je m’étais acheté une paire de Gaïa Minor, des enceintes deux voies qui répondaient très bien à mes attentes. Les enceintes ne sont plus fabriquées aujourd’hui, je pense que l’entreprise qui les fabriquaient n’existe plus. Toujours est-il qu’avec le temps, les haut parleurs ont fini par prendre l’humidité; j’étais donc contraint de les changer.

J’ai finalement trouvé mon bonheur chez Scan-Speak et j’en ai profité pour leur associer un tweeter plus haut de gamme également. Les haut-parleurs changés, il me fallait donc modifier également le filtre. C’est sur les conseils d’un ami que j’ai refait un filtre avec deux gros condensateurs Audyn Cap et une self Jensen. Posé sur une belle planchette en bois, j’ai noyé les composants dans du silicone avant de poser le filtre, celui étant découplé par trois petites pointes qui reposent sur le fond de l’enceinte.

Un filtre d’enceintes de qualité élevée vous permet de faire un bond appréciable en termes de respect des timbres et de stéréophonie

Je dois bien dire qu’en termes de DIY, le remplacement du filtre d’origine de qualité assez moyenne par un véritable filtre audiophile apporte déjà des améliorations particulièrement notables en termes de transparence mais surtout sur la justesse des timbres et le grave qui descend plus bas, avec bien plus de facilité. Naturellement, ce genre de modification se paye parfois assez cher étant donné le prix d’un condensateur ou d’une self qui n’a plus grand chose à voir avec les composants faméliques généralement retrouvés sur la plupart des filtres d’origine. Comptez entre 50 et 200€ par enceinte mais si vous voulez les garder longtemps, l’investissement sera tout à fait justifié. Ne vous méprenez pas non plus, même si vous payez vos enceintes un certain prix, il est bien évident que les fabricants (à part quelques rares manufacturiers haut de gamme) ne sont pas prêts à payer plus de 20€ par condensateur alors que des éléments nettement moins chers mais aussi nettement moins bons peuvent être utilisés. Malheureusement, c’est effectivement le cas plus de huit fois sur dix.

Twaron Angel Hair, un amortissant haut de gamme contre les ondes stationnaires…

Incidemment, si vous refaites votre filtre, poser un bornier en cuivre de tellure vous apportera également un petit bonus intéressant en termes de précisions des timbres, de séparation instrumentale et d’image stéréophonique. Un bornier de qualité réellement fabriqué en cuivre apportera son lot d’amélioration par rapport à des fiches de laiton qui laissent difficilement passer 56% du signal (normes IACS) à l’opposé du cuivre/Tellurium dont la conductivité dépasse 99%.

Naturellement, si vous investissez dans un filtre de qualité audiophile, pensez à changer le bornier en même temps et vous profiterez réellement de vos enceintes pour longtemps. En même temps, virez l’amortissant de matière cotonneuse qui encombre l’intérieur de vos enceintes pour le remplacer par du Twaron Angel Hair. Cet absorbant interne des ondes stationnaires vous apportera plus de définition dans l’aigu et les basses fréquences avec une amélioration sensible de l’image stéréophonique et de sa précision par rapport à l’amortissant déjà présent dans vos enceintes. L’ensemble de ces améliorations vous permettra de profiter réellement du potentiel de vos enceintes acoustiques si elles sont de bonne qualité. Elles vous feront économiser de l’argent en mettant peut-être un terme à cette quête sans fin des enceintes ultimes. Vous découvrirez alors qu’elles pourraient bien déjà être dans votre salon 🙂

Pointes, découpleurs, amortissants pour enceintes acoustiques ?

Pointes de découplage

Pointes de découplage pour enceintes acoustiques made in Charlin 🙂

Comme vous le savez, utiliser des pointes, une mousse amortissante ou d’autres formes de découpleurs dépendra naturellement de chaque cas particulier, en fonction de ce que vous ayez des enceintes bibliothèque ou des colonnes mais également de la qualité du grave développé par vos électroniques. Si vous utilisez des pointes de découplages, il sera toujours préférable d’utiliser des contre-pointes, du moins, dans une grande majorité des cas.

Par contre, si vous possédez des petites enceintes deux voies posées sur des pieds ou des supports dédiés, il sera peut-être préférable d’éviter les pointes, au risque de dégraisser excessivement le bas du spectre sonore. Sur le marché, il existe des feutres amortissant en mousse qui vous donneront un bon résultat dans ce cas précis. Si vous posez vos enceintes bibliothèque sur des pieds, prenez soin de les remplir de sable et de plomb. Vous trouverez facilement des petits plombs dans n’importe quel boutique d’accessoires de pêche, ils sont simples à trouver.

De là, il existe un nombre infini de découpleurs de toutes natures, en acier, en tungstène… vendus à tous les prix. Retenez simplement que ce genre de découpleurs ne fonctionneront bien que si vous mettez vraiment du poids dessus. J’utilisais autrefois des découpleurs Aktina en dessous de mon Eera Tentation avec peu de succès. Il m’a suffit de les placer sous mon amplificateur où se pose également une plaque en pierre de lave de 10 kilos et mon lecteur de CD pour obtenir un résultat nettement meilleur avec une dynamique également répartie sur l’ensemble de la bande passante, améliorant de fait la musicalité de ma chaine haute fidélité. A présent, j’ai dans l’idée de tester les Fat Padz de Symposium, je vous en donnerai des nouvelles au cours d’un prochain article.

L’éternelle question des câbles…

Câble InakustikDisons que si vous niez en bloc l’importance des câbles et que vous êtes vraiment persuadé qu’un bout de cuivre d’EDF ou d’un fil de téléphone est amplement suffisant pour obtenir le meilleur de votre système haute fidélité, j’aurais tendance à vous dire d’aller voir ailleurs parce que ce n’est pas le sujet de mon blog. A l’opposé, si vous pensez qu’il existe un câble magique permettant d’obtenir une musicalité optimale sur n’importe quelle chaine, j’aurais tout autant de mal à vous croire. Ayant passé plus de 25 ans à tester et re-tester un nombre incalculable de câbles, j’ai surtout remarqué qu’il n’en existait aucun qui pouvait donner le même résultat sonore sur une chaine hifi donnée. Ensuite, libre à vous d’être sceptique mais ce n’est pas mon opinion. Je pense qu’il faut savoir rester raisonnable en termes de budget et de ne retenir que ceux qui conviennent à votre oreille en fonction de l’écoute que vous souhaitez obtenir, cela répond finalement à une certaine logique. Ainsi, il m’est impossible de vous dire que telle ou telle marque de câbles seront les meilleurs pour votre chaine haute fidélité car la musicalité qui me plait ne vous plaira pas forcément.

Toujours est-il que pour les câbles, je préfère vous donner mon avis de musicien plutôt que d’audiophile alors que les deux sont parfaitement, et a priori, tout à fait compatibles sinon associés. C’est un peu ce genre de conversation que j’avais eu avec Rohan de Paris (mais qui est breton d’origine). Personnellement, ce qui m’importe en premier lieu se résume toujours à un point essentiel, le respect des timbres instrumentaux. Si ce premier critère est absent, ne perdez pas votre temps à aller plus loin. En effet, pourquoi brancher un câble sur votre chaine haute fidélité qui risque de dénaturer la musique ou de vous donner un son caricatural. Si vous entendez toujours la même basse, toujours le même aigu ou que les voix sonnent plat, associez un autre câble à votre système hifi. Ensuite, les notions de transparence, de matière sonore et d’image stéréophonique et d’autres encore peuvent entrer en ligne de compte mais si vous n’obtenez pas de timbres naturels, ne perdez pas votre temps plus longtemps. C’est aussi pour cette raison que j’avais été impressionné par le naturel des câbles Charlin, justement parce qu’ils n’impressionnent pas mais qu’ils font parfaitement passer la musique.

Quelques trouvailles, DIY et autres accessoires utiles pour la hifi ?

Câbles secteur High End MunichDans le registre des accessoires parfois controversés, les câbles secteur font peut-être partie des sujets les plus discutés. Cependant, il est me paraît évident de dire que le courant qui arrive directement au niveau du transformateur de vos électroniques aura autant d’importance que le sang qui vous arrive au cœur si vous me permettez cette métaphore un peu osée. Pourtant, et par rapport à mes essais, la qualité du courant aura tendance à jouer positivement – ou négativement – sur la musicalité d’une chaine haute fidélité. Même de manière assez ténue, j’ai toujours entendu une différence d’écoute entre différents câbles secteurs. Toujours est-il que ma première expérience du genre remonte à l’époque où Synergistic Research commercialisait ses premiers câbles secteurs, suivi quelques années après par d’autres câbliers américains. Quelque peu sceptique, j’avais pourtant remarqué que ce câble secteur me donnait un grave plus riche et plus tendu. A vrai dire, j’aimais beaucoup le résultat d’écoute donné par ce câble secteur, précisément pour cette raison. Question accessoires et DIY, un nombre impressionnant de fiches secteur et de câbles vous donneront de quoi bricoler, pour peu que vous sachiez manipuler un tournevis et un cutter. Aujourd’hui, la majorité des grandes marques du marché vous proposeront leurs câbles secteur déjà montés ou DIY, à vous de juger de ce qu’ils peuvent vous apporter à l’écoute en fonction de votre oreille…

Concernant les filtres secteur, il est assez rassurant de constater que les audiophiles s’accordent à peu près tous sur les mêmes critères. Dynamique et nervosité augmentées (ou étouffées dans le pire des cas), recul du bruit de fond, élargissement de la scène sonore, amélioration de la transparence sonore sont des critères qui reviennent souvent sur les forums ou les sites de tests de la haute fidélité. Des marques très connues comme Furutech ou les américains de chez Shunyata ont fait leurs preuves sur ce marché, avec des tarifs parfois très élevés.

Quels accessoires DIY peuvent-ils faire la différence ?

Fusible audiophile Synergistic Research

Un fusible pourrait-il améliorer la musicalité de votre chaine haute fidélité ?

Parmi toute une flopée d’accessoires plus ésotériques les uns des autres (résonateurs, absorbeurs divers, boitiers et autres modificateurs quantiques…), certains d’entre eux se détachent cependant car ils font partie, sinon de la logique, du moins du trajet du signal ou de l’aspect vibratoire des électroniques libérant la musique de nos albums préférés. Il faut bien vous dire que ce qui sort de vos enceintes n’est pas seulement fait de vibrations sonores mais bien de musique ET de vibrations parasites. Au plus ces vibrations seront contenues, au plus de musique sortira de vos enceintes.

La première chose qui me vient à l’esprit concerne l’amortissement interne des électroniques elle-mêmes. Comme vous avez déjà pu le constater sur une grande boutique française du Web, des plaques bitumées peuvent être utilisées dans le but de neutraliser ou de réduire les vibrations internes de vos électroniques. Naturellement, ces ajouts auront pour effet d’annuler la garantie de vos appareils. Si ces modifications sont souvent efficaces, prenez soin de ne pas alourdir à l’excès ni à boucher les aérations qui ont été pratiquées dans la structure de vos électroniques, au risque d’une surchauffe éventuelle et d’une panne prochaine.

Un fusible serait-il en mesure d’améliorer la musicalité de votre système haute fidélité ?

Dernier point sur lequel je voulais attirer votre attention concerne les fusibles audiophiles. A nouveau, plusieurs fabricants distribuent ces produits qui, à mon avis, n’ont peut-être rien d’inutile. En effet, vous conviendrez que le secteur passe inévitablement par ce fusible d’un petit millimètre ou un peu plus de diamètre. Il serait donc un peu curieux de prétendre filtrer et acheminer le courant électrique à travers force filtres secteur et câbles de fort diamètre alors que tout passe par ce petit fusible. Si j’ai moi-même obtenu un bon résultat en remplaçant le fusible de base d’un amplificateur par un autre fusible avec un corps en céramique pour quelques euros, j’imagine que toute la recherche et essais effectués sur ce genre d’accessoires doit bien avoir du sens quelque part. Encore une fois, on peut légitimement se montrer sceptique mais dans tous les cas, il est impossible de se faire une idée sans tester le fusible en question.

Pour conclure, je vous dirais simplement que vous avez tout à fait raison d’être sceptique et je le suis aussi mais que je ne comprendrais jamais comment il est possible de critiquer un accessoire lorsqu’on ne l’a jamais essayé soit-même. Rien n’est plus pénible et prétentieux que de critiquer sans avoir fait l’expérience de ce que l’on critique, quel qu’en soit le prix. Dans ce cas, les critiques n’ont, à mon avis, rien de légitime.

Eric Mallet

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02 Août

High End Munich 2017, synthèse et belles écoutes du plus grand salon européen de la haute fidélité

High End Munich 2017Se dire que l’on pourra assister à toutes les écoutes proposées au High End de Munich relève du défi, sinon de l’impossible. Au rez de chaussée, certaines marques proposent à la fois un stand statique et une pièce d’écoute qui, à vrai dire, n’est sans doute pas optimale en termes de conditions d’écoutes mais qui donne déjà une idée globale très intéressante du potentiel de chaque chaine haute fidélité présentée.

A l’étage, les salles sont généralement beaucoup plus grandes, ce qui ajoute encore au nombre d’écoutes réalisables, et dans de meilleures conditions. Cependant, le nombre de systèmes proposés à l’écoute est tellement grand que les 3 jours du salon haute fidélité s’avèrent un peu juste en termes de temps. Dans ces conditions, il est quasiment impossible d’écouter chaque système de manière sérieuse, le nombre d’exposants nous impose, malheureusement, d’écouter plus ou moins chaque chaîne en « coup en vent ». Toujours est-il que je n’étais pas à Munich pour bouder mon plaisir mais bien pour profiter intensément du High End Munich 2017. J’ai donc eu l’occasion de faire quelques écoutes plus ou moins sérieuses ou disons plutôt que certaines chaines haute fidélité m’ont plus interpellées que d’autres.

Le High End Munich 2017 se veut presque exhaustif et réjouissant pour les passionnés de haute fidélité

Roksan Monitor Audio High End 2017 MunichToujours est-il que les écoutes réalisées durant le salon valent ce qu’elles valent, c’est à dire qu’elles permettent bien souvent de découvrir de nombreux systèmes composées de marques que l’on ne pourrait pas découvrir ailleurs. Ensuite, ces écoutes permettent de se faire une idée générale de chaque système haute fidélité présenté et parfois, d’avoir de très bonnes surprises. Disons que la grande majorité des exposants prennent soin d’optimiser les pièces d’écoutes avec les moyens qu’ils ont, ce qui est très appréciable.

Les marques françaises étaient également bien présentes pour ce High End Munich 2017 avec notamment le retour d’YBA et la présence de Yves Bernard André en personne avec qui j’ai eu l’occasion de discuter de manière très enrichissante. Son optique sur le lecteur CD m’a persuadé qu’une fois encore, le lecteur de compact disc faisait partie des meilleurs supports de musique enregistrée que l’on a pu inventer à ce jour. Quelques précisions techniques sur la conversion numérique analogique en tension m’ont permis de mieux comprendre ce principe souvent mal compris par les audiophiles ou les non-spécialistes. La qualité d’écoute du lecteur CD et du système YBA présenté au High End de Munich m’ont laissé le très bon souvenir d’une sonorité claire, équilibrée et harmonieuse.

Advance Acoustic, YBA, Charlin et d’autres marques françaises se placent très bien en termes de musicalité, d’émotion et de plaisir d’écoute…

Advance Accoustic Munich 2017J’ai également eu une très bonne surprise avec la marque française Advance Acoustic qui nous a présenté un système équilibré et naturel à l’écoute. Cette marque bien connue du public français pour son savoir-faire en termes d’amplification hifi de qualité nous a en outre présenté une belle paire d’enceintes colonne Advance Paris X-L500.

Alimentés par leurs électroniques de la gamme Smartline avec préamplificateur Advance Paris et blocs monophoniques Mono Advance Paris, j’ai été agréablement surpris par l’homogénéité de l’écoute, une sonorité neutre et ouverte, sans que l’on puisse véritablement critiquer la musicalité du système en des termes audiophiles trop réducteurs. Ici, il n’était pas question de dynamique, d’écoute typée dans un sens ou dans l’autre, de basses trop lourdes ou à l’opposé d’aigu trop présent mais plutôt d’un bel équilibre qui nous fait profiter de la musique sans que l’on se pose de questions à l’infini.

Nouveau sans faute pour les électroniques Charlin sur enceintes Triangle au High End Munich 2017

Charlin High End MunichQuant à parler de naturel justement, Olivier Robert et Didier Delage des électroniques Charlin avaient fait le déplacement au salon de Munich pour ce nouveau High End en nous présentant un système Charlin simple mais particulièrement bien conçu, avec une source vinyle de qualité et une source dématérialisée reposant sur un lecteur de fichiers numériques on ne peut plus banal.

Avec les électroniques Charlin, la source et l’amplification aboutissaient sur des enceintes colonne Triangle, reposant elle-mêmes sur des socles en bois de bout également signés Charlin. L’équilibre, le naturel et la sensation de présence et de matière sonore équitablement répartie étaient tout simplement exceptionnels, sans présenter de signature sonore particulière; une qualité assez rare pour être soulignée. Décidément, j’ai à chaque fois été très surpris par cette marque française et parisienne qui me régale à chaque écoute, de Paris à Munich, en passant par Bruxelles et Bergerac. Avec les enceintes colonnes Triangle, nous pouvions donc profiter d’un ensemble haute fidélité 100% français particulièrement musical, preuve en est que notre savoir-faire en matière d’électroniques haut de gamme est bien d’actualité !

Certains systèmes haute fidélité insistaient sur le volume et l’espace stéréophonique

Muraudio High End Munich 2017Certaines présentations s’avéraient assez remarquables dans le sens où elles avaient tendance à repousser les murs en donnant un volume d’écoute stéréophonique particulièrement étonnant, c’était notamment le cas des enceintes Muraudio, accompagnées d’un système Simaudio complet. Visiblement, la conception de leurs enceintes acoustiques avait pour objet de reproduire un volume d’écoute réel, un critère sur lequel il est toujours bon d’insister, notamment à l’écoute d’un orchestre symphonique ou d’un live en plein air par exemple.

Reste à savoir si ce genre d’écoute peut être envisagée au quotidien et surtout, si l’écoute de musiques plus intimistes est également reproduite avec la même acuité ? Toujours est-il que le résultat est assez bluffant. On en viendra sans doute à penser que même si nous vivons avec la stéréophonie depuis l’invention d’André Charlin, d’autres manières de penser l’espace musical pourraient être envisagées. Cela a déjà été le cas plusieurs fois, notamment en France avec les enceintes Leedh de Gilles Milot par exemple.

Un système haute fidélité particulièrement musical made in South Africa !

High Fidelity from South Africa at the High End Munich 2017J’ai également eu le plaisir et l’étonnement d’écouter un système venu d’Afrique du Sud, simplement placé sur le stand statique du revendeur, entre des panneaux. Une amplification à lampes et un lecteur de CD alimentaient deux très belles enceintes colonnes. A nouveau, l’équilibre sonore s’avérait remarquable, avec une belle texture, des timbres élégants et doux pour donner une écoute qui sonnait juste et distillait une musicalité exemplaire.

Encore un système qui faisait de la belle musique sans que l’on se pose vraiment de questions audiophiles complexes à son sujet. A vrai dire, au plus le temps passe et au plus j’ai l’impression que l’on s’interroge vraiment sur des critères audiophiles à partir du moment où le système haute fidélité échoue réellement à faire de la musique mais plutôt à proposer une écoute trop typée ou catastrophique lorsque c’est carrément bouché. Malheureusement, ce genre d’écoutes s’entend encore parfois en salons soit-disant de haute fidélité plus souvent qu’on ne le croit. Les responsables s’empressent ensuite de se trouver de belles excuses, d’accuser autant les anges que le diable sauf peut-être, de remettre sérieusement leurs compétences en questions.

High End Munich 2017Et même si le High End Munich 2017 s’est illustré par de très belles écoutes audiophiles ou tout simplement pour le plaisir d’écouter de la musique enregistrée et parfaitement reproduite sur le plan musical, je dois bien ajouter que j’ai parfois été déçu, non pas par les écoutes proposées mais plutôt par l’absence d’écoutes elle-mêmes. C’était notamment le cas pour le nouveau haut de gamme Marantz présenté en statique mais qu’il m’aurait plu d’écouter tranquillement mais avec discernement. Comment est-il possible qu’une marque de renommée mondiale comme Marantz (après vous aimez ou pas, ce n’est pas la question) ne prenne pas la peine de présenter un système dans un salon tel que le High End de Munich ? Franchement, c’était une petite déception, mais je m’en suis souvenu.

Dans l’ensemble, le déplacement valait largement le plaisir que j’ai eu à découvrir ce High End Munich 2017. Le nombre d’installations haute fidélité est impressionnant et je n’avais qu’un seul regret, celui de ne pas avoir eu le temps de découvrir chaque système de manière plus approfondie. Toujours est-il que les spécialistes français de la haute fidélité n’ont rien à envier aux autres fabricants des cinq continents. Quoi qu’il en soit, je ne peux que conseiller aux passionnés de se rendre à Munich pour y découvrir des marques, petites et grandes, en provenance des horizons audiophiles les plus variés…

Eric Mallet

10 Juil

Câbles de modulation Charlin Noir 1000 mk I et Bleu 1100 mk II

Câble Charlin Bleu 1100 mk IIDécidément, vous allez me dire qu’il s’agit déjà du troisième article consacré aux électroniques Charlin. C’est vrai mais cette fois, il s’agit des câbles de modulation Charlin Noir 1000 mk I et Bleu 1100 mk II. Les câbles m’ont été prêtés par Olivier Robert, président de Roboli Design et que je remercie encore pour sa confiance. En effet, j’avais croisé Olivier pour la première fois au salon New Music de Bruxelles. Intrigué par la présence de mon appareil photo, Olivier se demandait si j’étais journaliste. Répondant par la négative, j’en avais alors profité pour lui parler de mon blog.

Bien plus tard, j’ai pourtant remarqué que certains revendeurs (belges par ailleurs) ne faisaient pas la différence entre un blogueur et un journaliste. C’est une remarque qui m’avait d’ailleurs été adressée après un salon bruxellois, d’ailleurs bien moins sympathique que celui de New Music. Disons que le monde d’Internet a parfois du mal à faire son chemin dans le milieu – certes très fermé – de la Haute Fidélité. Et pour peu que vous y ajoutiez les guerres de clochers entre Wallons et Flamands, ça en devient très vite ubuesque et l’on frôle, comme souvent, le comble du ridicule. Demandez-vous ensuite pourquoi les revendeurs se plaignent de ne pas vendre… Peu importe, la situation fut comique et futile mais fermons la parenthèse.

Les électroniques et les câbles Charlin au High End Munich

Toujours est-il que je revois Olivier Robert chaque année avec grand plaisir à Paris et à Bruxelles, sinon à Munich où j’ai eu un plaisir tout aussi grand à découvrir le High End 2017. Les électroniques Charlin y étaient présentes pour une démonstration particulièrement étonnante en termes de véracité musicale. Véritable tour de force, une paire de colonnes Triangle reposait sur des supports en bois de bout Charlin, ce qui, à mon sens, avait tendance à équilibrer la bande passante, sans la petite coquetterie que j’entends parfois dans l’aigu de certaines enceintes Triangle. Particulièrement bien pensé, l’écoute faisait à nouveau partie des démonstrations les plus équilibrées du salon ce qui n’est pas rien pour le High End de Munich !

Charlin BleuBien avant le High End 2017 de Munich, j’avais proposé à Olivier de tester ses câbles. Ce dernier m’a ensuite téléphoné pour m’annoncer que les câbles de modulation Charlin Noir 1000 mk I et Bleu 1100 mk II étaient en route ! J’ai également reçu le haut de gamme de la marque Charlin, les Ultimate St et Ultimate II à tester. Toujours est-il que cet article concerne les câbles de modulation Charlin Noir 1000 mk I, premier câble de la gamme du fabricant français, ainsi que le Bleu 1100 mk II, très justement récompensé d’un Diapason d’or reçu en 2014.

Question esthétique tout d’abord, le Charlin Noir ou le Bleu ne souffrent pas la critique bien au contraire. Réalisés à la main par Didier Delage à Bergerac et par Olivier Robert himself à Paris, vous aurez compris qu’il ne s’agit pas de Made in China mais bien d’une fabrication française de A à Z, avec la soudure Charlin élaborée par Olivier. Ici, nous sommes loin de certaines marques américaines indélicates qui font allègrement fabriquer la majorité de leurs câbles en Chine pour les faire passer ensuite pour du Made in USA… A l’opposé, les câbles de modulation Charlin présentent de belles gaines noires et bleues, parfaitement associées à des RCA finition carbone qui laissent paraître un câble de très bonne facture. Leur élégance et leur discrétion ne laissent pourtant rien présager de la qualité d’écoute qu’ils procurent, une fois les quelques heures de rodage indispensables à la libération totale du message musical.

Le Charlin Noir 1000 mk I associe des qualités et une musicalité rarement retrouvées à ce prix

Revenant de ma salle de sport, il se faisait assez tard après diner. J’étais pourtant impatient de brancher les câbles A. Charlin et bien sûr… j’ai d’abord branché le bleu à la place du noir. De brûle pourpoint, je dois bien dire que j’étais particulièrement étonné. J’ai rarement entendu un câble sonner aussi agréablement en étant tout juste branché. Après confirmation d’Olivier, il me fallait donc brancher le Charlin noir 1000 mk I en premier à la place du bleu. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je branche le noir, je glisse un premier album dans mon lecteur. A nouveau, c’est une très belle surprise. Encore un peu timide, j’estimais que le Noir pouvait parfaitement s’associer avec des enceintes compactes, dites de « bibliothèque », car il laissait déjà passer beaucoup d’informations dans le bas médium et les basses fréquences, un domaine où l’Eera Tentation se sent particulièrement à l’aise. Malgré cette particularité, aucun déséquilibre ne venait réduire cette qualité, bien au contraire.

Avec de beaux timbres, l’équilibre affiché par le câble Charlin Noir se révélait difficilement critiquable. Avec une restitution douce, sans agressivité, le Noir fait état d’une très belle transparence, associé à une image stéréophonique très naturelle, chaque instrument étant particulièrement bien placé dans l’espace. Après quelques heures d’un rodage très facile, le Charlin Noir s’est révélé parfaitement musical, équilibré et neutre, réunissant des qualités que bon nombre de concurrents auront du mal à associer, surtout au prix où ce dernier est proposé !

Le Charlin Bleu 1100 mk II relève d’un naturel et d’une musicalité particulièrement enviables

Modulation Charlin Bleu 1100 mk IIJ’ai donc finalement remis le Noir 1000 mk I dans sa belle boite en bois signée Charlin avant de rebrancher le Bleu 1100 mk II avec beaucoup de soin. A la première écoute, l’aigu et le haut médium paraissent prédominants sur le reste du spectre sonore, les basses sont un peu en retrait. J’en avais d’ailleurs parlé à Olivier Robert au téléphone, le câble demande plusieurs heures de rodage avant de révéler toutes ses qualités et que les basses fréquences prennent de l’extension. J’ai donc laissé tourner mon lecteur plusieurs heures par jour. Deux jours plus tard, je me suis décidé à faire une écoute sérieuse. L’aigu montrait encore une petite coquetterie mais l’écoute était déjà plus équilibrée. Au bout de quelques albums, le Bleu 1100 mk II était bel et bien rodé.

Présentant la même signature sonore que le Noir, un peu entre la neutralité et la musicalité d’un JPS Labs tout en donnant le beau médium d’un Synergistic Research, je dois bien avouer que j’étais totalement surpris par les qualités de cette modulation. Le Bleu va naturellement plus loin en termes de détails et d’ouverture dans le médium et l’aigu que le Noir avec une extension très naturelle dans les basses fréquences, permettant à vos enceintes d’exprimer très facilement tout ce qu’elle peuvent libérer dans le bas du spectre. L’écoute donne effectivement cette idée que la musique coule sans forcer, avec une dynamique tout aussi naturelle et conforme au message que les musiciens ont voulu faire passer.

Après plusieurs albums, l’image stéréophonique s’étend parfaitement en largeur comme en profondeur avec une précision millimétrique tout en restant parfaitement naturelle. Sur certains albums (Stream of Passion Embrace the Storm et The Flame Within), la voix de Marcela Bovio est parfaitement rendue en fonction de la distance au micro, parfois très proche, parfois de manière plus lointaine, tout en conservant une intelligibilité parfaite; c’est vraiment remarquable. Au même instant, on prend plaisir à écouter les musiciens et les voix placées en arrière de la chanteuse, sans aucun manque de précision, l’intelligibilité – au risque de me répéter – reste parfaite, ce qui n’est pas toujours le cas avec bon nombre de câbles concurrents.

câble de modulation Charlin Bleu 1100 mk IILe Charlin Bleu 1100 mk II respire le naturel et je comprends mieux pourquoi il a reçu un Diapason d’Or en 2014, c’est totalement justifié. Sur de la musique classique, le placement des instruments dans la masse orchestrale se fait tout aussi précis. On apprécie d’autant mieux le phrasé des instruments placés en arrière du plan sonore et qui viennent enrichir l’écoute d’une si belle manière. A nouveau, je retrouve le plaisir d’écouter Jordi Savall. Décidément, le Bleu 1100 mk II me régale dans tous les styles. Avec Vanessa Carlton, les écarts de micro dynamique sont encore plus frappants, le naturel de l’écoute et la transparence rendue par la modulation sont exceptionnels et de très haut niveau.

Pour résumer l’écoute des Câbles de modulation Charlin Noir 1000 mk I et Bleu 1100 mk II, je dirais que c’est le naturel qui prédomine avec un respect profond de la musique et des musiciens qui l’interprètent. C’est finalement la meilleure chose, je pense, que l’on puisse dire dans ce cas. Les câbles de modulation Charlin ne cherchent pas à en faire trop mais ils laissent passer l’émotion de chaque enregistrement de la plus belle des manières. Il ne me reste plus qu’à me séparer, douloureusement, des câbles Charlin, pour vous faire part, dans quelques articles, de la série Ultimate, dont l’écoute devrait encore transcender le résultat du Bleu 1100 mk II. D’ici là, restez à l’écoute en vous abonnant à la newsletter du blog…

Eric Mallet

 

Une partie des albums joués pendant le test:

Stream of Passion The Flame withinStream of Passion Embrace the StormMoonspell Alpha NoirVanessa Carlton HarmoniumVanessa Carlton Be not nobodyMarin Marais Alcione Suites des airs à jouerLe concert spirituel au temps de Louis XV Jordi SavallOstinato Jordi Savall

Categories: Câbles Tags:
30 Juin

Final Audio Heaven VII, au plus c’est long, au mieux c’est…

Final Audio Heaven VIIPlutôt impressionné par la très belle texture du Final Audio Adagio III dans le médium, je m’étais mis en tête d’acquérir un casque plus haut de gamme de la marque japonaise. J’ai longtemps cherché sur le Web ce qu’aurait pu m’apporter un casque de la série Heaven de Final Audio. Il existe quelques tests et critiques sur On-mag.fr en français et quelques autres en anglais ou en allemand sur ces intra-auriculaires. Ensuite, il ne reste que l’écoute pour se faire une idée de ce que peut donner un casque de la série Heaven signé Final Audio, à la condition que le casque d’essai soit déjà bien rodé car c’est là que le bas blesse…

L’Adagio III avait la particularité de présenter un médium assez fabuleux en termes de matière, avec une texture assez unique. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’une belle voix peut faire passer comme émotion ou du gros son d’un ampli guitares à lampes chauffées à blanc, branchez un Final Audio Adagio III sur votre walkman numérique ou votre lecteur CD et vous comprendrez pourquoi j’étais assez enthousiasmé par ce petit casque très discret. En même temps, les basses présentent de l’ampleur et donnent du corps à la musique alors que l’aigu se fait suffisamment présent mais sans atteindre un niveau de définition renversant. Pour en retirer un maximum de musique, prenez 5 à 10 albums pour le roder et remplacez la petite fiche jack par une autre fiche tout en cuivre/tellurium du genre Furutech et vous m’en direz des nouvelles. Mais quand il s’agit de rodage, pour le Final Audio Heaven VII, il va falloir être patient.

Le rodage des Final Audio Heaven VII, c’est une longue histoire…

Final Audio Heaven VIIEn réalité, il faudra vous montrer vraiment très patient. Pour ma part, j’avais profité d’un bon prix sur une boutique en Angleterre et je m’attendais vraiment à profiter d’un excellent casque. Me disant que l’Adagio III étais vraiment très bon pour son prix, je m’attendais à profiter d’un intra encore meilleur avec le Heaven VII. A peine déballé, c’est la (mauvaise) surprise. Je le branche et entame le premier morceau. Aigu criard, basses absentes, médium en retrait, on aurait cru qu’il s’agissait d’un intra bas de gamme, peut-être en dessous des 20€, acheté dans un hypermarché. Malgré son beau boitier en argent qui laissait présager un casque de qualité, on était très loin du compte. Sur le plan esthétique, rien à redire, les oreillettes tiennent bien et forment une isolation assez typique des intra-auriculaires sans pour autant vous isoler totalement du reste du monde.

La fiche Jack en 3,35 mm est d’une très bonne qualité, ainsi que le corps du casque, fabriqué en métal. Ensuite, il vous faudra faire attention à utiliser une oreillette en fonction de votre oreille. Si l’oreillette est trop grande, les basses sont inaudibles, même le casque rodé (s’il est rodé un jour ?). Une fois la bonne oreillette trouvée, l’isolation fait son office mais le transducteur aura quand même le défaut de se trouver très (ou trop près) des tympans. Dans ce cas, prenez garde de ne pas écouter trop fort ni trop longtemps. Toujours est-il que sur la première heure, l’écoute était vraiment horrible. Si je n’avais lu la critique de On-mag.fr qui en disait beaucoup de bien et qui insistait sur le temps de rodage particulièrement long, je l’aurais renvoyé aussi sec d’où il venait. Malgré cela, l’Adagio III ne m’avait demandé qu’une petite heure de rodage avant de dispenser des qualités d’écoutes vraiment exceptionnelles pour le prix payé. J’avais donc du mal à comprendre pourquoi le Heaven VII aurait pu demander un temps de rodage aussi long.

C’est bien la première fois que le rodage est aussi long et qu’il fait une si grande différence à l’écoute

J’ai donc attendu, fait tourner des heures et des heures le Heaven VII sur mon Mac en mettant du Youtube.com en boucle durant la journée. Au bout d’une trentaine d’heures (environ), le médium se libère un peu, sans atteindre la texture exceptionnelle de l’Adagio III. Après une cinquantaine d’heures, je me suis aperçu que le médium était vraiment le point fort de cet Heaven VII. Particulièrement plaisant sur les voix, son médium s’avère assez différent de l’Adagio car plus linéaire, moins coloré en quelques sortes. Pourtant, j’adore les timbres de l’Adagio III pour la matière exceptionnelle qu’il donne sur le grain des guitares saturées. Sur un vieux walkman CD Panasonic, j’ai remis Crazy World des Scorpions. A l’époque, j’étais complètement fou de cet album, surtout du grain de la Flying V de Schenker branché sur un gros ampli Orange à lampes (à l’époque, on parlait de lampes, pas de tubes). L’Adagio III me redonnait (pratiquement) le son de mon walkman à cassettes (un très haut de gamme de SONY à l’époque) avec un bon intra de chez Kenwood. Le grain et la texture de la guitare de Rudolf Schenker en étaient presque charnels.

Au Final, j’en viens à me demander si ce Heaven VII sera rodé un jour et qu’il me donnera vraiment ses pleines capacités, sinon ses qualités… Car des qualités, il en a. Bien timbré, du moins pour un casque intra-auriculaire de ce prix, j’ai eu l’occasion de le brancher sur différents supports, bons et moins bons, et sur différents formats numériques pour me rendre compte qu’il s’agit d’un casque sérieusement élaboré. Sérieux au point que le Heaven VII vous évitera le ridicule des oreilles de Mickey quand vous prenez le bus ou le métro, tout en vous donnant une ampleur assez proche des casques de salon. Pour un casque aussi petit, c’est déjà un vrai tour de force !

La richesse de timbres du Heaven VII dans le médium est sa première qualité !

Ensuite, si le médium présente une très belle texture (mais avec moins de corps que sur le petit Adagio III), les basses fréquences restent discrètes et très tendues. A l’écoute on sent que ce n’est pas le point fort de l’Heaven VII mais il vous suffira peut-être de le corriger sur l’équaliseur de votre lecteur numérique portable en accentuant légèrement les fréquences en dessous de 100 Hz. Quant à moi (Oh ! Ultime sacrilège…), je profite toujours de mon bon vieux walkman CD Panasonic (modifié par mes soins) pour profiter de ma collection de CD et franchement, cela sonne déjà plus que fabuleusement. 15 ans après la disparition des walkman CD au profit des fichiers numériques dématérialisés, j’ai encore le gros son dans le métro 🙂

Que dire de l’aigu sauf que j’ai déjà entendu mieux. L’image stéréophonique est de bonne facture mais clairement à la ramasse si je devais la comparer à celle de mon Earsonics SM3 (d’ailleurs nettement moins cher que le Heaven VII). L’image stéréo est bien centré et suffisamment large mais en termes de profondeur et d’image stéréophonique en 3 dimensions, Earsonics s’avère quand même nettement au dessus. Bref, vous l’avez compris. Si vous êtes patient, le Heaven VII vous donnera une très belle écoute avec des basses très tendues, un très beau médium et des aigus assez discrets, bien définis mais manquant un peu de richesse harmonique. Par contre, au prix du Heaven VII, la concurrence est rude, notamment en France même avec Earsonics ou d’autres comme Grado, Fostex ou Nu Force par exemple, qui ont aussi leur mot à dire. Mais qui sait… peut-être que d’ici un an ou deux, je reviendrais sur mon opinion mais pour l’instant, le Heaven VII me parait présenter autant de qualités que de défauts, ce qui ne plaira pas forcément aux audiophiles les plus exigeants.

Eric Mallet

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