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04 Déc

Casque intra-auriculaire Final Audio Adagio III

detail_main006_adagio-iiiDe retour depuis peu du salon Haute Fidélité parisien qui m’étonne un peu plus tous les ans pour la qualité des écoutes qu’il propose (même si des râleurs diront sans doute le contraire), je reprends la plume pour vous faire part d’une belle découverte, le temps de terminer la refonte des photos de l’exposition. Cette découverte a pris la forme d’un casque intra-auriculaire de la marque Final Audio Design, modèle Adagio III pour être précis. Mon Earsonics SM3 V2 étant en attente de réparation, cela faisait quelques semaines que je patientais, dans l’attente de tomber sur un casque intra-auriculaire de très bonne qualité, sans toute fois atteindre le prix de mes Earsonics. Mon attente pris fin en écoutant presque par hasard, cet Adagio III de Final Audio Design, d’allure assez discrète mais pourtant très sympathique au regard. Reste à savoir ce qu’il pouvait donner à l’écoute.

Si cette entreprise n’est pas récente, Final Audio Design est une marque japonaise créée en 1974 par Kanemori Takai qui se distingua tout d’abord dans la fabrication de cellules pour platines analogiques, amplificateurs et enceintes acoustiques avec un talent très rapidement reconnu par ses pairs. Ce n’est qu’en 2007 que la marque commencera à s’intéresser de prêt à la fabrication de casques audio, notamment de l’Adagio III que je vous présente ici en test !

Test des Adagio III de Final Audio Design

Adagio III Final Audio DesignDe cette marque japonaise, je ne connaissais pas grand chose, à part quelques vagues critiques mettant en avant le côté assez spécifique des modèles Heaven V sur l’aigu, les recommandant pour le classique ou le jazz. J’ai maintenant plutôt l’impression qu’il s’agit d’un avis un peu trop tranché sur la question. Durant les premières secondes d’écoutes, j’ai surtout perçu les basses un peu lourdes d’un casque qui n’avait jamais fonctionné auparavant mais ces 20 premières secondes m’ont surtout convaincu que j’avais une véritable petite merveille logée entre les oreilles.

C’est surtout la qualité de toute la plage médium qui surprend le plus avec ce petit casque. Du bas médium aux limites de l’aigu, cet Adagio III déploie une vitalité et une justesse de timbres absolument remarquable, surtout au prix où il est proposé, c’est à dire aux alentours des 70€. A ce tarif, bien peu de concurrents savent en faire autant. Les Jays par exemple, arrivent loin derrière, avec un son plus neutre mais aussi moins plaisant. Corollaire de cette qualité inattendue, la transparence est de haut niveau, on entend très clairement le bruit de fond de vieux albums CD qui n’ont pas été totalement enregistré en numérique, le bruit de fond d’un Mac sur lequel je les avais branché était d’ailleurs nettement audible. Je ne percevais pas ce bruit sur un casque de petite qualité qui me servait un peu de casque de secours. Par exemple, les applaudissements du public sont très clairement distincts et ne ressemblent en rien à une pluie fine, contrairement à d’autres casques concurrents de la même veine.

Un médium de toute beauté avec des voix parfaitement articulées

Adagio III caractéristiquesLes voix sont également superbes de réalisme, avec une articulation parfaite qui, au risque de me répéter, étonne dans cette gamme de prix. Sur du Vanessa Carlton, c’est tout simplement magique. Je me surprends même à redécouvrir le timbre de cette étonnante chanteuse américaine. Tout d’abord testé au salon même, sur le premier album de Stream of Passion, la voix de Marcela Bovio est frappante de réalisme et d’émotion. La moindre inflexion de sa voix envoutante libère une expressivité hors du commun, c’est tout à fait saisissant de véracité. Pourtant, il me semble bien difficile d’y voir une coloration, plutôt une expression rafraichissante des couleurs de toutes les musiques que pourrait chanter cet étonnant Adagio III. A vrai dire, la bande passante de l’Adagio III s’avère particulièrement étendue du grave à l’aigu, sans rupture ni effet de masque du grave sur le bas médium. Tout est clair et net, tout s’entend et se savoure avec un plaisir non contenu.

Le grave étonne également par sa capacité à descendre bas lorsque du grave est réellement présent sur le disque, contrairement à une majorité d’intra proposés dans cette même gamme de prix. On en revient à une justesse des timbres confondantes avec un piano ou une contrebasse non seulement parfaitement timbrés avec un grain aisément reconnaissable mais aussi avec une liberté d’expression particulièrement agréable. C’est net, ça respire profondément, avec à l’opposé du spectre, un aigu tout aussi bien détouré, précis et parfaitement timbré. La dynamique de chaque morceau est également parfaitement transmise par l’Adagio III mais sans excès, le rythme est tout simplement juste. C’est puissant sur du Heavy métal, harmonieux et vif sur du jazz ou du classique. Le phrasé et le suivi harmonique d’un solo de guitare s’avère particulièrement expressif, très proche des intentions du guitariste.

L’Adagio III est remarquable malgré des petits défauts qui s’entendent par les plus perfectionnistes

Finalement cet Adagio III de Final Audio Design est une petite merveille même s’il ne sait pas tout faire. En effet, s’il est imbattable sur la justesse des timbres, la fraicheur du rythme et la puissance musicale qu’il sait habilement reproduire, l’image stéréophonique est très correcte en largeur mais beaucoup moins en profondeur. A titre de comparaison, l’Adagio III est largement battu par des Earsonics sur ce plan mais pour le reste, il est capable de donner de belles leçons à nombre d’intra-auriculaires concurrents, même parfois à des prix plus élevés. Autre petit point faible que j’ai eu l’occasion de remarquer au fil de mes écoutes concerne curieusement le son d’une rythmique guitare saturée sur du Métal, pas toujours reproduite avec exactitude ni avec la matière caractéristique des amplificateurs à lampes lorsqu’ils sont chauffés à blanc. Étant moi-même guitariste, ce détail me saute aux oreilles assez rapidement. Et malgré ce léger manque de matière dans le médium aigu, il s’agit d’une véritable réussite à un prix encore raisonnable, surtout pour ceux qui veulent s’offrir un casque intra de qualité sans y mettre 150 ou 200€.

Méfiez-vous également de la commande de volume si vous voulez conserver votre audition en bon état. L’impédance réduite de 16 ohms de l’Adagio III associée à une sensibilité (réelle !) de 100 dB est largement suffisante pour alimenter n’importe quel amplificateur, même de faible puissance. A ce prix et avec ces qualités acoustiques, je ne pourrais que recommander ce remarquable Adagio III de Final Audio Design. A vrai dire, j’ai hâte de le comparer à un modèle Heaven de la marque (avec un peu plus de matière dans le médium si possible) mais s’ils sont aussi bons, je risque fort de devenir un fan inconditionnel de ces petites perles du Japon !

Eric Mallet

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