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Archives pour la catégorie ‘Tests de câbles et produits haute fidélité’
04 Déc

Casque intra-auriculaire Final Audio Adagio III

detail_main006_adagio-iiiDe retour depuis peu du salon Haute Fidélité parisien qui m’étonne un peu plus tous les ans pour la qualité des écoutes qu’il propose (même si des râleurs diront sans doute le contraire), je reprends la plume pour vous faire part d’une belle découverte, le temps de terminer la refonte des photos de l’exposition. Cette découverte a pris la forme d’un casque intra-auriculaire de la marque Final Audio Design, modèle Adagio III pour être précis. Mon Earsonics SM3 V2 étant en attente de réparation, cela faisait quelques semaines que je patientais, dans l’attente de tomber sur un casque intra-auriculaire de très bonne qualité, sans toute fois atteindre le prix de mes Earsonics. Mon attente pris fin en écoutant presque par hasard, cet Adagio III de Final Audio Design, d’allure assez discrète mais pourtant très sympathique au regard. Reste à savoir ce qu’il pouvait donner à l’écoute.

Si cette entreprise n’est pas récente, Final Audio Design est une marque japonaise créée en 1974 par Kanemori Takai qui se distingua tout d’abord dans la fabrication de cellules pour platines analogiques, amplificateurs et enceintes acoustiques avec un talent très rapidement reconnu par ses pairs. Ce n’est qu’en 2007 que la marque commencera à s’intéresser de prêt à la fabrication de casques audio, notamment de l’Adagio III que je vous présente ici en test !

Test des Adagio III de Final Audio Design

Adagio III Final Audio DesignDe cette marque japonaise, je ne connaissais pas grand chose, à part quelques vagues critiques mettant en avant le côté assez spécifique des modèles Heaven V sur l’aigu, les recommandant pour le classique ou le jazz. J’ai maintenant plutôt l’impression qu’il s’agit d’un avis un peu trop tranché sur la question. Durant les premières secondes d’écoutes, j’ai surtout perçu les basses un peu lourdes d’un casque qui n’avait jamais fonctionné auparavant mais ces 20 premières secondes m’ont surtout convaincu que j’avais une véritable petite merveille logée entre les oreilles.

C’est surtout la qualité de toute la plage médium qui surprend le plus avec ce petit casque. Du bas médium aux limites de l’aigu, cet Adagio III déploie une vitalité et une justesse de timbres absolument remarquable, surtout au prix où il est proposé, c’est à dire aux alentours des 70€. A ce tarif, bien peu de concurrents savent en faire autant. Les Jays par exemple, arrivent loin derrière, avec un son plus neutre mais aussi moins plaisant. Corollaire de cette qualité inattendue, la transparence est de haut niveau, on entend très clairement le bruit de fond de vieux albums CD qui n’ont pas été totalement enregistré en numérique, le bruit de fond d’un Mac sur lequel je les avais branché était d’ailleurs nettement audible. Je ne percevais pas ce bruit sur un casque de petite qualité qui me servait un peu de casque de secours. Par exemple, les applaudissements du public sont très clairement distincts et ne ressemblent en rien à une pluie fine, contrairement à d’autres casques concurrents de la même veine.

Un médium de toute beauté avec des voix parfaitement articulées

Adagio III caractéristiquesLes voix sont également superbes de réalisme, avec une articulation parfaite qui, au risque de me répéter, étonne dans cette gamme de prix. Sur du Vanessa Carlton, c’est tout simplement magique. Je me surprends même à redécouvrir le timbre de cette étonnante chanteuse américaine. Tout d’abord testé au salon même, sur le premier album de Stream of Passion, la voix de Marcela Bovio est frappante de réalisme et d’émotion. La moindre inflexion de sa voix envoutante libère une expressivité hors du commun, c’est tout à fait saisissant de véracité. Pourtant, il me semble bien difficile d’y voir une coloration, plutôt une expression rafraichissante des couleurs de toutes les musiques que pourrait chanter cet étonnant Adagio III. A vrai dire, la bande passante de l’Adagio III s’avère particulièrement étendue du grave à l’aigu, sans rupture ni effet de masque du grave sur le bas médium. Tout est clair et net, tout s’entend et se savoure avec un plaisir non contenu.

Le grave étonne également par sa capacité à descendre bas lorsque du grave est réellement présent sur le disque, contrairement à une majorité d’intra proposés dans cette même gamme de prix. On en revient à une justesse des timbres confondantes avec un piano ou une contrebasse non seulement parfaitement timbrés avec un grain aisément reconnaissable mais aussi avec une liberté d’expression particulièrement agréable. C’est net, ça respire profondément, avec à l’opposé du spectre, un aigu tout aussi bien détouré, précis et parfaitement timbré. La dynamique de chaque morceau est également parfaitement transmise par l’Adagio III mais sans excès, le rythme est tout simplement juste. C’est puissant sur du Heavy métal, harmonieux et vif sur du jazz ou du classique. Le phrasé et le suivi harmonique d’un solo de guitare s’avère particulièrement expressif, très proche des intentions du guitariste.

L’Adagio III est remarquable malgré des petits défauts qui s’entendent par les plus perfectionnistes

Finalement cet Adagio III de Final Audio Design est une petite merveille même s’il ne sait pas tout faire. En effet, s’il est imbattable sur la justesse des timbres, la fraicheur du rythme et la puissance musicale qu’il sait habilement reproduire, l’image stéréophonique est très correcte en largeur mais beaucoup moins en profondeur. A titre de comparaison, l’Adagio III est largement battu par des Earsonics sur ce plan mais pour le reste, il est capable de donner de belles leçons à nombre d’intra-auriculaires concurrents, même parfois à des prix plus élevés. Autre petit point faible que j’ai eu l’occasion de remarquer au fil de mes écoutes concerne curieusement le son d’une rythmique guitare saturée sur du Métal, pas toujours reproduite avec exactitude ni avec la matière caractéristique des amplificateurs à lampes lorsqu’ils sont chauffés à blanc. Étant moi-même guitariste, ce détail me saute aux oreilles assez rapidement. Et malgré ce léger manque de matière dans le médium aigu, il s’agit d’une véritable réussite à un prix encore raisonnable, surtout pour ceux qui veulent s’offrir un casque intra de qualité sans y mettre 150 ou 200€.

Méfiez-vous également de la commande de volume si vous voulez conserver votre audition en bon état. L’impédance réduite de 16 ohms de l’Adagio III associée à une sensibilité (réelle !) de 100 dB est largement suffisante pour alimenter n’importe quel amplificateur, même de faible puissance. A ce prix et avec ces qualités acoustiques, je ne pourrais que recommander ce remarquable Adagio III de Final Audio Design. A vrai dire, j’ai hâte de le comparer à un modèle Heaven de la marque (avec un peu plus de matière dans le médium si possible) mais s’ils sont aussi bons, je risque fort de devenir un fan inconditionnel de ces petites perles du Japon !

Eric Mallet

18 Jan

Harmonic Technology Pro 11, un câble dynamique, en matière et en muscles

Deux paires de câbles d’enceintes Harmonic Technology Pro 11 avaient tendance à se reposer depuis trop longtemps sur une étagère. Je me suis donc finalement décidé à écouter ce que cela donne sur mon système du moment, avec un petit amplificateur Marantz bien musical et dynamique, un simple PM 6004, scrupuleusement relié à mon lecteur EERA DL1. La modulation associée est un Siltech 770 qui me donne entière satisfaction lorsqu’il est raccordé à mes câbles d’enceintes préférées, c’est à dire des Superconductor + de JPS Labs. Voyons ce qu’il me donne avec les Pro 11, je changerai ensuite pour un Pro Silway II de la même marque puis le Pro Sylway Mk III, histoire d’avoir une idée globale de la sonorité d’Harmonic Technology.

Un son physiologique, nerveux et détaillé

Harmonic Technology Pro 11Death & Legacy de Serenity est placé dans la platine,  j’envoie. Tout de suite, ça me change du genre d’écoute auquel je me suis habité. Si les Pro 11 ne jouent pas dans la même gamme que mes JPS Labs, l’écoute est totalement différente et moins homogène, avec un caractère physiologique très affirmé. Le suivi rythmique a changé lui aussi. La différence est tellement étonnante que j’ai l’impression d’avoir changé de système. Les basses descendent de manière plus profonde, elles marquent le rythme avec une nervosité inhabituelle pour mes oreilles. Très physiologique, les basses comme les aigus sortent très nettement mais sans lourdeur dans le bas du spectre ni agressivité dans l’aigu; bon point pour les Pro 11. C’est musical et très dynamique mais je n’ai plus le côté très articulé et séduisant des voix féminines que j’avais avec mes Superconductor +. Peu importe, l’écoute est tellement différente que j’apprécie quand même Vanessa Carlton – album Harmonium – à sa juste valeur. Par rapport à mes JPS Labs, je perçois plus de détails dans le grave, c’est plus neutre et un peu moins riche en texture dans la partie médium du spectre mais ça reste très musical et particulièrement agréable à écouter. J’imaginerais bien ces câbles avec un amplificateur Rega Brio ou Elicit, un peu moins avec un NAD, ou peut-être un bon Moon de la dernière série Neo de Simaudio, pourquoi pas ?

Une image stéréophonique bien centrée entre les enceintes

Harmonic Technology Pro 11 OCCQuand à l’image stéréophonique, mes Superconductor + se montrent supérieurs en termes de profondeur et de placement des instruments dans l’espace. Les timbres sont plus justes également mais peut-être aussi plus charmeurs à l’oreille, Harmonic Technology est plus neutre dans l’ensemble. Mais ce qui ressort surtout de cette écoute, c’est la nervosité parfaitement distribuée sur l’ensemble du spectre par les Harmonic Technology Pro 11. C’est vif, bien emmené par des basses nerveuses, avec de une matière sonore parfaitement distribuée. On se surprend facilement à marquer le rythme et à se plonger dans la musique sans retenue. L’image stéréophonique se fait plus globale, sans le détachement et l’étendue donnée par les JPS Labs; c’est un parti-pris d’écoute qui plaira à certains, un peu moins pour ma part.

Plus détaillé dans le bas-médium et le bas du spectre que mes Superconductor +, ce genre d’écoute plaira certainement aux possesseurs d’enceintes de bibliothèque qui demandent à bien descendre dans les basses fréquences et qui restent douces dans l’aigu. Pour les enceintes colonnes, le Pro Silway mkIII en modulation sera plus indiqué comme j’en parle plus bas. Cela étant, je passe pour l’instant sur les Pro Silway II pour une écoute 100% Harmonic Technology… Pour le test, je resterai avec Vanessa Carlton et je retrouverai Serenity pour terminer.

Une écoute 100% Harmonic Technology Pro 11 et Pro Silway II

Harmonic Technology Pro 11 OCCFranchement, je ne m’y attendais pas mais je suis ravi du résultat. Autant l’association Siltech 770 et modulation avec JPS Labs Superconductor est imbattable en termes d’image stéréo et de respect des timbres, autant cette association de câbles Harmonic Technology est d’une musicalité difficile à mettre en défaut. Le côté assez global de l’écoute a disparu pour laisser place à une plus grande ouverture en profondeur et en largeur mais ce qui étonne le plus concerne le gain en médium avec une souplesse toute nouvelle, une belle articulation de la voix de Vanessa, plus d’inflexions, de détails et d’émotions… En gros, plus de musique, avec une écoute tempérée, à mon goût plus musicale et moins physiologique. Les amateurs de jazz ou de classique pourraient apprécier ce genre d’écoute très équilibrée.

Sur l’album Death & Legacy de Serenity, l’image stéréo se place un peu plus en arrière par rapport à mes câbles de référence, les basses fréquences n’ont rien perdu de leur nervosité et s’affirment puissamment sur les coups de double grosse caisse, sans rien masquer des rythmiques guitares parfaitement appuyées. Petit défaut pour mes oreilles qui aiment la clarté et l’articulation, le bas médium est pour moi un peu trop présent et vient masquer très légèrement les voix. Pour ma part, je n’associerais pas ces câbles avec des enceintes un peu sombres à l’écoute mais cela reste, dans l’ensemble un détail, j’ai déjà entendu bien pire (et avec l’envie de balancer les câbles à la benne).

Harmonic Technology Pro Sylway IIUne fois le Pro Silway II remplacé par le même câble en version Mk III, on y gagne encore en musicalité. Le rythme devient plus juste, on est très proche de la réalité d’enregistrement avec un côté très Live particulièrement présent. Les voix sont toujours aussi bien articulées avec une neutralité impossible à prendre en défaut. Toujours aussi nerveux, la spontanéité monte encore d’un cran. C’est vif, ça démarre et s’arrête au quart de tour. Un très bon point à signaler, le médium se fait plus clair, sans le petit défaut de masque que j’avais pu noter sur la version II des Pro Silway. Dans ce cas, les mk III se plairont avec de belles enceintes colonnes qui donnent déjà un grave profond mais qui manquerait de tension et d’impact, idéal pour les enceintes trop lourdes dans le bas du spectre et qui demandent à être intelligemment secouées pour donner le meilleur d’elles-même.

Finalement, c’est un test et une écoute particulièrement révélateurs qui se sont imposés, avec beaucoup de plaisir musical également. La gamme Harmonic Technology se révèle cohérente et particulièrement musicale.

@ bientôt pour de nouveaux articles audiophiles,

Eric Mallet

22 Sep

Earsonics SM3 V2: Le casque intra-auriculaire du plaisir musical en Haute Définition et en couleurs !

earsonics SM3 V2La haute fidélité est un domaine parfois surprenant où le meilleur peut parfois côtoyer le pire, c’est particulièrement vrai pour les casques qui, normalement, sont censés délivrer les meilleurs performances musicales possibles tout en étant d’un encombrement réduit. Je ne vous parle même pas des cochonneries marketing qui vous donne des airs de Mickey Mouse avec le ridicule qui va avec. Avec l’âge et la maturité, on finira toujours par préférer la performance au monde de Disney et surtout pas de se balader en ville avec un air de cartoon. Pourtant, cela n’empêche pas, fort heureusement, de nombreux audiophiles à dépenser une fortune dans des modèles de casques encombrants, ceux-ci étant plutôt réservés à l’écoute domestique, lorsque les conditions d’écoute aux enceintes est restreinte. Donc, dans l’absolu, il faudrait sans doute pouvoir bénéficier de deux types de casque à haute performance afin de pouvoir aussi, se déplacer dans la discrétion tout en bénéficiant de performances musicales élevées. Le marketing aura pourtant du bon dans le sens où il permet aux casques (même les moins mauvais) de se faire connaître. C’est notamment vrai pour Jay dont les produits offrent de très belles performances pour un prix raisonnable mais c’est nettement moins vrai pour Earsonics, une marque française talentueuse qui nous permet de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable (et transportable) en toute discrétion…

earsonics SM3 V2Même si relativement peu connu dans le milieu des audiophiles et mélomanes, Earsonics fabrique d’excellents casques intra-auriculaires, talonné de près par d’autres marques américaines et asiatiques… En réalité, la marque est bien connue dans le milieu des professionnels du son. Des casques sur mesure peuvent être réalisés pour n’importe quel artiste (ou n’importe quel lecteur du blog à condition qu’il puisse mettre 1000€ dans un casque intra-auriculaire) Le modèle que j’ai testé et dont je vais vous parler ici est le SM3 V2, haute de gamme de la marque française Earsonics, avant qu’ils ne commercialisent leur SM64. Son prix dépasse les 300€ et à ce prix, on pourra s’interroger sur le rapport qualité/prix pour un tel casque alors que de nombreuses marques proposent des produits similaires à des prix inférieurs (ou parfois bien supérieurs). Vous l’avez bien compris, à ce prix, on est bien dans le haut de gamme de l’intra-auriculaire et d’un produit que l’on espère durable.

Earsonics SM3 V2, une très belle écoute après quelques heures de rodage

Sur le plan de la présentation, ce modèle d’Earsonics s’avère sans doute un peu plus encombrant que la plupart des intra-auriculaires du marché tout en restant de taille raisonnable et adapté à l’oreille de chaque utilisateur. On cafouillera sans doute deux ou trois fois pour trouver l’embout le plus adapté à l’écoute ainsi que du placement des écouteurs eux-mêmes qui demandent un peu plus de doigté que pour un casque plus banal. A la première écoute, c’est une mauvaise surprise. La bande passante est assez réduite, le son est plat, très neutre, ça manque d’aigu mais on sent déjà que ça ne va pas manquer de basse car elles prennent déjà de l’assise. Bon point cependant, le placement de chaque instrument est millimétrique, chacun trouve parfaitement sa place sur la scène sonore. Fort étonné, j’ai donc décidé de changer le câble pour un modèle en cuivre OCC de qualité, le câble étant remplaçable, ce qui est loin d’être le cas pour les autres modèles moins couteux du marché. Disons que cette caractéristique technique est plutôt intéressante non seulement à l’écoute mais aussi sur le plan pratique; si le câble s’abîme, on pourra toujours le remplacer, ce qui ne rendra pas le casque inutilisable et perdu.

Avant de changer le câble cependant, je m’apprête à mettre mon bon vieux walkman Panasonic dans ma poche avec un bon Dark Tranquillity. Au premier morceau, je m’étonne. Les timbres ont peu changés, c’est toujours très droit et la bande passante semble avoir légèrement pris de l’assise mais c’est surtout la matière sonore et la scène qui ont considérablement évolués. A cet instant, l’écoute ressemble de très près à ce que l’on peut entendre à partir d’un bon système et d’une bonne paire d’enceintes; ça surprend ! L’effet de rodage était peut-être particulièrement marqué, je change donc le câble et au bout de une à deux heures d’écoute, je dois bien avouer que c’est un peu mieux sur l’ensemble des critères audiophiles couramment utilisés dans notre petit monde des fous du bon son.

Pour ce test, j’ai donc utilisé plusieurs supports et plusieurs styles de musiques:

  • Mon bon vieux walkman Panasonic (sans doute une des seules marques qui peut se prévaloir d’un son de qualité)
  • Un PC récent sur une écoute brute, débarrassée de tous gadgets du genre Dolby machin et compagnie
  • Mon bon vieux mini Mac de 2009, pas vraiment réputé pour la qualité de sa carte son

Parmi les albums et les morceaux testés, je citerai l’album Crazy World des Scorpions, Heaven de Dark Tranquillity, Café Blues de Patricia Barber (version HDCD), Anamorphose de Mylène Farmer, Sexe Fort de Patricia Kaas, Hotel California d’Eagles, The girl in the other room et le Live in Paris de Diana Krall, l’Orchestre du Roi Soleil par le Concert des Nations de Jordi Savall, Tous les matins du monde (musique du film), direction de Jordi Savall et quelques pistes audio glanées sur Qobuz ou sur un site bien connu pour ses vidéos mais pas toujours pour leur qualité audio.

earsonics SM3 V2La première écoute de Scorpions (album Crazy World) m’a surpris dans le sens où on se rend rapidement compte des trois guitares enregistrées alors que sur une bonne chaîne en écoute sur enceintes, on perçoit beaucoup moins cette caractéristique qui est quand même loin d’être un détail dans le sens où on rentre beaucoup plus facilement dans l’architecture rythmique créée par les guitares, c’est assez remarquable, surtout que je n’y avais jamais prêté attention avec un autre casque auparavant. Une fois bien rodé, le grain des guitares saturées (Flying V sur ampli à lampes Orange si mes souvenirs sont justes (du moins pour Rudolf Schenker)) est particulièrement délectable. Ça monte assez haut en fréquence, le médium prend du corps, la matière est là et parfaitement distribuée en fréquence. La grosse caisse sonne lourd, on perçoit exactement la compression donnée au mixage et le timbre de la caisse claire qui « claque » juste. Un petit regret cependant pour l’aigu qui pourrait encore monter plus haut. La comparaison avec mon système est parlante, les prises secteurs Oyaide m’avaient justement permis de mettre cette caractéristique en valeur. L’aigu monte très haut tout en étant plus proche du timbre original des guitares électriques saturées qui sonnent naturellement très hauts dans l’aigu; ce que le Earsonics SM3 V2 ne rend pas tout à fait à l’identique. ces intra-auriculaires étonnants diffusent plutôt un aigu fin, détaillé et élégant mais qui manque un peu d’extension dans les extrêmes. Et pour avoir joué de la guitare électrique sur plusieurs ampli à lampes pendant plus de 15 ans, c’est une caractéristique qui ne me trompe pas. Disons que cela reste un détail et que beaucoup ne l’entendrons peut-être pas. C’est plutôt la matière sonore et l’image stéréophonique des Earsonics qui sont les plus surprenants, le tout avec une dynamique réaliste, bien rendue sans doute par la sensibilité élevée du casque. Sur Dark Tranquillity, ça sonne fort et je prends plaisir à redécouvrir Heaven, mon album préféré du groupe. La voix rageuse de Mickael Stanne passe de manière très distincte, ce qui est loin d’être le cas sur des intra beaucoup moins évolués.

Le Earsonics SM3 V2 présente une transparence qui permet de déterminer précisément la qualité des morceaux écoutés

Sur de la musique classique et baroque, l’orchestre du Roi Soleil sonne un peu trop aigu à mon oreille, l’image stéréophonique manque un peu de précision, ça reste un peu brouillon et les timbres instrumentaux sont loin d’être réalistes. Cependant, j’ai plutôt l’impression d’atteindre les limites de mon brave walkman que de pouvoir imputer la faute au casque car je ne constate pas les mêmes défauts avec d’autres genres musicaux. Malheureusement, je n’ai pas de sortie casque sur mon Eera DL1. L’écoute reste malgré tout très aérée et plaisante, d’autres casques feront pire. Curieusement, en montant le son aux limites du raisonnable les choses s’arrangent un peu, la dynamique s’étend et l’aigu se calme un peu… comme si les Earsonics avaient besoin de volume pour bien s’exprimer. La marche pour la cérémonie turque est impressionnante mais le bas médium me laisse une légère impression de flou un peu désagréable, le manque de définition est palpable. Je passe sur Internet avec une version HD et je suis effectivement rassuré, mon brave Panasonic était effectivement en cause. Le « coup de nettoyage » a dépoussiéré le médium, la définition est largement supérieure. Les basses sont pesantes quand elles doivent l’être, elles s’intègrent parfaitement à l’orchestre quand elles le doivent également, c’est superbe !

earsonics SM3 V2Je passe au jazz avec Diana Krall et son Live in Paris. Toujours cette image stéréo bien ancrée à gauche et à droite où l’on peut retrouver chaque intervenant à sa juste place. Les timbres sonnent justes, le piano a du corps et de la nervosité. La batterie passe bien, la caisse claire claque et les cuivres scintillent sans trop en faire. Sur le Café Blues de Patricia Barber, la voix de Patricia laisse parfaitement entendre la réverbération alors que le piano l’accompagne sans créer de saturation désagréable. En variété française, je passe sur Mylène Farmer. C’est propre, sans en faire de trop des deux côtés de la bande passante. On est loin de la musique classique naturelle avec ce genre très moderne. On connait les possibilités infinies des studios d’enregistrement en termes de mixages avec compressions diverses, permettant de frapper fort dans les basses tout en lissant la dynamique des fréquences. Bref, ça sonne assez vif, assez lourd mais ça passerait tout aussi bien sur n’importe quel autre morceau (ou casque) similaire, loin des instruments naturels que nos oreilles ont l’habitude d’entendre. Bref… La variété et autres musiques modernes trop trafiquées à coups de synthétiseurs ne permettent pas de mettre en valeur les qualités du Earsonics SM3 V2.

Un tour de force pour un casque intra-auriculaire riche en qualités d’écoute audiophiles

Dans l’absolu, les Earsonics SM3 V2 réussissent un véritable tour de force, celui de vous permettre de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable sans vous donner un air de guignol. Avec un effet stéréophonique large et bien centré pour un casque, les SM3 V2 réunissent l’ensemble des qualités audiophiles que l’ont peu attendre d’un casque intra-auriculaire sans à avoir grand chose à envier à un casque haute fidélité de salon de haut niveau, seuls quelques Stax et autres Grado de prix similaires et plus élevés pourront vraiment concurrencer l’Earsonics mais vous aurez toujours l’air ridicule dans le métro, c’est certain. L’Earsonics SM3 V2 a surtout pour lui d’être très polyvalent et de pouvoir satisfaire l’audiophile exigeant en déplacement comme chez lui, en branchant simplement son casque sur la sortie de son lecteur CD ou son récepteur wifi et DAC préféré pour un résultat musical hors du commun pour un casque aussi petits par rapports aux monstres de salon.

@ bientôt,

Eric Mallet

19 Août

JPS Labs, la marque américaine qui cablera définitivement ma chaîne

JPS labs UltraconductorA vrai dire, je ne pensais pas que ça arriverait un jour mais JPS Labs finira par câbler définitivement ma chaîne et son fidèle drive, un lecteur EERA Tentation, une platine CD absolument remarquable en lecteur intégré – et qui me donne un excellent résultat d’écoute. Avec le temps, je suis passé de l’analogique avec les Mimesis 6 et 7.5 vers le tout numérique en faisant, il est vrai, un bond en avant en matière de transparence et de musicalité, surtout quand le câble digital est bien choisi. Le tout forme un ensemble harmonieux avec mes enceintes, complètement refaites à partir d’un base française Gaïa Minor, qui abrite aujourd’hui des transducteurs Scan Speak et un filtre Mundorf, câblé en l’air comme à la grande époque. En tout état de cause, les différences entre plusieurs câbles numériques sont souvent plus difficiles à cerner qu’entre deux câbles de modulation ou d’enceintes, comme j’ai pu le constater.

La transparence sonore des câbles JPS Labs a quelque chose d’exceptionnel à l’écoute

Si le SR 8 et le SR 150 Goldmund sont deux formidables machines, le transparence est telle que tout s’entend beaucoup plus facilement que sur d’autres systèmes, avec un naturel particulièrement remarquable, surtout lorsque l’on sait que tout est numérique, même l’amplification. Ne reste plus que le câblage qui fait réellement la différence. En câble Haut Parleurs, j’ai opté pour du Shunyata Gemini, très naturel, réellement dynamique et qui ne me donne pas une image coincée entre les deux enceintes. Le Gemini est le premier de la gamme et pourtant, il dépasse déjà largement un grand nombre de soit-disant haut de gamme concurrents en termes de naturel.

JPS Labs UltraconductorA vrai dire, je connaissais sans vraiment connaître la gamme JPS Labs, étant donné que j’avais racheté une paire de modulation en Superconductor  XLR à un prix avantageux. Par contre, je ne les avais pas encore testé puisque je n’avais plus de sorties symétriques sur mon système. Ce câble est donc resté en stock, personne ne m’ayant demandé d’écouter ce câble; la marque restant de réputation assez confidentielle en Europe. Bien plus tard, un auditorium anglais décida de faire un prix sur certains JPS Labs, notamment en modulation et en câbles Haut Parleurs. Je leur ai donc racheté le premier câble de liaison ampli > enceintes de la gamme, le petit Ultraconductor, première version. Il faut dire aussi que j’ai toujours dû subir quelques soucis en commandant des câbles JPS Labs, un peu comme si je souffrais d’une espèce de malédiction. J’ai bien cru que les Ultraconductor n’arriverait jamais alors que des mois auparavant, un modèle de modulation n’est jamais arrivé jusque chez moi, la poste britannique avait perdu le paquet. Finalement, j’ai été remboursé par le vendeur.

Goldmund SR8J’espère que le sort est aujourd’hui conjuré et que je pourrais vous parler longtemps des JPS Labs. Commençons par le premier modèle de la marque, l’Ultraconductor Alluminoy. Cet Alluminoy fait référence à un alliage propriétaire de la marque, et qui aurait, selon la marque américaine, la faculté de dépasser les qualités du cuivre et de l’argent. A entendre les premières notes à la sortie des enceintes, on a vraiment envie de les croire. Pourtant, certains fabricants comme Van den Hul et d’autres, se sont déjà essayés aux alliages avec des résultats plus ou moins réussis selon les associations réalisées avec les éléments d’un système. Tout le monde connaît l’Intégration de Van den Hul, parfois ça sonne comme on le voudrait mais dans d’autres cas, ça sonne pas du tout. Avec JPS Labs, on est dans un autre monde. Ils possèdent surtout la capacité de ne pas s’entendre, ce qui contribue très largement au confort d’écoute constaté.

JPS Labs UltraconductorComme le souligne le concepteur de la marque Joe Skubinski, la plupart des audiophiles tentent de corriger ce qu’ils interprètent comme des défauts (un manque de basse, un aigu crispant, un manque de transparence ou de dynamique…) en choisissant des câbles bien particuliers qui auront, en quelque sorte, un rôle d’égaliseur passif. Cette tendance généralement constatée dans le monde du câblage aura surtout tendance à enrichir les fabricants puisque ce genre de manipulation ne mène jamais qu’à une seule action, celle de changer de câbles encore et toujours, en repartant dans une quête du mieux qui finira d’ailleurs souvent dans une finalité du « moins bien »…

Ensuite, d’autres diront qu’une belle écoute doit être la plus neutre possible pour exprimer la musique au mieux. Seulement, tout le monde ne s’accorde pas vraiment sur la notion de neutralité, chaque oreille, étant plus ou moins attirée vers un son neutre mais caractéristique, que d’autres qualifieront sans doute comme déjà trop colorée. A vrai dire, non… Un bon câble est un câble qui ne s’entend pas mais qui présente un bel équilibre tout en laissant passer l’émotion d’une œuvre.

Les Ultraconductor sont déjà exceptionnels à l’écoute d’un système haute fidélité de bon niveau

Câbles JPS LabsDonc, connaissant bien mes Shunyata, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’allais entendre après branchement de ces câbles à l’apparence si modeste. La première chose qui choque est le niveau de transparence encore beaucoup plus prononcé. C’est d’autant plus choquant que les Ultraconductor sont cinq fois moins chers que les Gemini. Cette transparence de cristal s’illustre naturellement par une mise en place assez bluffante d’un nombre impressionnant de détails, on se met à entendre des chorus en arrière plan auparavant non discernés, une limpidité et un phrasé parfaitement réels d’un solo de guitare, et les tomes de batterie, enfin débarrassés d’une espèce de flou indéfinissable; ça sonne net, plus précis, particulièrement exact en timbres et l’image stéréophonique s’en trouve élargie en profondeur et en largeur, deux corollaires directs d’une transparence exacerbée. Tout cela avec ce petit câble…

Autre chose oh combien discernable pour un guitariste de heavy métal, amateur de classique, baroque et de jazz, se caractérise par le grain des instruments et amplis associés qui sautent directement aux oreilles. On reconnaît là une Gibson branchée sur Orange, là une Ibanez branchée sur un Marsh-mal  ou un bon Mesa Boogie. Le plaisir d’apprécier le timbre réel et parfaitement dynamique d’une guitare à la saturation liquide et envoutante s’ajoute le plaisir de retrouver chaque instrument parfaitement placé, dans un équilibre où 99% des autres marques se cassent les dents. Si Shunyata offrait ce genre d’expression et de plaisir musical, JPS Labs transforme l’essai avec Maestria. Je n’en reviens toujours pas…

JPS Labs Superconductor VPourtant, et avec toutes ces qualités, c’est surtout sur les voix que les qualités de mes petits Ultraconductor s’expriment le mieux. Sur mes albums de métal gothique, Stream of Passion (au hasard), la voix de Marcela Bovio est parfaitement palpable, envoutante, elle nous monte jusqu’aux tréfonds de l’âme, des frissons se libèrent et les poils se hérissent. L’émotion est présente, c’est le principal… Si un câble passablement ouvert vous laisse entendre les hésitations ou les respirations des chanteuses, avec le câblier américain on comprendra instantanément où le chant vous emmène; c’est tellement beau qu’on redécouvre toute sa collection de cd, vinyles et autres supports en tous genres. Finalement, demandez-vous simplement si vos câbles laissent passer l’émotion, et vous aurez trouvé ceux qui risquent de rester longtemps sur votre chaîne.

JPS Labs AluminataEt même si on ne pourra pas découper la musicalité des JPS Labs en termes de basse, médium et aigu tant l’équilibre est bon, n’importe quel bassiste aura le plaisir de retrouver l’expression et le timbre exact de son instrument. Les violes et contrebasses prennent de l’ampleur et sonnent particulièrement justes. L’œuvre de Jordi Saval s’exprime enfin dans toute sa majesté. Écoutez un solo de violon avec un système câblé en JPS Labs, vous comprendrez que vous venez de trouver ce qui vous manque. Quant au médium, j’en ai déjà parlé, les voix féminines s’expriment avec une beauté rarement retrouvée ailleurs. L’aigu sonne juste également, on reconnaît le mouvement des crashs, rides ou de la charley, chaque cymbale se déploie dans l’espace avec une exactitude de timbre hallucinante; vous différenciez enfin une Paiste d’une Zildjian, dès la pose des câbles, neufs, non rodés !

Un bon système haute fidélité devrait être équipé de bon câbles, JPS Labs démontre tout l’intérêt du sujet

Pour reprendre les propos du concepteur de la marque, j’en viens à peu à dire qu’une chaîne haute fidélité médiocre ne donnera que de médiocres résultats, même avec de bons câbles. Par contre, pour ceux qui ont un système déjà équilibré et qui répond à l’idée qu’ils se font de la haute fidélité, l’achat de très bon câbles leur permettra vraiment de profiter du meilleur de leur chaîne. Ayant récemment acquis une paire de Superconductor + pour mes enceintes et Superconductor digital pour relier mon lecteur à mon Goldmund SR8, le changement s’avère rapidement positif. Le gain de matière dans l’aigu, des basses mieux tenus et un excellent suivi rythmique s’impose rapidement pour faire vivre la musique de manière ouverte, notamment en ce qui concerne l’image, un peu plus ouverte en profondeur et en largeur. Le respect des timbres est toujours très présent avec cette impression d’aller encore plus loin dans la véracité instrumentale.

Évidemment, pour ceux qui doutent, qui assimilent la science à une religion (c’est à dire qu’ils ne croient pas leurs oreilles et qui feraient – dans ce cas – sans doute mieux de s’intéresser à autre chose qu’à la Haute Fidélité), pour les sourds, les malentendants, les durs de la feuille, les « nay sayers » comme disent les anglais, et les névrosés en tous genres, sont invités à ne plus perdre leur temps à lire mon blog ou à m’envoyer leurs commentaires insipides ou basés sur la science et sa religiosité délirante. Pour les autres, je recommande et leur demande discussions constructives et essais, toujours des essais…

A bientôt pour d’autres articles,

Eric Mallet