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17 Juil

Control Denied, en hommage à Chuck Schuldiner

Chuck-Schuldiner-deathChuck Schuldiner a toujours été ce genre de personnes à savoir parfaitement ce qu’il veut et à persévérer coûte que coûte dans ses projets les plus précieux, la musique et le métal en l’occurrence. Personnage charismatique, un peu comme un modèle à suivre pour un nombre incalculable de guitaristes; de par sa mentalité et sa virtuosité musicale, Chuck a toujours cherché à repousser plus loin les limites de son art, jusqu’à une perfection pourtant jugée inaccessible. Fondateur du groupe Death et d’un style vraiment extrême pour l’époque, Mister Schuldiner sélectionnait sévèrement les musiciens qui devaient entrer avec lui en studio ou sur scène. Sa quête de la perfection musicale ne devaient jamais cesser et je me rappellerais toujours le temps qu’il mettait sur scène à régler et re-régler son Marshall afin d’en retirer le son le plus parfait possible. Avec un Scream bloody Gore sans doute très brutal pour l’époque, Death sortira Leprosy puis Spiritual Healing tout en s’acheminant vers un « Death Metal » de plus en plus abouti, aux limites de la symphonie, avec des influences très marquées par le jazz et le classique dans chacun de ses solos.

Une discographie qui grimpe vers les sommets à chaque nouvel album

Chuck-SchuldinerHuman puis Individual Thought Patterns se succèdent et marqueront les esprits. Ils laisseront paraître une virtuosité toujours plus présente avec, comme pour chacun de ses albums, des textes déterminés et bruts sur ses idées et les thèmes particulièrement pénibles qu’il voulait exprimer: la jalousie, la médiocrité, l’avortement, l’étroitesse d’esprit, la philosophie facile (The Philosopher) ou l’acharnement thérapeutique avec Suicide Machine par exemple.

Symbolic est arrivé un peu comme un pavé jeté dans la mare en repoussant encore ce qui semblait impossible à dépasser sur son dernier album. Avec un titre éponyme très posé, des rythmiques accrocheuses, un son plus structuré et quelques solos presque énigmatiques, l’album se dirige désormais vers une musique totalement sereine, avec une pointe de génie dans la composition. 1000 Eyes, Empty Words ou Zéro Tolérance posent le rythme avec une détermination toujours aussi forte dans les textes et les idées, parfois poussées aux limites du quatrième degré. Qui ne s’est jamais interrogé sur la signification profonde du titre Symbolic ou de Sacred Serenity n’est pas fan de Death ou alors, c’est qu’il n’aura pas compris la démarche de Chuck. A ce jour, Symbolic est resté un peu comme un monument du Death Métal qui donnera ensuite le ton vers d’autres styles, non pas plus complexes mais totalement différents, parfois avec le soutien d’un duo masculin/féminin au chant, vers ce qu’on appelle aujourd’hui le métal symphonique ou le black métal pour pousser vers l’extrême et dont je ne suis pas forcément très amateur pour ce style.

La maturité et la fin en apothéose pour Death

Chuck-SchuldinerBien après Symbolic, Death est entré en studio pour enregistrer Sound of Perseverance, un album un peu déroutant et qui semblait parfois privilégier la technique pure par rapport à l’émotion musicale. Cela reste pourtant relatif à l’écoute de certains morceaux comme Story to tell, Voice of the Soul ou A moment of Clarity avec un solo de Chuck qui vous remue les tripes – simple, direct et profondément émouvant. Inutile de revenir sur la reprise monumentale de Pankiller par Judas Priest, un véritable petit bijou. Chuck décida ensuite de se consacrer totalement à la guitare pour produire le premier album de Control Denied. Avec une formation composée de Steeve Digorgio, Shannon Hamm et Richard Christy, il accueillera Tim Aymar au chant. Avec une voix claire et totalement différente des classiques de Death, Tim y trouvera rapidement sa place. Pour ce nouveau groupe, Chuck Schuldiner composera certainement les meilleures rythmiques et solos qu’il n’a jamais composé, un peu comme si son talent ne pouvait souffrir de limites. Personnellement, cet album reste pour moi le meilleur album de Heavy métal jamais composé, la technique de composition est tout simplement parfaite.

Un album sans limites de pur Métal, le seul en son genre…

Intitulé The Fragile Art of Existence, le premier et le second morceau de cet album hors du commun, Consumed et Breaking the broken, donnent déjà le ton avec une richesse technique encore jamais réunie dans un seul album de Heavy Métal. Complètement hors du temps, les morceaux se succèdent et on ne comprend toujours pas comment un seul groupe a su composer autant de chef d’œuvres d’un seul tenant. What if ? constitue un point culminant de l’album avec un solo parfaitement composé par le biais d’un Harmonizer qui vous catapulte dans un autre monde. Ponctué d’une rythmique tranchante et organisée avec le génie de composition d’un véritable extraterrestre du heavy métal, The Fragile Art of Existence, un morceau de 9:38, s’affiche comme une conclusion monumentale à l’œuvre d’un guitariste hors du temps puisque Control Denied ne partira jamais en tournée. A l’époque, Chuck (Charles Mickaël Schuldiner) était gravement malade et souffrait d’une tumeur au cerveau. Il s’est éteint le 3 décembre 2001, malgré des dons venus du monde entier pour payer les frais médicaux qui avaient donnés suite à son hospitalisation.

Chuck Schuldiner était un pionnier qui repoussait sans cesse les limites de l’imagination musicale

Chuck-SchuldinerChuck Schuldiner restera dans nos mémoires comme un pionnier du genre, un guitariste dont le talent n’avait d’égal que la gentillesse et l’intelligence. Un peu comme moi, Chuck ne supportait pas l’injustice et l’hypocrisie car il cherchait sans cesse la perfection en tout, peut-être la voyait-il vraiment en chacune de ses compositions ? Durant la tournée Symbolic, Chuck s’est adressé au public, lui demandant s’il connaissait le nom du prochain album. Devenu expert en forum métal underground, j’étais le seul à pouvoir le dire. Pendant Empty Words, Chuck s’est placé juste devant moi pour y jouer le solo avec la même perfection que s’il l’avait réalisé en studio pour enregistrer l’album. Finalement, c’est un peu ce genre de souvenirs anecdotiques qui vous font avancer. Chuck Schuldiner était devenu bien plus qu’un guitariste de génie, c’était quelqu’un qui plaçait l’honnêteté et le respect de soi avant toutes choses, des qualités nécessaires au respect et à l’honnêteté envers les autres. C’est sans doute la meilleure chose que l’on puisse dire de lui.

Eric Mallet

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