Archive

Archives pour la catégorie ‘Enceintes’
15 Août

Quattro + de Pierre Étienne Léon, la quadrature du cercle et celle du son

PEL Quattro PlusManque de place ou facteur WAF limité (Woman Acceptance Factor), ou tout simplement pour établir un record technologique qui consiste à délivrer la bande passante la plus étendue possible vers le grave avec une petite caisse, les tentatives de création d’enceintes haut de gamme de petits formats n’ont pas manqué dans l’histoire de la haute fidélité. Elles continuent d’ailleurs de faire l’objet d’essais plus ou moins réussis. Dans le genre, beaucoup se souviennent sans doute (du moins pour les anciens audiophiles) de la série des ProAc Tablette Response qui, malgré un volume restreint, faisaient preuves de performances très étonnantes dans le grave mais elles se montraient surtout très gourmandes en watts. Elle présentaient d’ailleurs un rendement catastrophique (petits amplis s’abstenir). Si mon écoute des Grand Cru de Jefferson m’ont à nouveau confirmé qu’il était possible d’obtenir une paire d’enceintes compactes de haut niveau, avec du grave et avec un volume relativement réduit, c’est d’un autre phénomène de la haute fidélité qui a marqué son temps dont je voudrais vous parler, il s’agit « tout simplement » des Quattro + élaborées par notre facteur d’enceintes Pierre Étienne Léon.

Une paire d’enceintes plusieurs fois remaniée et qui  a marquée son temps

Si j’ai eu l’occasion de croiser plusieurs fois Pierre Étienne Léon au cours des salons parisiens de la haute fidélité, je pense que lui aussi, devrait finir par me reconnaître, ainsi que quelques autres, puisque finalement, on recroise toujours les mêmes personnes d’une année sur l’autre; c’est la magie des salons de la haute fidélité. Sage et rationnel au premier abord, Pierre Étienne Léon fait sans soute partie de ceux qui ne laissent rien paraître de la passion qui les anime et qui maîtrise parfaitement son sujet.

Quattro Pierre Etienne LeonProposées à un prix démocratique pour une paire d’enceintes qui a demandé autant de développement et d’intelligence de conception, la Quattro+ arrive à l’aboutissement d’un projet qui a sans cesse été remis sur le papier afin d’obtenir des résultats d’écoute toujours plus élevés. Le temps passe tellement vite car la première version de la Quattro, baptisée M1 date de 1986 !

Aujourd’hui, les années de recherche étant là, la Quattro + n’a plus rien à voir avec le premier modèle. Caisse de 2 cm d’épaisseur pour la rigidité, la Quattro + possède une seconde cavité qui accompagne la présence d’un second haut parleur configuré pour fonctionner avec le premier (seul visible sur l’avant de l’enceinte) selon un principe développé par Pierre Etienne Léon lui-même, c’est l’auto-régulation acoustique. Cela signifie qu’au lieu de faire un travailler un seul haut parleur de 14 cm, deux haut parleurs identiques fonctionnent l’un derrière l’autre. D’autres caractéristiques techniques spécifiques qui vous seront dévoilées sur le site de PE Léon complètent ma petite description.

La Quattro + est équilibrée, fine, dynamique et étonnante pour sa taille

Quant à l’écoute de ces petites Quattro +, je n’ai eu l’occasion de les apprécier que deux fois en salon. Je pourrais cependant revenir sur le compte rendu de Lionel Schmitt sur audiophilefr.com, un compte rendu d’écoute dont je partage les impressions pour la grande majorité d’entre elles.

Quattro PELL’écoute donne tout d’abord un espace stéréophonique large et plein, avec des timbres qui ont de la matière, une qualité que j’apprécie tout particulièrement. Le rythme est très vif et soutenu, avec un grave qui présente une ampleur vraiment étonnante quant on le compare à la taille de l’enceintes. Certes, les Quattro + ne descendent pas au 20 Hz d’un orgue de cathédrale mais les coups de grosse caisse d’un bon groupe de rock ou la partie basse d’une bonne section rythmique ne laissent rien dans l’ombre tout en s’intégrant parfaitement au reste du message. Enceintes très transparentes sans atteindre toutefois le niveau de détails des Maestral et sa finesse dans l’aigu, les Quattro + dévoilent l’entièreté du message musical et soulignent avec élégance les subtilités d’un morceau. Le médium s’avère très réussi et met parfaitement en valeur les voix masculines ou féminines, sans en rajouter. Les timbres sonnent vrais et sont bien marqués d’un instrument à l’autre, qu’il s’agisse d’un piano, d’un violon ou des arpèges d’une guitare.

Sans être l’enceinte d’un style bien au contraire, la Quattro + restitue toute la vie d’un orchestre symphonique ou d’un groupe de jazz-rock avec un dynamisme et une élégance rarement atteints par des modèles plus onéreux. Selon moi, c’est une véritable réussite que je marierais fort bien avec mes Goldmund SR 8 et SR 150 et du JPS Labs Superconductor 3 en câblage afin d’en retirer toute la vérité en termes de timbres, d’expressivité et de beauté sur les voix. Sinon, la nouvelle série Simaudio Néo pourrait parfaitement s’entendre avec ces petites enceintes, qui ne sont jamais petites que par leur taille.

La mise en place des Quattro + doit être soignée

A vrai dire, des enceintes compactes qui réunissent un tel ensemble de qualités, sans montrer de limites franches dans le grave tout en étant dynamiques sont à compter sur les doigts d’une seule main. Même le rendement des Quattro + affiché à 89 Db/w/mètre ne vous obligera pas à lui coller une amplification en double mono pour les faire chanter de la belle musique. Mais pour bien en profiter, laissez-les respirer dans une salle de 25 à 35 mètres carrés, sur des bons pieds bien lourds et bien lestés, parfaitement posés sur 3 plaquettes Symposium, histoire de leur extraire tout ce dont elles sont vraiment capables. Et à ce moment, vous vous direz certainement que vous n’êtes pas là d’en changer de si tôt puisque ce sont plutôt vos électroniques qui changeront avant elles !

Eric Mallet