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30 Juin

Final Audio Heaven VII, au plus c’est long, au mieux c’est…

Final Audio Heaven VIIPlutôt impressionné par la très belle texture du Final Audio Adagio III dans le médium, je m’étais mis en tête d’acquérir un casque plus haut de gamme de la marque japonaise. J’ai longtemps cherché sur le Web ce qu’aurait pu m’apporter un casque de la série Heaven de Final Audio. Il existe quelques tests et critiques sur On-mag.fr en français et quelques autres en anglais ou en allemand sur ces intra-auriculaires. Ensuite, il ne reste que l’écoute pour se faire une idée de ce que peut donner un casque de la série Heaven signé Final Audio, à la condition que le casque d’essai soit déjà bien rodé car c’est là que le bas blesse…

L’Adagio III avait la particularité de présenter un médium assez fabuleux en termes de matière, avec une texture assez unique. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’une belle voix peut faire passer comme émotion ou du gros son d’un ampli guitares à lampes chauffées à blanc, branchez un Final Audio Adagio III sur votre walkman numérique ou votre lecteur CD et vous comprendrez pourquoi j’étais assez enthousiasmé par ce petit casque très discret. En même temps, les basses présentent de l’ampleur et donnent du corps à la musique alors que l’aigu se fait suffisamment présent mais sans atteindre un niveau de définition renversant. Pour en retirer un maximum de musique, prenez 5 à 10 albums pour le roder et remplacez la petite fiche jack par une autre fiche tout en cuivre/tellurium du genre Furutech et vous m’en direz des nouvelles. Mais quand il s’agit de rodage, pour le Final Audio Heaven VII, il va falloir être patient.

Le rodage des Final Audio Heaven VII, c’est une longue histoire…

Final Audio Heaven VIIEn réalité, il faudra vous montrer vraiment très patient. Pour ma part, j’avais profité d’un bon prix sur une boutique en Angleterre et je m’attendais vraiment à profiter d’un excellent casque. Me disant que l’Adagio III étais vraiment très bon pour son prix, je m’attendais à profiter d’un intra encore meilleur avec le Heaven VII. A peine déballé, c’est la (mauvaise) surprise. Je le branche et entame le premier morceau. Aigu criard, basses absentes, médium en retrait, on aurait cru qu’il s’agissait d’un intra bas de gamme, peut-être en dessous des 20€, acheté dans un hypermarché. Malgré son beau boitier en argent qui laissait présager un casque de qualité, on était très loin du compte. Sur le plan esthétique, rien à redire, les oreillettes tiennent bien et forment une isolation assez typique des intra-auriculaires sans pour autant vous isoler totalement du reste du monde.

La fiche Jack en 3,35 mm est d’une très bonne qualité, ainsi que le corps du casque, fabriqué en métal. Ensuite, il vous faudra faire attention à utiliser une oreillette en fonction de votre oreille. Si l’oreillette est trop grande, les basses sont inaudibles, même le casque rodé (s’il est rodé un jour ?). Une fois la bonne oreillette trouvée, l’isolation fait son office mais le transducteur aura quand même le défaut de se trouver très (ou trop près) des tympans. Dans ce cas, prenez garde de ne pas écouter trop fort ni trop longtemps. Toujours est-il que sur la première heure, l’écoute était vraiment horrible. Si je n’avais lu la critique de On-mag.fr qui en disait beaucoup de bien et qui insistait sur le temps de rodage particulièrement long, je l’aurais renvoyé aussi sec d’où il venait. Malgré cela, l’Adagio III ne m’avait demandé qu’une petite heure de rodage avant de dispenser des qualités d’écoutes vraiment exceptionnelles pour le prix payé. J’avais donc du mal à comprendre pourquoi le Heaven VII aurait pu demander un temps de rodage aussi long.

C’est bien la première fois que le rodage est aussi long et qu’il fait une si grande différence à l’écoute

J’ai donc attendu, fait tourner des heures et des heures le Heaven VII sur mon Mac en mettant du Youtube.com en boucle durant la journée. Au bout d’une trentaine d’heures (environ), le médium se libère un peu, sans atteindre la texture exceptionnelle de l’Adagio III. Après une cinquantaine d’heures, je me suis aperçu que le médium était vraiment le point fort de cet Heaven VII. Particulièrement plaisant sur les voix, son médium s’avère assez différent de l’Adagio car plus linéaire, moins coloré en quelques sortes. Pourtant, j’adore les timbres de l’Adagio III pour la matière exceptionnelle qu’il donne sur le grain des guitares saturées. Sur un vieux walkman CD Panasonic, j’ai remis Crazy World des Scorpions. A l’époque, j’étais complètement fou de cet album, surtout du grain de la Flying V de Schenker branché sur un gros ampli Orange à lampes (à l’époque, on parlait de lampes, pas de tubes). L’Adagio III me redonnait (pratiquement) le son de mon walkman à cassettes (un très haut de gamme de SONY à l’époque) avec un bon intra de chez Kenwood. Le grain et la texture de la guitare de Rudolf Schenker en étaient presque charnels.

Au Final, j’en viens à me demander si ce Heaven VII sera rodé un jour et qu’il me donnera vraiment ses pleines capacités, sinon ses qualités… Car des qualités, il en a. Bien timbré, du moins pour un casque intra-auriculaire de ce prix, j’ai eu l’occasion de le brancher sur différents supports, bons et moins bons, et sur différents formats numériques pour me rendre compte qu’il s’agit d’un casque sérieusement élaboré. Sérieux au point que le Heaven VII vous évitera le ridicule des oreilles de Mickey quand vous prenez le bus ou le métro, tout en vous donnant une ampleur assez proche des casques de salon. Pour un casque aussi petit, c’est déjà un vrai tour de force !

La richesse de timbres du Heaven VII dans le médium est sa première qualité !

Ensuite, si le médium présente une très belle texture (mais avec moins de corps que sur le petit Adagio III), les basses fréquences restent discrètes et très tendues. A l’écoute on sent que ce n’est pas le point fort de l’Heaven VII mais il vous suffira peut-être de le corriger sur l’équaliseur de votre lecteur numérique portable en accentuant légèrement les fréquences en dessous de 100 Hz. Quant à moi (Oh ! Ultime sacrilège…), je profite toujours de mon bon vieux walkman CD Panasonic (modifié par mes soins) pour profiter de ma collection de CD et franchement, cela sonne déjà plus que fabuleusement. 15 ans après la disparition des walkman CD au profit des fichiers numériques dématérialisés, j’ai encore le gros son dans le métro 🙂

Que dire de l’aigu sauf que j’ai déjà entendu mieux. L’image stéréophonique est de bonne facture mais clairement à la ramasse si je devais la comparer à celle de mon Earsonics SM3 (d’ailleurs nettement moins cher que le Heaven VII). L’image stéréo est bien centré et suffisamment large mais en termes de profondeur et d’image stéréophonique en 3 dimensions, Earsonics s’avère quand même nettement au dessus. Bref, vous l’avez compris. Si vous êtes patient, le Heaven VII vous donnera une très belle écoute avec des basses très tendues, un très beau médium et des aigus assez discrets, bien définis mais manquant un peu de richesse harmonique. Par contre, au prix du Heaven VII, la concurrence est rude, notamment en France même avec Earsonics ou d’autres comme Grado, Fostex ou Nu Force par exemple, qui ont aussi leur mot à dire. Mais qui sait… peut-être que d’ici un an ou deux, je reviendrais sur mon opinion mais pour l’instant, le Heaven VII me parait présenter autant de qualités que de défauts, ce qui ne plaira pas forcément aux audiophiles les plus exigeants.

Eric Mallet

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04 Déc

Casque intra-auriculaire Final Audio Adagio III

detail_main006_adagio-iiiDe retour depuis peu du salon Haute Fidélité parisien qui m’étonne un peu plus tous les ans pour la qualité des écoutes qu’il propose (même si des râleurs diront sans doute le contraire), je reprends la plume pour vous faire part d’une belle découverte, le temps de terminer la refonte des photos de l’exposition. Cette découverte a pris la forme d’un casque intra-auriculaire de la marque Final Audio Design, modèle Adagio III pour être précis. Mon Earsonics SM3 V2 étant en attente de réparation, cela faisait quelques semaines que je patientais, dans l’attente de tomber sur un casque intra-auriculaire de très bonne qualité, sans toute fois atteindre le prix de mes Earsonics. Mon attente pris fin en écoutant presque par hasard, cet Adagio III de Final Audio Design, d’allure assez discrète mais pourtant très sympathique au regard. Reste à savoir ce qu’il pouvait donner à l’écoute.

Si cette entreprise n’est pas récente, Final Audio Design est une marque japonaise créée en 1974 par Kanemori Takai qui se distingua tout d’abord dans la fabrication de cellules pour platines analogiques, amplificateurs et enceintes acoustiques avec un talent très rapidement reconnu par ses pairs. Ce n’est qu’en 2007 que la marque commencera à s’intéresser de prêt à la fabrication de casques audio, notamment de l’Adagio III que je vous présente ici en test !

Test des Adagio III de Final Audio Design

Adagio III Final Audio DesignDe cette marque japonaise, je ne connaissais pas grand chose, à part quelques vagues critiques mettant en avant le côté assez spécifique des modèles Heaven V sur l’aigu, les recommandant pour le classique ou le jazz. J’ai maintenant plutôt l’impression qu’il s’agit d’un avis un peu trop tranché sur la question. Durant les premières secondes d’écoutes, j’ai surtout perçu les basses un peu lourdes d’un casque qui n’avait jamais fonctionné auparavant mais ces 20 premières secondes m’ont surtout convaincu que j’avais une véritable petite merveille logée entre les oreilles.

C’est surtout la qualité de toute la plage médium qui surprend le plus avec ce petit casque. Du bas médium aux limites de l’aigu, cet Adagio III déploie une vitalité et une justesse de timbres absolument remarquable, surtout au prix où il est proposé, c’est à dire aux alentours des 70€. A ce tarif, bien peu de concurrents savent en faire autant. Les Jays par exemple, arrivent loin derrière, avec un son plus neutre mais aussi moins plaisant. Corollaire de cette qualité inattendue, la transparence est de haut niveau, on entend très clairement le bruit de fond de vieux albums CD qui n’ont pas été totalement enregistré en numérique, le bruit de fond d’un Mac sur lequel je les avais branché était d’ailleurs nettement audible. Je ne percevais pas ce bruit sur un casque de petite qualité qui me servait un peu de casque de secours. Par exemple, les applaudissements du public sont très clairement distincts et ne ressemblent en rien à une pluie fine, contrairement à d’autres casques concurrents de la même veine.

Un médium de toute beauté avec des voix parfaitement articulées

Adagio III caractéristiquesLes voix sont également superbes de réalisme, avec une articulation parfaite qui, au risque de me répéter, étonne dans cette gamme de prix. Sur du Vanessa Carlton, c’est tout simplement magique. Je me surprends même à redécouvrir le timbre de cette étonnante chanteuse américaine. Tout d’abord testé au salon même, sur le premier album de Stream of Passion, la voix de Marcela Bovio est frappante de réalisme et d’émotion. La moindre inflexion de sa voix envoutante libère une expressivité hors du commun, c’est tout à fait saisissant de véracité. Pourtant, il me semble bien difficile d’y voir une coloration, plutôt une expression rafraichissante des couleurs de toutes les musiques que pourrait chanter cet étonnant Adagio III. A vrai dire, la bande passante de l’Adagio III s’avère particulièrement étendue du grave à l’aigu, sans rupture ni effet de masque du grave sur le bas médium. Tout est clair et net, tout s’entend et se savoure avec un plaisir non contenu.

Le grave étonne également par sa capacité à descendre bas lorsque du grave est réellement présent sur le disque, contrairement à une majorité d’intra proposés dans cette même gamme de prix. On en revient à une justesse des timbres confondantes avec un piano ou une contrebasse non seulement parfaitement timbrés avec un grain aisément reconnaissable mais aussi avec une liberté d’expression particulièrement agréable. C’est net, ça respire profondément, avec à l’opposé du spectre, un aigu tout aussi bien détouré, précis et parfaitement timbré. La dynamique de chaque morceau est également parfaitement transmise par l’Adagio III mais sans excès, le rythme est tout simplement juste. C’est puissant sur du Heavy métal, harmonieux et vif sur du jazz ou du classique. Le phrasé et le suivi harmonique d’un solo de guitare s’avère particulièrement expressif, très proche des intentions du guitariste.

L’Adagio III est remarquable malgré des petits défauts qui s’entendent par les plus perfectionnistes

Finalement cet Adagio III de Final Audio Design est une petite merveille même s’il ne sait pas tout faire. En effet, s’il est imbattable sur la justesse des timbres, la fraicheur du rythme et la puissance musicale qu’il sait habilement reproduire, l’image stéréophonique est très correcte en largeur mais beaucoup moins en profondeur. A titre de comparaison, l’Adagio III est largement battu par des Earsonics sur ce plan mais pour le reste, il est capable de donner de belles leçons à nombre d’intra-auriculaires concurrents, même parfois à des prix plus élevés. Autre petit point faible que j’ai eu l’occasion de remarquer au fil de mes écoutes concerne curieusement le son d’une rythmique guitare saturée sur du Métal, pas toujours reproduite avec exactitude ni avec la matière caractéristique des amplificateurs à lampes lorsqu’ils sont chauffés à blanc. Étant moi-même guitariste, ce détail me saute aux oreilles assez rapidement. Et malgré ce léger manque de matière dans le médium aigu, il s’agit d’une véritable réussite à un prix encore raisonnable, surtout pour ceux qui veulent s’offrir un casque intra de qualité sans y mettre 150 ou 200€.

Méfiez-vous également de la commande de volume si vous voulez conserver votre audition en bon état. L’impédance réduite de 16 ohms de l’Adagio III associée à une sensibilité (réelle !) de 100 dB est largement suffisante pour alimenter n’importe quel amplificateur, même de faible puissance. A ce prix et avec ces qualités acoustiques, je ne pourrais que recommander ce remarquable Adagio III de Final Audio Design. A vrai dire, j’ai hâte de le comparer à un modèle Heaven de la marque (avec un peu plus de matière dans le médium si possible) mais s’ils sont aussi bons, je risque fort de devenir un fan inconditionnel de ces petites perles du Japon !

Eric Mallet

22 Sep

Earsonics SM3 V2: Le casque intra-auriculaire du plaisir musical en Haute Définition et en couleurs !

earsonics SM3 V2La haute fidélité est un domaine parfois surprenant où le meilleur peut parfois côtoyer le pire, c’est particulièrement vrai pour les casques qui, normalement, sont censés délivrer les meilleurs performances musicales possibles tout en étant d’un encombrement réduit. Je ne vous parle même pas des cochonneries marketing qui vous donne des airs de Mickey Mouse avec le ridicule qui va avec. Avec l’âge et la maturité, on finira toujours par préférer la performance au monde de Disney et surtout pas de se balader en ville avec un air de cartoon. Pourtant, cela n’empêche pas, fort heureusement, de nombreux audiophiles à dépenser une fortune dans des modèles de casques encombrants, ceux-ci étant plutôt réservés à l’écoute domestique, lorsque les conditions d’écoute aux enceintes est restreinte. Donc, dans l’absolu, il faudrait sans doute pouvoir bénéficier de deux types de casque à haute performance afin de pouvoir aussi, se déplacer dans la discrétion tout en bénéficiant de performances musicales élevées. Le marketing aura pourtant du bon dans le sens où il permet aux casques (même les moins mauvais) de se faire connaître. C’est notamment vrai pour Jay dont les produits offrent de très belles performances pour un prix raisonnable mais c’est nettement moins vrai pour Earsonics, une marque française talentueuse qui nous permet de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable (et transportable) en toute discrétion…

earsonics SM3 V2Même si relativement peu connu dans le milieu des audiophiles et mélomanes, Earsonics fabrique d’excellents casques intra-auriculaires, talonné de près par d’autres marques américaines et asiatiques… En réalité, la marque est bien connue dans le milieu des professionnels du son. Des casques sur mesure peuvent être réalisés pour n’importe quel artiste (ou n’importe quel lecteur du blog à condition qu’il puisse mettre 1000€ dans un casque intra-auriculaire) Le modèle que j’ai testé et dont je vais vous parler ici est le SM3 V2, haute de gamme de la marque française Earsonics, avant qu’ils ne commercialisent leur SM64. Son prix dépasse les 300€ et à ce prix, on pourra s’interroger sur le rapport qualité/prix pour un tel casque alors que de nombreuses marques proposent des produits similaires à des prix inférieurs (ou parfois bien supérieurs). Vous l’avez bien compris, à ce prix, on est bien dans le haut de gamme de l’intra-auriculaire et d’un produit que l’on espère durable.

Earsonics SM3 V2, une très belle écoute après quelques heures de rodage

Sur le plan de la présentation, ce modèle d’Earsonics s’avère sans doute un peu plus encombrant que la plupart des intra-auriculaires du marché tout en restant de taille raisonnable et adapté à l’oreille de chaque utilisateur. On cafouillera sans doute deux ou trois fois pour trouver l’embout le plus adapté à l’écoute ainsi que du placement des écouteurs eux-mêmes qui demandent un peu plus de doigté que pour un casque plus banal. A la première écoute, c’est une mauvaise surprise. La bande passante est assez réduite, le son est plat, très neutre, ça manque d’aigu mais on sent déjà que ça ne va pas manquer de basse car elles prennent déjà de l’assise. Bon point cependant, le placement de chaque instrument est millimétrique, chacun trouve parfaitement sa place sur la scène sonore. Fort étonné, j’ai donc décidé de changer le câble pour un modèle en cuivre OCC de qualité, le câble étant remplaçable, ce qui est loin d’être le cas pour les autres modèles moins couteux du marché. Disons que cette caractéristique technique est plutôt intéressante non seulement à l’écoute mais aussi sur le plan pratique; si le câble s’abîme, on pourra toujours le remplacer, ce qui ne rendra pas le casque inutilisable et perdu.

Avant de changer le câble cependant, je m’apprête à mettre mon bon vieux walkman Panasonic dans ma poche avec un bon Dark Tranquillity. Au premier morceau, je m’étonne. Les timbres ont peu changés, c’est toujours très droit et la bande passante semble avoir légèrement pris de l’assise mais c’est surtout la matière sonore et la scène qui ont considérablement évolués. A cet instant, l’écoute ressemble de très près à ce que l’on peut entendre à partir d’un bon système et d’une bonne paire d’enceintes; ça surprend ! L’effet de rodage était peut-être particulièrement marqué, je change donc le câble et au bout de une à deux heures d’écoute, je dois bien avouer que c’est un peu mieux sur l’ensemble des critères audiophiles couramment utilisés dans notre petit monde des fous du bon son.

Pour ce test, j’ai donc utilisé plusieurs supports et plusieurs styles de musiques:

  • Mon bon vieux walkman Panasonic (sans doute une des seules marques qui peut se prévaloir d’un son de qualité)
  • Un PC récent sur une écoute brute, débarrassée de tous gadgets du genre Dolby machin et compagnie
  • Mon bon vieux mini Mac de 2009, pas vraiment réputé pour la qualité de sa carte son

Parmi les albums et les morceaux testés, je citerai l’album Crazy World des Scorpions, Heaven de Dark Tranquillity, Café Blues de Patricia Barber (version HDCD), Anamorphose de Mylène Farmer, Sexe Fort de Patricia Kaas, Hotel California d’Eagles, The girl in the other room et le Live in Paris de Diana Krall, l’Orchestre du Roi Soleil par le Concert des Nations de Jordi Savall, Tous les matins du monde (musique du film), direction de Jordi Savall et quelques pistes audio glanées sur Qobuz ou sur un site bien connu pour ses vidéos mais pas toujours pour leur qualité audio.

earsonics SM3 V2La première écoute de Scorpions (album Crazy World) m’a surpris dans le sens où on se rend rapidement compte des trois guitares enregistrées alors que sur une bonne chaîne en écoute sur enceintes, on perçoit beaucoup moins cette caractéristique qui est quand même loin d’être un détail dans le sens où on rentre beaucoup plus facilement dans l’architecture rythmique créée par les guitares, c’est assez remarquable, surtout que je n’y avais jamais prêté attention avec un autre casque auparavant. Une fois bien rodé, le grain des guitares saturées (Flying V sur ampli à lampes Orange si mes souvenirs sont justes (du moins pour Rudolf Schenker)) est particulièrement délectable. Ça monte assez haut en fréquence, le médium prend du corps, la matière est là et parfaitement distribuée en fréquence. La grosse caisse sonne lourd, on perçoit exactement la compression donnée au mixage et le timbre de la caisse claire qui « claque » juste. Un petit regret cependant pour l’aigu qui pourrait encore monter plus haut. La comparaison avec mon système est parlante, les prises secteurs Oyaide m’avaient justement permis de mettre cette caractéristique en valeur. L’aigu monte très haut tout en étant plus proche du timbre original des guitares électriques saturées qui sonnent naturellement très hauts dans l’aigu; ce que le Earsonics SM3 V2 ne rend pas tout à fait à l’identique. ces intra-auriculaires étonnants diffusent plutôt un aigu fin, détaillé et élégant mais qui manque un peu d’extension dans les extrêmes. Et pour avoir joué de la guitare électrique sur plusieurs ampli à lampes pendant plus de 15 ans, c’est une caractéristique qui ne me trompe pas. Disons que cela reste un détail et que beaucoup ne l’entendrons peut-être pas. C’est plutôt la matière sonore et l’image stéréophonique des Earsonics qui sont les plus surprenants, le tout avec une dynamique réaliste, bien rendue sans doute par la sensibilité élevée du casque. Sur Dark Tranquillity, ça sonne fort et je prends plaisir à redécouvrir Heaven, mon album préféré du groupe. La voix rageuse de Mickael Stanne passe de manière très distincte, ce qui est loin d’être le cas sur des intra beaucoup moins évolués.

Le Earsonics SM3 V2 présente une transparence qui permet de déterminer précisément la qualité des morceaux écoutés

Sur de la musique classique et baroque, l’orchestre du Roi Soleil sonne un peu trop aigu à mon oreille, l’image stéréophonique manque un peu de précision, ça reste un peu brouillon et les timbres instrumentaux sont loin d’être réalistes. Cependant, j’ai plutôt l’impression d’atteindre les limites de mon brave walkman que de pouvoir imputer la faute au casque car je ne constate pas les mêmes défauts avec d’autres genres musicaux. Malheureusement, je n’ai pas de sortie casque sur mon Eera DL1. L’écoute reste malgré tout très aérée et plaisante, d’autres casques feront pire. Curieusement, en montant le son aux limites du raisonnable les choses s’arrangent un peu, la dynamique s’étend et l’aigu se calme un peu… comme si les Earsonics avaient besoin de volume pour bien s’exprimer. La marche pour la cérémonie turque est impressionnante mais le bas médium me laisse une légère impression de flou un peu désagréable, le manque de définition est palpable. Je passe sur Internet avec une version HD et je suis effectivement rassuré, mon brave Panasonic était effectivement en cause. Le « coup de nettoyage » a dépoussiéré le médium, la définition est largement supérieure. Les basses sont pesantes quand elles doivent l’être, elles s’intègrent parfaitement à l’orchestre quand elles le doivent également, c’est superbe !

earsonics SM3 V2Je passe au jazz avec Diana Krall et son Live in Paris. Toujours cette image stéréo bien ancrée à gauche et à droite où l’on peut retrouver chaque intervenant à sa juste place. Les timbres sonnent justes, le piano a du corps et de la nervosité. La batterie passe bien, la caisse claire claque et les cuivres scintillent sans trop en faire. Sur le Café Blues de Patricia Barber, la voix de Patricia laisse parfaitement entendre la réverbération alors que le piano l’accompagne sans créer de saturation désagréable. En variété française, je passe sur Mylène Farmer. C’est propre, sans en faire de trop des deux côtés de la bande passante. On est loin de la musique classique naturelle avec ce genre très moderne. On connait les possibilités infinies des studios d’enregistrement en termes de mixages avec compressions diverses, permettant de frapper fort dans les basses tout en lissant la dynamique des fréquences. Bref, ça sonne assez vif, assez lourd mais ça passerait tout aussi bien sur n’importe quel autre morceau (ou casque) similaire, loin des instruments naturels que nos oreilles ont l’habitude d’entendre. Bref… La variété et autres musiques modernes trop trafiquées à coups de synthétiseurs ne permettent pas de mettre en valeur les qualités du Earsonics SM3 V2.

Un tour de force pour un casque intra-auriculaire riche en qualités d’écoute audiophiles

Dans l’absolu, les Earsonics SM3 V2 réussissent un véritable tour de force, celui de vous permettre de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable sans vous donner un air de guignol. Avec un effet stéréophonique large et bien centré pour un casque, les SM3 V2 réunissent l’ensemble des qualités audiophiles que l’ont peu attendre d’un casque intra-auriculaire sans à avoir grand chose à envier à un casque haute fidélité de salon de haut niveau, seuls quelques Stax et autres Grado de prix similaires et plus élevés pourront vraiment concurrencer l’Earsonics mais vous aurez toujours l’air ridicule dans le métro, c’est certain. L’Earsonics SM3 V2 a surtout pour lui d’être très polyvalent et de pouvoir satisfaire l’audiophile exigeant en déplacement comme chez lui, en branchant simplement son casque sur la sortie de son lecteur CD ou son récepteur wifi et DAC préféré pour un résultat musical hors du commun pour un casque aussi petits par rapports aux monstres de salon.

@ bientôt,

Eric Mallet