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30 Juin

Final Audio Heaven VII, au plus c’est long, au mieux c’est…

Final Audio Heaven VIIPlutôt impressionné par la très belle texture du Final Audio Adagio III dans le médium, je m’étais mis en tête d’acquérir un casque plus haut de gamme de la marque japonaise. J’ai longtemps cherché sur le Web ce qu’aurait pu m’apporter un casque de la série Heaven de Final Audio. Il existe quelques tests et critiques sur On-mag.fr en français et quelques autres en anglais ou en allemand sur ces intra-auriculaires. Ensuite, il ne reste que l’écoute pour se faire une idée de ce que peut donner un casque de la série Heaven signé Final Audio, à la condition que le casque d’essai soit déjà bien rodé car c’est là que le bas blesse…

L’Adagio III avait la particularité de présenter un médium assez fabuleux en termes de matière, avec une texture assez unique. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’une belle voix peut faire passer comme émotion ou du gros son d’un ampli guitares à lampes chauffées à blanc, branchez un Final Audio Adagio III sur votre walkman numérique ou votre lecteur CD et vous comprendrez pourquoi j’étais assez enthousiasmé par ce petit casque très discret. En même temps, les basses présentent de l’ampleur et donnent du corps à la musique alors que l’aigu se fait suffisamment présent mais sans atteindre un niveau de définition renversant. Pour en retirer un maximum de musique, prenez 5 à 10 albums pour le roder et remplacez la petite fiche jack par une autre fiche tout en cuivre/tellurium du genre Furutech et vous m’en direz des nouvelles. Mais quand il s’agit de rodage, pour le Final Audio Heaven VII, il va falloir être patient.

Le rodage des Final Audio Heaven VII, c’est une longue histoire…

Final Audio Heaven VIIEn réalité, il faudra vous montrer vraiment très patient. Pour ma part, j’avais profité d’un bon prix sur une boutique en Angleterre et je m’attendais vraiment à profiter d’un excellent casque. Me disant que l’Adagio III étais vraiment très bon pour son prix, je m’attendais à profiter d’un intra encore meilleur avec le Heaven VII. A peine déballé, c’est la (mauvaise) surprise. Je le branche et entame le premier morceau. Aigu criard, basses absentes, médium en retrait, on aurait cru qu’il s’agissait d’un intra bas de gamme, peut-être en dessous des 20€, acheté dans un hypermarché. Malgré son beau boitier en argent qui laissait présager un casque de qualité, on était très loin du compte. Sur le plan esthétique, rien à redire, les oreillettes tiennent bien et forment une isolation assez typique des intra-auriculaires sans pour autant vous isoler totalement du reste du monde.

La fiche Jack en 3,35 mm est d’une très bonne qualité, ainsi que le corps du casque, fabriqué en métal. Ensuite, il vous faudra faire attention à utiliser une oreillette en fonction de votre oreille. Si l’oreillette est trop grande, les basses sont inaudibles, même le casque rodé (s’il est rodé un jour ?). Une fois la bonne oreillette trouvée, l’isolation fait son office mais le transducteur aura quand même le défaut de se trouver très (ou trop près) des tympans. Dans ce cas, prenez garde de ne pas écouter trop fort ni trop longtemps. Toujours est-il que sur la première heure, l’écoute était vraiment horrible. Si je n’avais lu la critique de On-mag.fr qui en disait beaucoup de bien et qui insistait sur le temps de rodage particulièrement long, je l’aurais renvoyé aussi sec d’où il venait. Malgré cela, l’Adagio III ne m’avait demandé qu’une petite heure de rodage avant de dispenser des qualités d’écoutes vraiment exceptionnelles pour le prix payé. J’avais donc du mal à comprendre pourquoi le Heaven VII aurait pu demander un temps de rodage aussi long.

C’est bien la première fois que le rodage est aussi long et qu’il fait une si grande différence à l’écoute

J’ai donc attendu, fait tourner des heures et des heures le Heaven VII sur mon Mac en mettant du Youtube.com en boucle durant la journée. Au bout d’une trentaine d’heures (environ), le médium se libère un peu, sans atteindre la texture exceptionnelle de l’Adagio III. Après une cinquantaine d’heures, je me suis aperçu que le médium était vraiment le point fort de cet Heaven VII. Particulièrement plaisant sur les voix, son médium s’avère assez différent de l’Adagio car plus linéaire, moins coloré en quelques sortes. Pourtant, j’adore les timbres de l’Adagio III pour la matière exceptionnelle qu’il donne sur le grain des guitares saturées. Sur un vieux walkman CD Panasonic, j’ai remis Crazy World des Scorpions. A l’époque, j’étais complètement fou de cet album, surtout du grain de la Flying V de Schenker branché sur un gros ampli Orange à lampes (à l’époque, on parlait de lampes, pas de tubes). L’Adagio III me redonnait (pratiquement) le son de mon walkman à cassettes (un très haut de gamme de SONY à l’époque) avec un bon intra de chez Kenwood. Le grain et la texture de la guitare de Rudolf Schenker en étaient presque charnels.

Au Final, j’en viens à me demander si ce Heaven VII sera rodé un jour et qu’il me donnera vraiment ses pleines capacités, sinon ses qualités… Car des qualités, il en a. Bien timbré, du moins pour un casque intra-auriculaire de ce prix, j’ai eu l’occasion de le brancher sur différents supports, bons et moins bons, et sur différents formats numériques pour me rendre compte qu’il s’agit d’un casque sérieusement élaboré. Sérieux au point que le Heaven VII vous évitera le ridicule des oreilles de Mickey quand vous prenez le bus ou le métro, tout en vous donnant une ampleur assez proche des casques de salon. Pour un casque aussi petit, c’est déjà un vrai tour de force !

La richesse de timbres du Heaven VII dans le médium est sa première qualité !

Ensuite, si le médium présente une très belle texture (mais avec moins de corps que sur le petit Adagio III), les basses fréquences restent discrètes et très tendues. A l’écoute on sent que ce n’est pas le point fort de l’Heaven VII mais il vous suffira peut-être de le corriger sur l’équaliseur de votre lecteur numérique portable en accentuant légèrement les fréquences en dessous de 100 Hz. Quant à moi (Oh ! Ultime sacrilège…), je profite toujours de mon bon vieux walkman CD Panasonic (modifié par mes soins) pour profiter de ma collection de CD et franchement, cela sonne déjà plus que fabuleusement. 15 ans après la disparition des walkman CD au profit des fichiers numériques dématérialisés, j’ai encore le gros son dans le métro 🙂

Que dire de l’aigu sauf que j’ai déjà entendu mieux. L’image stéréophonique est de bonne facture mais clairement à la ramasse si je devais la comparer à celle de mon Earsonics SM3 (d’ailleurs nettement moins cher que le Heaven VII). L’image stéréo est bien centré et suffisamment large mais en termes de profondeur et d’image stéréophonique en 3 dimensions, Earsonics s’avère quand même nettement au dessus. Bref, vous l’avez compris. Si vous êtes patient, le Heaven VII vous donnera une très belle écoute avec des basses très tendues, un très beau médium et des aigus assez discrets, bien définis mais manquant un peu de richesse harmonique. Par contre, au prix du Heaven VII, la concurrence est rude, notamment en France même avec Earsonics ou d’autres comme Grado, Fostex ou Nu Force par exemple, qui ont aussi leur mot à dire. Mais qui sait… peut-être que d’ici un an ou deux, je reviendrais sur mon opinion mais pour l’instant, le Heaven VII me parait présenter autant de qualités que de défauts, ce qui ne plaira pas forcément aux audiophiles les plus exigeants.

Eric Mallet

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