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Archives pour la catégorie ‘Métal Gothique’
07 Mai

Neverworld’s End de Xandria, le nouveau souffle du métal gothique !

Xandria Neverworld's EndAprès plusieurs années d’absence, Xandria revient en grande forme avec un album particulièrement riche au nom « gothiquement » évocateur de Neverworld’s End. Xandria avait déjà sorti quelques albums avec une autre chanteuse de talent tout en élaborant un grand nombre de chansons originales et particulièrement agréables. L’inspiration celte et orientale reste encore très présente avec ce nouvel album tout en puissance et en émotion. La voix de Manuella Kraller possède une force absolument exceptionnelle, encore jamais entendue dans le genre.

Sa faculté à apporter une puissance de chant hallucinante dans l’aigu vous fait dresser les poils sur les avant-bras. En effet, la nouvelle chanteuse de Xandria remplace aujourd’hui Lisa Middelhauve avec laquelle Xandria a signé ses quatre premiers albums: Kill the Sun, Ravenheart, India en 2005 et Salomé – The Seventh Veil en 2007. C’est en 2008 que Lisa Middelhauve quitta le groupe pour des raisons qui lui étaient propres. Sa remplaçante, Kerstin Bischof ne restera que peu de temps au sein du groupe pour être remplacée à son tour par Manuella Kraller, presque un an après le départ de Lisa Middelhauve.

Un nouvel album parfaitement équilibré entre une rythmique puissante et la voix lyrique stupéfiante de Manuella Kraller

XandriaNeverworld’s End représente un véritable renouveau pour le groupe, qui profite aujourd’hui de la beauté et de la force exceptionnelle du chant de Manuella Kraller. Cependant, Manuella est loin d’être seule et de supporter le groupe même si elle en est la superbe égérie. La section rythmique de Xandria est parfaitement tenue par Gerit Lamm à la batterie dont le niveau technique, sinon la richesse du jeu, ne cesse d’impressionner. La basse de Nils Middelhauve (tiens… comme c’est étrange !) soutient le rythme avec une force peu commune alors que les riffs particulièrement tranchants de Philip Restemeier viennent donner un ton très Power Métal à l’ensemble du groupe. Enfin, Marco Heubaum (guitares et claviers) apporte une touche celtisante et orientale particulièrement bien maîtrisée.

Manuella Kraller XandriaSur le plan technique, c’est un sans faute pour Xandria, on reconnait d’ailleurs facilement le jeu et l’évolution du groupe avec ce cinquième album. Sur le plan musical, Xandria sort le grand jeu et nous mène tour à tour dans le déchaînement d’une furie puissamment orchestrée à un ensemble de mélodies particulièrement pointues et envoûtantes.

Dès le premier morceau de l’album, on entre de plein pieds dans un métal symphonique de haut niveau qui nous laisse présager du meilleur et la voix de Manuella Kraller s’installe solidement et en finesse. Une partie du chant est en latin comme le veut le style mais ce qui étonne (et qui décide un grand nombre de fan de métal à l’achat) ce caractérise surtout par cette montée lyrique très haut dans l’aigu de la nouvelle chanteuse du groupe. Cerise sur le gâteau, elle maîtrise parfaitement et tiens la note très haut sans faillir ni même présager l’ombre de la moindre difficulté à l’exercice. Ce « Prophecy of Worlds to fall » nous prévient directement sur la nature particulièrement épique et grandiose du nouvel album.

XandriaLe second morceau et single de l’album « Valentine » continue de surprendre. D’abord par la puissance de sa section rythmique qui colle parfaitement à celle de Manuella. Ça commence à secouer sévèrement et on se prend à monter le volume plus que de raison. Ce « Valentine » traduit le thème d’un acteur complètement pris par son personnage, ne pouvant plus vivre que dans une névrose proprement destructrice. Le thème parfaitement torturé du refrain rappelle furieusement le déséquilibre psychologique de l’acteur de théâtre shakespearien où transpire le dilemme inspiré par le dramaturge au sujet de la crise d’identité et du voyage intérieur qui tourne mal, très mal. « Forevermore » pose et assagit le rythme pour laisser à nouveau la voix de Marcella Kraller s’exprimer avec une palette de contrastes tout à fait surprenante. Survient « Euphoria » puis « Blood on my Hands« , un véritable bijou de métal gothique qui résonne comme un des meilleurs refrains du genre où se mêle un accent de Power Métal très affirmé. « Soulcrusher » revient à des rythmiques puissantes, aiguisées, tranchantes et ne nous laissent plus le temps de souffler.

Neverworld’s End s’affirme comme un parfait mélange entre puissance rythmique et lyrisme gothique

Finalement, Neverworld’s End est une excellente surprise, synonyme de puissance, de lyrisme et d’une certaine richesse intellectuelle des textes qui ne fait que ponctuer avec justesse la stupéfiante maîtrise vocale de Manuella Kraller, faisant d’elle, la voix la plus affirmée du genre, une véritable leçon à ceux qui regrettent la grande époque de Nightwish, aujourd’hui tournée au ridicule par une chanteuse qui n’a plus rien de lyrique ou d’un Epica qui fini par tourner trop souvent à la rengaine et au déjà-vu, déjà entendu.

Faut-il ajouter que Manuella Kraller est parfaitement à sa place sur scène et pas seulement derrière un micro en studio. Sa gentillesse et sa modestie naturelle n’ont fait qu’ajouter au plaisir immense de la rencontre avec une grande chanteuse lyrique très modeste quant à son talent après un concert mémorable, parfaitement ponctué par la reprise d’un « Ravenheart » que tous les fans attendaient.

Eric Mallet

01 Mai

The Flame Within, la passion musicale au sens premier du terme

Stream of Passion, The Flame withinSecond album de Stream of Passion, la succession au premier album du groupe – un peu plus tourné vers l’expérimentation et les mélodies planantes ou langoureuses – laisse place à la magie d’une voix, celle de Marcela Bovio, artiste chanteuse particulièrement douée et à ce titre, vecteur d’émotion absolument parfait. The Flame Within (c’est le titre de l’album) annonce déjà que le feu sera mis au poudre, comme les flammes passionnées et généreusement prodiguées par Marcela Bovio et son groupe. Avec des titres plus nerveux mais toujours parfaitement composés sur un modèle qui rappelle le déconcertant Out of the Real World, Stream of Passion envoûte et nous emmène dans un voyage musical brûlant de saveurs, de contrastes et de puissance où s’allient chaudement  la voix de Marcela Bovio aux riffs aiguisés de guitares mordantes et d’une basse aux notes solidement prodiguées, épaulées par une section rythmique furieusement maîtrisée.

Les concerts de Stream of Passion sont plus riches en émotion grâce à la voix de Marcela Bovio

Marcela Bovio Stream of PassionA l’heure actuelle, Marcela Bovio est une pure révélation du Métal Gothique, la voix d’une sirène échappée d’un océan dont on a perdu la trace depuis longtemps. Il y a fort à parier qu’Ulysse soit tombé sous l’envoutement d’une telle divinité, nul ne pourrait résister, pas même le maître d’Ithaque, et votre serviteur encore moins. La voix de Marcela ensorcelle et change des sempiternels canons du genre, des Tarja ou autres chanteuses sans personnalité perdues dans leurs névroses pathétiques.

La voix de Marcela Bovio est unique en timbre, en beauté posée et reposée sur une énergie qui ne demande qu’à monter progressivement vers l’aigu où elle excelle. Si The Art of Loss nous emmène déjà dans un monde d’harmonies et de beauté lyrique, In the End surprend par des contrastes superbement marqués entre une mélodie qui vous prend au corps et la divine beauté acoustique de Marcela Bovio. D’une mélodie astucieusement nerveuse, on plonge dans un silence abyssal où ne subsiste que la voix de notre chanteuse. Now or Never enfonce le clou comme une démonstration de force en accord avec l’intelligence d’un texte profondément pesé et qui interpelle chacun d’entre nous, à un moment ou un autre de notre existence.

Marcela Bovio Stream of PassionWhen you Hurt Me the Most s’impose comme l’archétype des canons du métal gothique, un modèle sur lequel les autres trouveront leur inspiration. Morceau somptueux de présence qui déchaîne à la fois une force, une angoisse, une tristesse et une beauté intense, Run Away semble suivre la même inspiration où le calme semble attendre la tempête. Games we play annonce l’arrivée de la foudre, l’intensité des émotions augmente crescendo. En cela, The Flame Within s’adresse à tous. Synonyme de colère et d’apaisement, chaque titre évoque à la fois la tristesse, l’incompréhension ou le déchaînement furieux devant l’injustice et l’absurdité apparente des pires moments ou des plus intenses beautés de l’existence. Chaque morceau est un moment de passion, au sens premier du terme, l’expression non pas d’une souffrance mais plutôt d’une palette colorée de sentiments violents, du noir le plus profond au rouge le plus intense, un rouge ardent qui consume pour ne plus rien laisser.

The Flamme Within souligne parfaitement les contrastes du métal gothique

Let me in agit comme un sursaut, un élan de bonheur contenu et contrasté, un intense moment de satisfaction, Marcela joue sur nos émotions. Street Spirit monte progressivement vers des sommets lyriques insoupçonnés, un instant paisible vers lequel chemine un chant qui nous donne la chair de poule, à l’instant de l’acmé d’un Confines your soul qui nous fige en touchant nos sens les plus profonds; Marcela atteint notre âme à ce moment sacré de l’album. Darker days, l’album suivant The Flame Within, se révèle encore plus travaillé, toujours aussi vif et pourtant délicat, il fait preuve d’une belle avancée lyrique et d’une progression tout à fait stupéfiante sur le plan musical.

Marcela Bovio est unique car son groupe est passé maître dans l’art de traduire des rythmiques parfois tellement entendues qu’elles nous paraissent souvent familières à la première écoute, comme si Stream of Passion nous accompagnait déjà depuis le premier instant. Merci à Stream of Passion et à Marcela Bovio d’être aussi merveilleuse pour nous avoir tellement donné sur un si court moment, dans un toute petite salle pour un concert grandiose.

Eric Mallet