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Archives pour la catégorie ‘Mes albums coup de coeur’
23 Août

Dark Tranquillity, la crème du métal suédois

dark tranquillityDark Tranquillity fait partie des groupes un peu à part car ses musiciens appartiennent à la classe de ceux qui font l’histoire du métal comme peu d’autres groupes savent le faire. L’histoire de DT remonte déjà 1989, on du mal à se dire que Dark Tranquillity a déjà 29 ans d’existence. D’abord connu au niveau local sous le nom de Septic Broiler, le groupe compose sa première démo en 1989 pour se pencher rapidement sur ce qui deviendra leur premier album avec Skydancer en 1993. Anders Firden, le chanteur de l’époque déjà charismatique, décide de quitter le groupe pour offrir ses services à In Flames alors que Mikael Stanne, l’ancien chanteur d’In Flames rejoindra Dark Tranquillity pour propulser le groupe vers le succès qu’il connait actuellement. Album très technique aux riffs très Death Métal et au chant compliqué, Skydancer va donner le ton mais c’est avec Projector que DT se fera mieux connaitre dans le monde du Métal suédois, un album un peu sombre mais plus percutant, avec quelques morceaux qui feront l’histoire du groupe comme Therein par exemple.

3 albums et un Dark Tranquillity au style clairement reconnaissable

The Gallery et The Mind’s Eye vont construire la réputation de Dark Tranquillity avec un Death Métal symphonique bien à eux, des morceaux remplis de contrastes et de riffs puissants, typiquement Death Métal, proche d’un Leprosy ou d’un Spiritual Healing sur certains morceaux. C’est aussi l’époque où le groupe va connaitre quelques changements de musiciens avec l’arrivée de Michael Nicklasson pour la basse et Martin Brändström pour assurer la partie clavier. C’est d’ailleurs un peu depuis DT que le clavier aura trouvé sa place dans les groupes de Métal, permettant d’instaurer des contrastes musicaux plus riches et plus créatifs qui feront avancer le genre. Pendant ce temps, Mickael Stanne continuera de faire évoluer le groupe avec un de mes albums préférés, c’est à dire Heaven.

Avec une place à part dans l’histoire du groupe, Heaven crée un tournant musical

Dark Tranquillity HeavenSi Heaven a un peu une place à part dans l’histoire du groupe c’est aussi parce qu’il marque un tournant pour le groupe, du moins à mon avis. Album bien produit, avec un son bien posé sur le médium où chaque instrument a sa place, c’est aussi un des albums les plus riches en émotion du groupe. Les riffs à 200 à la noire typiques du Death Métal un peu brut s’effacent pour laisser place à des mélodies très structurées, riches en émotion, avec des textes qui marquent l’esprit. Avec Heaven, Dark Tranquillity réinvente un peu le style et va plus loin par rapport à ce que l’on avait déjà fait à l’époque. Je passe assez vite sur Damage Done, un album qui a pourtant ses fans et qui renferme quelques perles mais qui est cependant mal produit, ce qui gâche énormément le plaisir, du moins à mon sens…

A l’opposé, l’album qui va suivre, Character, impose une puissance que l’on ne connaissait pas encore de la part du groupe de Göteborg. Puissant en effet, le groupe renoue avec un Métal brut, ponctué de riffs secs et violemment frappés mais la finesse DT est toujours bien là avec plusieurs morceaux qui secouent par leur textes très engagés comme Lost to Apathy ou Out of Nothing et d’autres. Character se termine par un My Negation qui laisse pensif et quelque peu songeur…

Character et Fiction, les albums DT de la modernité

Dark Tranquility album FictionSi Fiction (2007) marque un nouveau tournant dans la carrière du groupe, il s’inscrit en droite ligne de Character. Un peu moins complexe que ce dernier, Fiction est très direct, possède un son très neutre et très équilibré, comme dépouillé de certains artifices qui faisaient le charme de Character ou de Heaven mais avec des textes qui tantôt nous interpellent méchamment comme The Lesser Faith, Empty Me ou Misery’s Crown et tantôt s’embarquent dans une véritable fiction théâtrale avec Terminus, Inside the Particle Storm et le superbe Focus Shift qui sonne un peu comme l’hymne de l’album, un morceau particulièrement caractéristique du groupe. Sur le dernier morceau, Michael Stanne se laisse tenter par un chant en voix claire, une idée qu’il poursuivra sur les albums suivants.

Évolution et retour aux sources du Trash Métal

We are the Void arrive chez nous en 2012 et se situe un peu comme un retour aux sources du Métal sur le plan musical. DT album Construct 2013Si certaines intro très planantes au synthé sont toujours là pour rappeler la marque de Dark Tranquillity sur la question du son et du style, on se demande si le groupe n’a pas voulu revenir aux origines du trash avec certains riffs qui sonnent parfois comme des vieux Slayer et d’autres groupes de l’époque. The Fatalist, In my Absence ou I am the Void signent de nouveaux « classiques » du groupe alors que Shadow in Our Blood intrigue, un peu comme un morceau qui paraît tellement évident, tellement composé avec logique qu’il s’impose un peu comme une composition qui aurait toujours existée, avec un solo des plus classiques et des riffs élaborés avec une simplicité technique déconcertante. Sur le plan des textes, Michael Stanne s’en va parfois à l’opposé de ce qu’il dénonçait sur Character et Fiction, notamment avec des morceaux comme The Fatalist ou The Grandest Accusation, un peu comme s’il voulait illustrer tous les genres, toutes formes de positions. La tendance se confirme avec le dernier album en date, Construct.

Un album mature et innovant qui signe une nouvelle évolution

Construct s’avère très différent des derniers albums, avec un son moins fouillé mais plus global sans être très brut non plus; peut-être le mixage a t-il été trop rapide ou peu approfondi dans les détails. Album qui demande à être écouté longtemps pour en trouver toutes les subtilités, Construct signe une belle évolution pour le groupe. Sorti en 2013, Construct joue sur l’émotion et la surprise, avec des morceaux différents les uns des autres, s’essayant à différents rythmes ou styles encore peu exploités par le groupe. Rodé sur le plan technique depuis bien longtemps, Dark Tranquillity donne avec Construct l’idée qu’il peu encore évoluer sur des chemins et des voies musicales qu’on ne lui connaissait pas encore. Qui sait où le groupe de Göteborg nous emmènera au prochain album ?

Eric Mallet

17 Juil

Control Denied, en hommage à Chuck Schuldiner

Chuck SchuldinerChuck Schuldiner a toujours été ce genre de personnes à savoir parfaitement ce qu’il veut et à persévérer coûte que coûte dans ses projets les plus précieux, la musique et le métal en l’occurrence. Personnage charismatique, un peu comme un modèle à suivre pour un nombre incalculable de guitaristes; de par sa mentalité et sa virtuosité musicale, Chuck a toujours cherché à repousser plus loin les limites de son art, jusqu’à une perfection pourtant jugée inaccessible. Fondateur du groupe Death et d’un style vraiment extrême pour l’époque, Mister Schuldiner sélectionnait sévèrement les musiciens qui devaient entrer avec lui en studio ou sur scène. Sa quête de la perfection musicale ne devaient jamais cesser et je me rappellerais toujours le temps qu’il mettait sur scène à régler et re-régler son Marshall afin d’en retirer le son le plus parfait possible. Avec un Scream bloody Gore sans doute très brutal pour l’époque, Death sortira Leprosy puis Spiritual Healing tout en s’acheminant vers un « Death Metal » de plus en plus abouti, aux limites de la symphonie, avec des influences très marquées par le jazz et le classique dans chacun de ses solos.

Une discographie qui grimpe vers les sommets à chaque nouvel album

Chuck SchuldinerHuman puis Individual Thought Patterns se succèdent et marqueront les esprits. Ils laisseront paraître une virtuosité toujours plus présente avec, comme pour chacun de ses albums, des textes déterminés et bruts sur ses idées et les thèmes particulièrement pénibles qu’il voulait exprimer: la jalousie, la médiocrité, l’avortement, l’étroitesse d’esprit, la philosophie facile (The Philosopher) ou l’acharnement thérapeutique avec Suicide Machine par exemple.

Symbolic est arrivé un peu comme un pavé jeté dans la mare en repoussant encore ce qui semblait impossible à dépasser sur son dernier album. Avec un titre éponyme très posé, des rythmiques accrocheuses, un son plus structuré et quelques solos presque énigmatiques, l’album se dirige désormais vers une musique totalement sereine, avec une pointe de génie dans la composition. 1000 Eyes, Empty Words ou Zéro Tolérance posent le rythme avec une détermination toujours aussi forte dans les textes et les idées, parfois poussées aux limites du quatrième degré. Qui ne s’est jamais interrogé sur la signification profonde du titre Symbolic ou de Sacred Serenity n’est pas fan de Death ou alors, c’est qu’il n’aura pas compris la démarche de Chuck. A ce jour, Symbolic est resté un peu comme un monument du Death Métal qui donnera ensuite le ton vers d’autres styles, non pas plus complexes mais totalement différents, parfois avec le soutien d’un duo masculin/féminin au chant, vers ce qu’on appelle aujourd’hui le métal symphonique ou le black métal pour pousser vers l’extrême et dont je ne suis pas forcément très amateur pour ce style.

La maturité et la fin en apothéose pour Death

Chuck SchuldinerBien après Symbolic, Death est entré en studio pour enregistrer Sound of Perseverance, un album un peu déroutant et qui semblait parfois privilégier la technique pure par rapport à l’émotion musicale. Cela reste pourtant relatif à l’écoute de certains morceaux comme Story to tell, Voice of the Soul ou A moment of Clarity avec un solo de Chuck qui vous remue les tripes – simple, direct et profondément émouvant. Inutile de revenir sur la reprise monumentale de Pankiller par Judas Priest, un véritable petit bijou. Chuck décida ensuite de se consacrer totalement à la guitare pour produire le premier album de Control Denied. Avec une formation composée de Steeve Digorgio, Shannon Hamm et Richard Christy, il accueillera Tim Aymar au chant. Avec une voix claire et totalement différente des classiques de Death, Tim y trouvera rapidement sa place. Pour ce nouveau groupe, Chuck Schuldiner composera certainement les meilleures rythmiques et solos qu’il n’a jamais composé, un peu comme si son talent ne pouvait souffrir de limites. Personnellement, cet album reste pour moi le meilleur album de Heavy métal jamais composé, la technique de composition est tout simplement parfaite.

Un album sans limites de pur Métal , le seul en son genre…

Intitulé The Fragile Art of Existence, le premier et le second morceau de cet album hors du commun, Consumed et Breaking the broken, donnent déjà le ton avec une richesse technique encore jamais réunie dans un seul album de Heavy Métal. Complètement hors du temps, les morceaux se succèdent et on ne comprend toujours pas comment un seul groupe a su composer autant de chef d’œuvres d’un seul tenant. What if ? constitue un point culminant de l’album avec un solo parfaitement composé par le biais d’un Harmonizer qui vous catapulte dans un autre monde. Ponctué d’une rythmique tranchante et organisée avec le génie de composition d’un véritable extraterrestre du heavy métal, The Fragile Art of Existence, un morceau de 9:38, s’affiche comme une conclusion monumentale à l’œuvre d’un guitariste hors du temps puisque Control Denied ne partira jamais en tournée. A l’époque, Chuck (Charles Mickaël Schuldiner) était gravement malade et souffrait d’une tumeur au cerveau. Il s’est éteint le 3 décembre 2001, malgré des dons venus du monde entier pour payer les frais médicaux qui avaient donnés suite à son hospitalisation.

Chuck SchuldinerChuck Schuldiner restera dans nos mémoires comme un pionnier du genre, un guitariste dont le talent n’avait d’égal que la gentillesse et l’intelligence. Un peu comme moi, Chuck ne supportait pas l’injustice et l’hypocrisie car il cherchait sans cesse la perfection en tout, peut-être la voyait-il vraiment en chacune de ses compositions ? Durant la tournée Symbolic, Chuck s’est adressé au public, lui demandant s’il connaissait le nom du prochain album. Devenu expert en forum métal underground, j’étais le seul à pouvoir le dire. Pendant Empty Words, Chuck s’est placé juste devant moi pour y jouer le solo avec la même perfection que s’il l’avait réalisé en studio pour enregistrer l’album. Finalement, c’est un peu ce genre de souvenirs anecdotiques qui vous font avancer. Chuck était devenu bien plus qu’un guitariste de génie, c’était quelqu’un qui plaçait l’honnêteté et le respect de soi avant toutes choses, des qualités nécessaires au respect et à l’honnêteté envers les autres. C’est sans doute la meilleure chose que l’on puisse dire de lui.

Eric Mallet

15 Mar

Scorpions: Retraite active pour les stars du rock allemand

scorpionsÇa y est, on les croyait retraités, une nième tournée d’adieu aurait sans doute précipité les Scorpions dans les annales de l’histoire du rock pour l’éternité mais la tentation de sortir un nouvel album était sans doute trop forte, d’autant plus qu’il s’agit aussi de l’anniversaire du groupe qui fête cette année ses 50 ans d’existence. Comme trop peu le savent encore aujourd’hui, Scorpions a bel et bien débuté en 1965, et seuls les fans les plus mordus du groupe pourraient peut-être nous citer leurs premiers morceaux de mémoire.

En effet, ces premiers morceaux datent de 1972, année de sortie du premier album intitulé Lonesome Crow; preuve s’il en est que les meilleurs artistes ont toujours besoin d’un peu de travail et de maturation pour arriver à leurs fins. Toujours est-il que c’est en 1974 que Fly to the Rainbow – un nom quelque peu prédestiné – va véritablement lancer la carrière des Scorpions à l’international et qui leur donnera la carrière qu’on leur connait depuis…

Une carrière discographique qui explore toutes les facettes du rock et du hard rock

Un an plus tard, en 1975, sortira In Trance, album plus riche que le précédent et dont le titre lui-même deviendra un grand classique de la formation rock allemande. Il sera repris par le groupe plusieurs dizaines d’années par la suite, en concert et en acoustique. Premier album produit par Dieter Dierks – producteur de plus en plus contesté mais qui les suivra longtemps, notamment pour Savage Amusement entre autres – In Trance lance les Scorpions sur les pavés du hard rock à l’allemande et à l’internationale, caractérisé par les rythmiques tranchantes des frères Schenker, une section rythmique très classique mais qui tient le groupe avec solidité, et les vocalises typiques de Klaus Meine, fidèle chanteur du groupe depuis 1969. Avec autant de qualités dans un seul groupe, les Scorpions ne pouvaient en récolter qu’un succès bien mérité. L’histoire du groupe, ponctuée de morceaux très rocks, souvent proches du heavy métal et de ballades connues dans le monde entier, ne fera que confirmer ce que l’on attendait d’eux sur le plan artistique et musical.

Scorpions, une des plus grosses carrières de l’histoire du Hard Rock

scorpionsLe temps passe et les albums à succès planétaires se suivent. C’est le cas de Virgin Killer avec une tournée mondiale retentissante en première partie de Kiss en 1976, puis Taken by Force en 1977, un premier live avec Tokyo Tapes en 1978 puis viendra l’arrivée d’un tournant musical avec le départ d’Uli Jon Roth et l’arrivée de Matthias Jabs qui donnera son « coup de patte personnel » au groupe. Lovedrive constituera un des plus grands albums des Scorpions, bientôt suivi d’Animal Magnetism en 1980, deux albums bourrés de tubes et très appréciés par les fans. Après un grave problème de santé qui aurait pu couper net la carrière de Klaus Meine, Scorpions revient avec Blackout, un véritable monument artistique du genre.

Love at First Sting et Savage Amusement contribueront à renforcer le succès mondial du groupe, tantôt encensé aux USA, tantôt en Europe. Début des années 1990, Crazy World – produit par Keith Olsen – marque un tournant pour les Scorpions avec leur séparation (sans doute plus que nécessaire) de Dieter Dierks. Album plus trempé, Alien Nation enfonce le clou version hard rock comme seuls les Scorpions savent le faire. D’autres albums comme Face the Heat, Pure Instinct ou Unbreakable suivront, sans oublier un Humanity qui a son mot à dire, même si on commence à sentir la fin de carrière des Scorpions arriver tout doucement… On retrouve un peu la même impression avec un Sting in the Tail qui offre certainement quelques bons morceaux, très caractéristiques de leur style . En 2010, Scorpions pèse un peu plus de 100 millions d’albums vendus à travers le monde, un record !

Une retraite annoncée pour les Scorpions mais toujours différée

Le 23 janvier 2010, l’annonce d’une fin de carrière des Scorpions est annoncée sur leur site Internet, après leur dernière tournée mondiale. En 2012, revirement de situation, le groupe poursuit son œuvre  et renonce aux adieux avec une tournée mondiale qui totalise près de 200 dates à travers le globe. Fin 2012, le groupe confirme qu’il ne va pas s’arrêter en si bon chemin et qu’il continuera sur sa lancée. Fin 2013, de nouvelles dates de concerts sont annoncées par le groupe.

Un peu comme l’animal dont il porte le symbole, les Scorpions résistent à tout, et au temps qui passe. Scorpions Return To ForeverLe 23 octobre 2014, Klaus Meine annonce au fan club francophone Crazyscorps qu’ils enregistrent un nouvel album; sortie prévue pour mars 2015 et pour fêter dignement les 50 ans du groupe, une longévité très rarement atteinte par d’autres. Songez tout simplement que de nombreux hommes et femmes n’atteignent jamais cet âge et vous comprendrez à quel point une carrière musicale si longue peut surprendre… Ce nouvel album s’intitule Return to Forever, 17ème album du groupe allemand. Si les différentes compositions de l’album sont écrites entre 2011 et 2014, l’enregistrement et la production se tiendront en Suède, sous la direction de Mikael Nord Andersson et Martin Hansen. Temporairement écarté du groupe en 2014, James Kottak revient alors derrière la batterie pour enregistrer l’album.

Un album de hard rock magistral après 50 ans de carrière

A la première écoute de ce Return to Forever qui nous laisse penser qu’ils ne s’arrêteront jamais, on peut se sentir heureux de ne plus être en 1969 mais bien en 2014. En effet, la production est une des plus propres et des plus fouillées en détails que le groupe a pu produire de toute sa carrière musicale. Avec cet album, on sent que l’évolution des convertisseurs numériques est passée par là, et ça fait du bien 🙂 Très naturel, avec des basses bien assises sans être lourdes, des guitares superbement saturées, la voix de Klaus est bien à son aise. On sent rapidement qu’ont est en présence d’un très bon album des Scorpions. Sans vouloir trop m’étendre sur l’album lui-même, disons que la sauce continue de prendre avec des morceaux qui sonnent très hard rock façon Scorpions mais très classiques toutefois, avec un soupçon de blues particulièrement agréable. Avec Return to Forever, on est assez loin des rythmiques tranchantes d’un Crazy World mais on est beaucoup plus proche d’un grand classique du rock (et c’est tant mieux).

Scorpions Toulouse Klaus MeineComme à son habitude, le groupe nous sert quelques morceaux aux textes assez légers mais très agréables à écouter, avec un grand single – We Built This House – qui met de bonne humeur et nous donne envie de chantonner avec Klaus Meine, mais aussi d’autres titres au sens plus grave – When the Truth is a Lie, Who we are… – afin de nous rappeler qu’une chanson peut bien souvent, faire passer un message plus sérieux qu’il en a l’air. Pur moment de hard rock bien trempé, très blues mais avec de clairs rappels aux anciens albums sur le plan musical, ce Return to Forever est une très belle surprise de ce début d’année 2015, avec un nouveau souffle et une très belle créativité pour un des plus vieux groupes du rock; à croire que les Scorpions ne raccrocheront jamais les gants.

Quand tu crois qu’il y’en a plus, y’en a encore !

Préparez-vous, 50 dates de concert sont d’ors et déjà programmées dont plusieurs concerts en France (Lille, Paris, Clisson, Hérouville Saint Clair, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Grenoble). Quant à moi, je vous donne rendez-vous à Lille le 21 novembre 2015… Rock on !

Eric Mallet

13 Fév

Vanessa Carlton, la perle du jazz américain

Vanessa CarltonTout d’abord, on pourrait vraiment s’étonner du peu de reconnaissance que Vanessa Carlton a reçu en France et c’est d’autant plus étrange que c’est vraiment une très grande artiste du jazz américain. En effet, si Vanessa Carlton n’a pour l’instant sorti que quatre beaux albums, on peut compter sur elle pour nous faire de la belle musique encore bien longtemps. Son œuvre reste encore trop peu connue en France et c’est vraiment dommage.

Découverte réalisée en vacances, au cours d’une soirée, j’aimerais donc vous parler de  son premier album Be not Nobody en particulier mais tout d’abord, qui est cette jeune fille au talent déjà si affirmé pour la musique et le jazz avec un soupçon de pop rock si particulier ?

Vanessa Carlton est naturellement douée pour la musique et la danse

Née en 1980 en Pennsylvanie, Vanessa est pianiste comme sa mère, elle-même professeur de musique. Musicienne et danseuse classique, elle décida à 19 ans de se consacrer à la musique et d’abandonner la danse. Be not Nobody est sorti en 2002 et fit un véritable carton avec plus de 100000 exemplaires vendus. Par la suite plus de 3,5 millions de disques furent vendus dans le monde entier. Avec 3 singles qui on fait le tour du monde, Be not Nobody renferme également une très belle reprise de Paint it Black. Je ne vous ferais pas l’affront de nommer l’artiste original. Après plusieurs albums dont Harmonium ou Rabbits on the run, Vanessa Carlton prépare un nouvel album, Liberman, qui sortira cette année, en 2015…

Vanessa carlton be not nobodyÉcouté sans plus d’attention (et ça serait bien dommage), on imagine facilement que Vanessa œuvre principalement pour le registre jazz… En réalité, ce premier album serait plutôt le fruit d’un savant assemblage de jazz, où la maîtrise tranchante du talent pianistique de l’artiste ne fait aucun doute, et de pop rock où viennent se mêler quelques cordes, avec parfois un soupçon de guitare électrique et rythmique très discret mais franc. Si la batterie atteste souvent d’un rythme vif et d’une caisse claire cinglante sur la majorité des morceaux, elle se marie à l’unisson avec ses notes de piano d’une vigueur intense… Vanessa donne le ton et ça ne plaisante pas !

Ordinary Day est une belle histoire, pleine de fraîcheur, tout comme la voix de Vanessa, tantôt tendre, tantôt un brin énigmatique mais toujours si joyeusement posée en harmonie avec les accords de son clavier. L’on en vient à partir avec elle sur ce Thousand Miles pourtant faussement mouvementé, lorsque les distances ne veulent rien dire. L’orchestration de ce premier album est d’ailleurs un véritable chef d’œuvre qui donnerait aisément des leçons à bien d’autres artistes. C’est un peu comme si, avec une étonnante facilité, Vanessa Carlton nous emmenait en voyage sans que l’on bouge pourtant d’un pouce… Tout se passe en imagination, des phrases et des images plein la tête, plein les yeux…

Un album d’une richesse musicale particulièrement réussie

Plus tranquille, posé ou plutôt reposé comme une méditation zen, Pretty Baby étonne par un mixage quasiment parfait en studio, tout en faisant ressortir parfaitement la mélancolie qui s’installe. vanessa carltonRinse est beaucoup plus sombre, plus noir et pourtant… Vanessa Carlton nous emmène encore vers d’autres horizons, même si un soupçon d’aigreur, de fraîcheur et de mélancolie (encore !) teinte en toile de fond chacun de ses morceaux. Sway donne le vertige, on navigue sur une ambiance pop et jazzy trop belle pour être vraie, et pourtant… Paradise nous prend tout entier et l’on s’interroge un peu sur soi, sur le présent et au fond, sur la vérité qu’elle nous souffle à l’oreille: souviens-toi que d’autres sont loin d’y être, même si Vanessa ne nous fait aucun reproche.

Prince, c’est un peu l’archétype jazzy du morceau. Les cuivres s’affolent, la basse nous remue les tripes, le rythme secoue, endiable et nous prend avant de nous lâcher sans corde de rappel. On tombe, on se reprend avec cette impression de repartir en trombe en ayant perdu les freins. La reprise de Paint it black est magistrale, Vanessa Carlton est talentueuse, difficile d’ajouter quoi que ce soit d’autre, sinon de vous conseiller tout simplement d’acheter l’album. Vanessa tourne en boucle à la maison mais on ne s’en lasse pas…

Eric Mallet

Site officiel : http://www.vanessacarlton.com/

07 Déc

Russel Allen, Jorn Lande: The Great Divide, pur Heavy Métal

allen lande the great divideNon, je ne vous ferais pas le coup du « s’il fallait en retenir qu’un ça serait celui-ci » puisque de toutes évidences, un grand nombre de bons albums se succèdent encore dans la petite sphère du hard rock et du Heavy métal. Toujours est-il qu’on se demande parfois s’il existe encore quelqu’un qui fait vraiment du Heavy, à part peut-être Iced Earth, Primal Fear ou Iron Savior alors qu’une quantité incalculable de petits groupes de grands talents ont tant de mal à percer. Loin des sempiternelles chansons de faux airs d’opéra douteusement mariés à des beuglements de Death métal mal maîtrisés si vous voyez ce que je veux dire, il m’arrive encore – parfois – d’être surpris par un bon album de pur Heavy Métal.

Le dernier en date s’appelle The Great Divide, quatrième album commun de Russell Allen (chanteur de Symphony X) et de Jorn Lande (vous savez, le gars qui se prend pour Dio…) et c’est un véritable petit bijoux de Métal bien composé, aux solos parfaitement maitrisés et produit par quelqu’un qu’on ne présente plus (même si parfois il ne fait pas que des merveilles), c’est à dire Timo Tolkki, surtout à la guitare où il excelle parfaitement.

Une collaboration musicale qui nous donne un excellent album bourré d’énergie

Allen Lande the revengeEn effet, Russel Allen et Jorn Lande ont déjà collaboré sur trois albums, The Battle, The Revenge et The Showdown en 2010. Si ces trois albums n’attirent pas sensiblement l’oreille par leur originalité, certains morceaux sont bien composés et souvent bien chantés même si on reste loin de l’intrigant The Great Divide. Arrivé comme un ovni, même s’il est passé presque inaperçu dans ce déluge de sons un peu trop dominé à mon goût par des Epica et autres groupes de Métal gothique qui ne savent plus se renouveler, The Great Divide surprend par l’énergie et la beauté des compositions qu’il sait mettre en place.

Le premier morceau, Come and dream with me surprend déjà par un riff énigmatique, composé une tierce trop haut (peut-être à dessein) mais qui annonce la couleur, Allen et Lande sont bien décidés à nous en f**tre plein les esgourdes (et on ne demande pas mieux). Un second titre nous plonge alors dans une ambiance plus Power Métal que heavy à proprement parler alors que l’ambiance semblent s’acheminer vers plus de lyrisme. In the hands of time et Solid Ground nous apportent deux belles composition, Jorn est particulièrement en forme sur cet album. La guitare de Timo Tolkki vous prend toujours par les les tripes et la puissance de ses solos, du tout bon en perspective pour le reste de l’album…

Quelques bons morceaux de pur Heavy Metal font dans le genre « épique »

allen landeEn effet, Lady of Winter s’impose comme un hymne avec une force de composition et un lyrisme tellement fort qu’il en ferait trembler ceux qui se disent plus « symphonic metal » les uns que les autres. Même si on le savait bon chanteur, Jorn impose un chant puissant et symphonique dont on aura du mal à se remettre pour la suite de l’album. C’est puissant et symphonique en même temps, certains diront « épique » mais le terme est devenu tellement galvaudé qu’on ne sait plus vraiment à quoi cela fait référence. 6ème morceau et sa se calme un petit peu, on revient vers les canons du heavy métal même si on aurait pu regretter que le reste de l’album ne soit pas aussi puissant que ce stupéfiant Lady of Winter mais peu importe, nos deux gaillards ont d’autres cordes à leur arc…

Dream about Tomorrow vient calmer l’ambiance même si les riffs de Tolkki (aidés par une production et un mixage quasi-parfaits) viennent imposer leur rythme. The Great Divide, chanson titre de l’album est un excellent morceau, parfaitement orchestré; l’album se termine ensuite sur un slow à la sauce métal tout aussi réussi sur le plan musical. Alors foncez, courrez acheter cette petite pépite de Heavy, surtout si vous êtes amateur de Jorn ou de bon métal, tout simplement…

@ très bientôt pour d’autres articles très heavy, hardware ou plutôt softs…

Eric Mallet