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22 Sep

Earsonics SM3 V2: Le casque intra-auriculaire du plaisir musical en Haute Définition et en couleurs !

earsonics SM3 V2La haute fidélité est un domaine parfois surprenant où le meilleur peut parfois côtoyer le pire, c’est particulièrement vrai pour les casques qui, normalement, sont censés délivrer les meilleurs performances musicales possibles tout en étant d’un encombrement réduit. Je ne vous parle même pas des cochonneries marketing qui vous donne des airs de Mickey Mouse avec le ridicule qui va avec. Avec l’âge et la maturité, on finira toujours par préférer la performance au monde de Disney et surtout pas de se balader en ville avec un air de cartoon. Pourtant, cela n’empêche pas, fort heureusement, de nombreux audiophiles à dépenser une fortune dans des modèles de casques encombrants, ceux-ci étant plutôt réservés à l’écoute domestique, lorsque les conditions d’écoute aux enceintes est restreinte. Donc, dans l’absolu, il faudrait sans doute pouvoir bénéficier de deux types de casque à haute performance afin de pouvoir aussi, se déplacer dans la discrétion tout en bénéficiant de performances musicales élevées. Le marketing aura pourtant du bon dans le sens où il permet aux casques (même les moins mauvais) de se faire connaître. C’est notamment vrai pour Jay dont les produits offrent de très belles performances pour un prix raisonnable mais c’est nettement moins vrai pour Earsonics, une marque française talentueuse qui nous permet de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable (et transportable) en toute discrétion…

earsonics SM3 V2Même si relativement peu connu dans le milieu des audiophiles et mélomanes, Earsonics fabrique d’excellents casques intra-auriculaires, talonné de près par d’autres marques américaines et asiatiques… En réalité, la marque est bien connue dans le milieu des professionnels du son. Des casques sur mesure peuvent être réalisés pour n’importe quel artiste (ou n’importe quel lecteur du blog à condition qu’il puisse mettre 1000€ dans un casque intra-auriculaire) Le modèle que j’ai testé et dont je vais vous parler ici est le SM3 V2, haute de gamme de la marque française Earsonics, avant qu’ils ne commercialisent leur SM64. Son prix dépasse les 300€ et à ce prix, on pourra s’interroger sur le rapport qualité/prix pour un tel casque alors que de nombreuses marques proposent des produits similaires à des prix inférieurs (ou parfois bien supérieurs). Vous l’avez bien compris, à ce prix, on est bien dans le haut de gamme de l’intra-auriculaire et d’un produit que l’on espère durable.

Earsonics SM3 V2, une très belle écoute après quelques heures de rodage

Sur le plan de la présentation, ce modèle d’Earsonics s’avère sans doute un peu plus encombrant que la plupart des intra-auriculaires du marché tout en restant de taille raisonnable et adapté à l’oreille de chaque utilisateur. On cafouillera sans doute deux ou trois fois pour trouver l’embout le plus adapté à l’écoute ainsi que du placement des écouteurs eux-mêmes qui demandent un peu plus de doigté que pour un casque plus banal. A la première écoute, c’est une mauvaise surprise. La bande passante est assez réduite, le son est plat, très neutre, ça manque d’aigu mais on sent déjà que ça ne va pas manquer de basse car elles prennent déjà de l’assise. Bon point cependant, le placement de chaque instrument est millimétrique, chacun trouve parfaitement sa place sur la scène sonore. Fort étonné, j’ai donc décidé de changer le câble pour un modèle en cuivre OCC de qualité, le câble étant remplaçable, ce qui est loin d’être le cas pour les autres modèles moins couteux du marché. Disons que cette caractéristique technique est plutôt intéressante non seulement à l’écoute mais aussi sur le plan pratique; si le câble s’abîme, on pourra toujours le remplacer, ce qui ne rendra pas le casque inutilisable et perdu.

Avant de changer le câble cependant, je m’apprête à mettre mon bon vieux walkman Panasonic dans ma poche avec un bon Dark Tranquillity. Au premier morceau, je m’étonne. Les timbres ont peu changés, c’est toujours très droit et la bande passante semble avoir légèrement pris de l’assise mais c’est surtout la matière sonore et la scène qui ont considérablement évolués. A cet instant, l’écoute ressemble de très près à ce que l’on peut entendre à partir d’un bon système et d’une bonne paire d’enceintes; ça surprend ! L’effet de rodage était peut-être particulièrement marqué, je change donc le câble et au bout de une à deux heures d’écoute, je dois bien avouer que c’est un peu mieux sur l’ensemble des critères audiophiles couramment utilisés dans notre petit monde des fous du bon son.

Pour ce test, j’ai donc utilisé plusieurs supports et plusieurs styles de musiques:

  • Mon bon vieux walkman Panasonic (sans doute une des seules marques qui peut se prévaloir d’un son de qualité)
  • Un PC récent sur une écoute brute, débarrassée de tous gadgets du genre Dolby machin et compagnie
  • Mon bon vieux mini Mac de 2009, pas vraiment réputé pour la qualité de sa carte son

Parmi les albums et les morceaux testés, je citerai l’album Crazy World des Scorpions, Heaven de Dark Tranquillity, Café Blues de Patricia Barber (version HDCD), Anamorphose de Mylène Farmer, Sexe Fort de Patricia Kaas, Hotel California d’Eagles, The girl in the other room et le Live in Paris de Diana Krall, l’Orchestre du Roi Soleil par le Concert des Nations de Jordi Savall, Tous les matins du monde (musique du film), direction de Jordi Savall et quelques pistes audio glanées sur Qobuz ou sur un site bien connu pour ses vidéos mais pas toujours pour leur qualité audio.

earsonics SM3 V2La première écoute de Scorpions (album Crazy World) m’a surpris dans le sens où on se rend rapidement compte des trois guitares enregistrées alors que sur une bonne chaîne en écoute sur enceintes, on perçoit beaucoup moins cette caractéristique qui est quand même loin d’être un détail dans le sens où on rentre beaucoup plus facilement dans l’architecture rythmique créée par les guitares, c’est assez remarquable, surtout que je n’y avais jamais prêté attention avec un autre casque auparavant. Une fois bien rodé, le grain des guitares saturées (Flying V sur ampli à lampes Orange si mes souvenirs sont justes (du moins pour Rudolf Schenker)) est particulièrement délectable. Ça monte assez haut en fréquence, le médium prend du corps, la matière est là et parfaitement distribuée en fréquence. La grosse caisse sonne lourd, on perçoit exactement la compression donnée au mixage et le timbre de la caisse claire qui « claque » juste. Un petit regret cependant pour l’aigu qui pourrait encore monter plus haut. La comparaison avec mon système est parlante, les prises secteurs Oyaide m’avaient justement permis de mettre cette caractéristique en valeur. L’aigu monte très haut tout en étant plus proche du timbre original des guitares électriques saturées qui sonnent naturellement très hauts dans l’aigu; ce que le Earsonics SM3 V2 ne rend pas tout à fait à l’identique. ces intra-auriculaires étonnants diffusent plutôt un aigu fin, détaillé et élégant mais qui manque un peu d’extension dans les extrêmes. Et pour avoir joué de la guitare électrique sur plusieurs ampli à lampes pendant plus de 15 ans, c’est une caractéristique qui ne me trompe pas. Disons que cela reste un détail et que beaucoup ne l’entendrons peut-être pas. C’est plutôt la matière sonore et l’image stéréophonique des Earsonics qui sont les plus surprenants, le tout avec une dynamique réaliste, bien rendue sans doute par la sensibilité élevée du casque. Sur Dark Tranquillity, ça sonne fort et je prends plaisir à redécouvrir Heaven, mon album préféré du groupe. La voix rageuse de Mickael Stanne passe de manière très distincte, ce qui est loin d’être le cas sur des intra beaucoup moins évolués.

Le Earsonics SM3 V2 présente une transparence qui permet de déterminer précisément la qualité des morceaux écoutés

Sur de la musique classique et baroque, l’orchestre du Roi Soleil sonne un peu trop aigu à mon oreille, l’image stéréophonique manque un peu de précision, ça reste un peu brouillon et les timbres instrumentaux sont loin d’être réalistes. Cependant, j’ai plutôt l’impression d’atteindre les limites de mon brave walkman que de pouvoir imputer la faute au casque car je ne constate pas les mêmes défauts avec d’autres genres musicaux. Malheureusement, je n’ai pas de sortie casque sur mon Eera DL1. L’écoute reste malgré tout très aérée et plaisante, d’autres casques feront pire. Curieusement, en montant le son aux limites du raisonnable les choses s’arrangent un peu, la dynamique s’étend et l’aigu se calme un peu… comme si les Earsonics avaient besoin de volume pour bien s’exprimer. La marche pour la cérémonie turque est impressionnante mais le bas médium me laisse une légère impression de flou un peu désagréable, le manque de définition est palpable. Je passe sur Internet avec une version HD et je suis effectivement rassuré, mon brave Panasonic était effectivement en cause. Le « coup de nettoyage » a dépoussiéré le médium, la définition est largement supérieure. Les basses sont pesantes quand elles doivent l’être, elles s’intègrent parfaitement à l’orchestre quand elles le doivent également, c’est superbe !

earsonics SM3 V2Je passe au jazz avec Diana Krall et son Live in Paris. Toujours cette image stéréo bien ancrée à gauche et à droite où l’on peut retrouver chaque intervenant à sa juste place. Les timbres sonnent justes, le piano a du corps et de la nervosité. La batterie passe bien, la caisse claire claque et les cuivres scintillent sans trop en faire. Sur le Café Blues de Patricia Barber, la voix de Patricia laisse parfaitement entendre la réverbération alors que le piano l’accompagne sans créer de saturation désagréable. En variété française, je passe sur Mylène Farmer. C’est propre, sans en faire de trop des deux côtés de la bande passante. On est loin de la musique classique naturelle avec ce genre très moderne. On connait les possibilités infinies des studios d’enregistrement en termes de mixages avec compressions diverses, permettant de frapper fort dans les basses tout en lissant la dynamique des fréquences. Bref, ça sonne assez vif, assez lourd mais ça passerait tout aussi bien sur n’importe quel autre morceau (ou casque) similaire, loin des instruments naturels que nos oreilles ont l’habitude d’entendre. Bref… La variété et autres musiques modernes trop trafiquées à coups de synthétiseurs ne permettent pas de mettre en valeur les qualités du Earsonics SM3 V2.

Un tour de force pour un casque intra-auriculaire riche en qualités d’écoute audiophiles

Dans l’absolu, les Earsonics SM3 V2 réussissent un véritable tour de force, celui de vous permettre de bénéficier d’une véritable Haute Fidélité portable sans vous donner un air de guignol. Avec un effet stéréophonique large et bien centré pour un casque, les SM3 V2 réunissent l’ensemble des qualités audiophiles que l’ont peu attendre d’un casque intra-auriculaire sans à avoir grand chose à envier à un casque haute fidélité de salon de haut niveau, seuls quelques Stax et autres Grado de prix similaires et plus élevés pourront vraiment concurrencer l’Earsonics mais vous aurez toujours l’air ridicule dans le métro, c’est certain. L’Earsonics SM3 V2 a surtout pour lui d’être très polyvalent et de pouvoir satisfaire l’audiophile exigeant en déplacement comme chez lui, en branchant simplement son casque sur la sortie de son lecteur CD ou son récepteur wifi et DAC préféré pour un résultat musical hors du commun pour un casque aussi petits par rapports aux monstres de salon.

@ bientôt,

Eric Mallet

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