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13 Juil

High End Munich 2018, de belles écoutes et quelques déceptions musicales

high-end-munich-2018Second voyage de quelques jours en Allemagne à Munich pour ma part, comme l’année dernière, j’ai assisté à de très belles écoutes mais aussi à quelques déceptions musicales, c’était un peu inévitable. Après plus de 10 heures de bus, j’arrivais enfin à la gare routière, situé à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Petit détour à la gare pour un café et je recevais un message de Jean Razzaroli du blog L’Audioexpérience, déjà sur place depuis jeudi. Je ne trainais pas et me rendais rapidement à l’hôtel pour y  déposer ma valise. Jean et le High End Munich 2018 m’attendaient déjà de pieds fermes !

Le salon est tellement grand que mes 2 journées et demi au High End Munich 2018 ne serait pas de trop pour tenter d’écouter un maximum de systèmes haute fidélité. De là, il est bien évident que je ne saurais vous écrire un article exhaustif sur le salon parce que ce n’est pas possible. Il faut savoir que ce High End Munich 2018 réunit plus de 500 exposants de la haute fidélité venus du monde entier, les présentations des systèmes sont donc bien trop nombreuses pour que l’on puisse toutes les écouter. C’est tellement vrai que sur l’article de Jean, sur la totalité des photos qu’il a pris durant le salon, je n’en ai pratiquement aucune en commun avec lui, malgré le fait que nous ayons partagé une grande partie de notre temps à écouter les systèmes présentés ensemble.

La surface d’exposition du High End Munich 2018 est toujours aussi impressionnante

sonus-faber-high-end-2018Pour ceux qui ne se sont pas encore rendu à Munich, il faut savoir que le MOC est un bâtiment divisé en 4 parties avec un rez-de-chaussée déjà impressionnant par sa taille mais que l’étage partage la même surface avec 2 étages d’exposants à découvrir. Le rez-de-chaussée fait la part belle aux expositions statiques avec de petites cabines d’écoute. A l’étage, les surfaces réservées aux écoutes bénéficient de plus d’espace. Ainsi, je ne pourrais que vous proposer une courte synthèse des écoutes audiophiles qui m’ont le plus impressionnées et celles qui m’ont réellement déçues.

Dans cette optique, il faudrait aussi tenir compte du fait que quel que soit le salon, aussi grand soit-il, on sera toujours mieux chez soi pour écouter sa chaine haute fidélité. Cela s’explique simplement en partant du principe qu’un système audiophile personnel repose sur des années d’écoutes, de recherches et de choix, dans un environnement optimal par rapport aux salons d’exposition.

high-end-munich-2018A l’opposé, présenter un système haute fidélité digne de ce nom en salon repose déjà sur des conditions difficiles, ne serait-ce qu’à cause de la pièce qui ne sera pas forcément adaptée à une écoute audiophile. Ensuite, il faut tenir compte du fait que de préparer un système haute fidélité en salon ou en exposition repose souvent sur des impératifs de temps (limité) et de choix, parfois imposés entre constructeurs et distributeurs. Telle marque veut présenter tel système mais avec tel câble ou tel meuble ou telle électronique en particulier.

De là, les conditions d’écoute sont souvent très moyennes par rapport à ce que l’on peut faire chez soi. Disons que dans les salons, on évite le facteur WAF mais il s’agit bien du seul facteur évité. Il faut donc savoir relativiser, même lorsqu’il s’agit du High End Munich 2018. Cependant, cela n’empêche pas la majorité des exposants de donner le meilleur d’eux-mêmes quant à la présentation de leurs systèmes haute fidélité, ce qui nous donne souvent de très bonnes surprises à l’écoute.

Des photos de quelques systèmes qui rendent justice à la musique seront bien plus parlantes qu’un compte-rendu exhaustif mais ennuyeux du High End Munich 2018

high-end-2018-inakustik-primareCette année, je vais donc essayer de réduire mon texte mais de vous proposer plus de photos commentées. Impossible de rédiger un seul article exhaustif sur le High End Munich 2018, il faudrait y passer une semaine ! Toujours est-il que j’ai eu le plaisir d’assister à de belles écoutes, avec les excellentes enceintes Magico par exemple ou chez les français d’Apurna qui représentent parfaitement le High End de la haute fidélité avec des amplificateurs particulièrement bien développés et exploités. D’ailleurs, à peine arrivé au salon, j’ouvre la porte du MOC et je tombe sur Guy Boselli de Sound and Colors avec lequel j’avais déjà bien discuté lors de ma découverte des nouvelles Magico A3 à Paris chez Présence Audio Conseil.

La conversation reprend comme si nous l’avions laissé à Paris, Guy est quelqu’un de particulièrement jovial et sympathique tout en montrant un professionnalisme affirmé. Finalement, cela fait toujours plaisir de revoir des personnes que l’on apprécie dans le petit monde de la haute fidélité, surtout lorsque l’on peut discuter sans parti pris mais entre passionnés. Après quelques moments d’attente, je retrouvais Jean Razzaroli avec grand plaisir et je m’apprêtais à débuter la visite de ce High End Munich 2018. En 2017, j’avais commencé par le rez-de-chaussée sans avoir vraiment de plan en tête, chose qui me paraissait logique. Cette fois, je me décidais à suivre Jean qui avait déjà préparé ses priorités d’écoutes sur papier.

Nagra et Wilson Audio proposent une écoute équilibrée mais qui me laisse un peu sur ma faim

high-end-2018-nagra-wilson-audioJean voulait me faire découvrir le stand Nagra. Ce dernier était placé à l’étage, sur un angle du bâtiment, offrant une large surface vitrée en arrière des enceintes.  Une exposition statique particulièrement bien présentée retrace l’histoire de Nagra et des fameux enregistreurs qui ont marqué le monde l’enregistrement professionnel. Côté haute fidélité, nous étions également servi avec un déploiement total des électroniques de la gamme, dont une très belle source vinyle.

D’emblée très musical, Nagra n’est pourtant pas le système qui m’aura le plus impressionné par sa musicalité au cours du salon malgré un naturel exemplaire. Les câbles Kubala Sosna branchaient pourtant le système, ce que j’avais apprécié également. Malgré cela, j’avais l’impression d’entendre un léger voile dans le bas médium avec un manque de richesse harmonique palpable sur l’ensemble des morceaux. La neutralité légèrement rigide des Wilson Audio ne m’aura jamais vraiment convaincu.

Les enceintes Wilson Audio sonnent trop « neutres » pour mes oreilles

High-End-2018-ChordPour les amateurs de neutralité, c’est vers ce genre de chaine haute fidélité qu’il faudra vous pencher. Pourtant, l’écoute des électroniques Nagra était pour moi beaucoup plus riche et plus musicale à Paris avec les enceintes YG où l’on atteignait vraiment des sommets en termes de réalité acoustique, un idéal audiophile en quelques sortes… A Bruxelles par contre, Nagra était également associé à des enceintes Wilson Audio avec le même rendu musical très neutre mais qui manque un peu de magie et d’émotions avec un médium en retrait.

Comme quoi, le choix des enceintes est souvent primordial pour une chaine haute fidélité, même si, de toute évidence, la source sera le premier maillon à privilégier. Quoi que vous fassiez, il sera toujours impossible d’écouter ce qui n’est pas parfaitement donné par la source. In fine, une paire d’enceintes donnera le caractère de votre système alors qu’une excellente source laissera passer un maximum d’informations et de musique.

Chord présentait un système et des DAC en ultra-haute définition avec une musicalité hors du commun

mojo-chordEt quant à parler de musique à ultra-haute définition, c’est sur le stand de Chord que nous nous sommes arrêté avec le plus de plaisir. Le système présenté au High End Munich 2018 bénéficiait d’un nouvel amplificateur analogique ainsi que de leur tout nouveau DAC, le Hugo TT 2, encore nettement amélioré par rapport à la première version, déjà excellente en soi.

Aboutissant sur une paire de Raidho Acoustics, câblés en Transparent Cable. Jean me rappellera très justement que Chord distribue également différentes gammes de câbles mais qu’ils ont choisi Transparent Cable pour cette démonstration au High End Munich 2018. L’écoute est stupéfiante de détails mais sans sur-définition fatigante. La musicalité dépasse la norme, c’est vraiment du grand art.

Au contraire, Chord est un des rares constructeurs d’électroniques qui maitrise à la fois le sens du détail et la fluidité naturelle de la musique. Corollaire de ces qualités, l’image stéréophonique est particulièrement bien reproduite avec une transparence surprenante que j’ai rarement entendu sur d’autres systèmes. Rien à dire de mal par rapport à l’écoute des DAC portables, depuis le petit Mojo qui est déjà remarquable, jusqu’au nouveau Hugo qui, au passage, à perdu de son hyper-définition pour y gagner en fluidité. A vrai dire, j’ai l’impression que Chord aura évolué en maitrisant de mieux en mieux la définition spectaculaire de ses convertisseurs pour mieux l’intégrer à la musicalité hors normes du résultat musical obtenu dans l’analogique.

Avec Magico et Soulution, on entre vraiment dans le High End de la haute fidélité

magico-soulution-high-end-2018Si l’on a souvent l’impression de se perdre dans les couloirs du MOC, le High End 2018 présentait cependant des valeurs sûres contre lesquelles ont pouvait naturellement reposer ses oreilles. Ces valeurs sures, et étonnantes par la musicalité qu’elles déploient, étaient à nouveau représentées par une marque d’enceintes américaines que l’on ne présente plus, Magico en l’occurrence…

A nouveau mariées avec talent aux électroniques Soulution Série 7, les enceintes Magico M6 délivraient une impression d’immédiateté et de présence musicale absolument unique. Parfaitement linéaires du grave à l’aigu, la sensation de réalité musicale était à peine croyable, comme si vous étiez en studio avec les musiciens pendant l’enregistrement. L’image stéréophonique faisait également partie des plus réussies du High End Munich 2018 avec un étagement parfait des plans sonores où chaque instrument se retrouvait parfaitement à sa place.

Soulution-magicoQuel que soit le style de musique présenté, on se sentait vraiment comme imprégné par le morceau. La pièce avait d’ailleurs été judicieusement travaillée par le concepteur, les pièces du MOC de Munich n’étant pas idéalement conçues pour ce genre de démonstration musicale. Mais à vrai dire, la pièce se faisait vraiment très peu présente, au bénéfice de la musique qui se libérait avec une fluidité et un naturel sans pareils.

L’ensemble Magico M6 et Soulution présentait une musique à la fois très douce, fluide et dynamique. A n’en pas douter, Magico nous faisait bénéficier d’une des plus belles écoutes de ce High End Munich 2018. Dans une autre salle, les électroniques Soulution étaient également en démonstration avec des enceintes Rockport Technologies. A mon sens, l’écoute était plus focalisée sur l’aigu et moins homogène que les Magico malgré une écoute musicalement agréable dans l’ensemble. La différence se jouait essentiellement au niveau de la matière sonore, mieux présentée par les Magico M6.

Les électroniques Marantz Ruby présentées par Ken Ischiwata nous ont offert un très bon moment d’émotion musicale

Marantz-sa-10-high-end-munichAutre surprise musicale très attendue, celle des électroniques Marantz de la nouvelle série PM-KI Ruby avec la présence exclusive de Ken Ischiwata pour ses 40 ans de collaboration avec la marque japonaise (d’où l’appellation KI Ruby évidemment). L’écoute proposée aux audiophiles de Munich reposait naturellement sur le haut de gamme de la marque en SACD-CD-Streamer KI Ruby et amplificateur intégré PM-Ruby vendus aux alentours des 4000€ l’unité, un tarif encore assez étonnant pour le High End de Munich, moins onéreux que la série 10 du fabricant japonais.

Les électroniques Marantz étaient associées à une belle paire d’enceintes colonne orientées de manière assez particulière vers l’axe central. L’écoute se faisait assez claire, avec une très belle définition, douce et soyeuse mais très nerveuse lorsque le message sonore le demandait. Les Marantz Ruby s’avéraient tous simplement fidèles à la musique, avec une belle présence et un effet de réel et de connivence avec les musiciens très réussis. Si j’ai tendance à placer les Magico et Soulution un cran au dessus pour la matière qu’ils font passer et que Marantz ne présentait pas, je mettrais toutefois ces électroniques juste derrière pour l’émotion qu’elles dispensent, avec le trait de génie et la passion pour la musique particulièrement affirmés par la marque japonaise et son maître d’œuvre, Ken Ischiwata en particulier. J’imagine fort bien ce que pourrait donner ces belles électroniques Marantz avec des Magico A3, câblés en JPS Labs Illuminata 🙂 Un rêve d’audiophile assez abordable en quelques sortes, à partir du moment où vous constatez que d’autres savent investir à perte pour une voiture deux à trois fois plus chère.

Nous redescendons au rez-de-chaussée pour découvrir Naïm Audio et Focal

naim-audio-munich-2018Naturellement, quand Jean Razzaroli vous parle de Naïm, il sait de quoi il parle puisqu’il en est équipé chez lui. Cette année, c’est un fabricant français qui s’était associé à ces électroniques mondialement connues et qui, elle non plus, ne devraient plus être présentées. Déjà amateur de la marque depuis longtemps, je ne pouvais m’attendre qu’à une démonstration de qualité et difficilement décevante. Pour ce High End Munich 2018, Naim Audio occupait plusieurs salles avec une présentation statique comparable à celle de Nagra. Les électroniques Naim été associées aux enceintes françaises de chez Focal.

Connaissant bien leurs enceintes pour le côté légèrement rigide mais certainement pas froid de ces enceintes, je m’attendais à ce que Naim donne de la matière à l’écoute et s’accorde assez bien avec l’aisance de Focal à donner des détails musicaux assez pointus, en affichant leur transparence habituelle. A l’écoute mes attentes e mon intuition étaient largement comblées. La matière sonore libérée par les électroniques Naim Audio s’accordait parfaitement bien avec le léger excès de rigueur souvent constaté chez Focal; le mariage franco-britannique était une véritable réussite sur le plan musical. Conséquence de ces qualités, l’émotion nous prenait sur chaque morceau et il devenait difficile de se retirer pour tenter d’autres découvertes, au risque de ne pas retrouver l’harmonie et l’équilibre de ces deux éléments. Il nous fallait cependant prendre congé, le High End de Munich nous donne très peu de répits, encore moins de repos.

Des enceintes Focal avaient également la lourde tâche d’assurer l’écoute des électroniques Apurna avec les câbles Absolue Creations

Apurna-high-end-munich-2018

Apurna ou l’excellence de la Haute Fidélité française au High End Munich 2018

Déjà présenté dans un article précédent, les amplificateurs Apurna sont encore bien plus impressionnants de visu que sur le site de la marque. La finition est parfaite et je me demandais si l’esthétique hors norme correspondrait à une écoute qui l’est tout autant. Je suis donc entré dans la petite salle d’écoute avec grand plaisir. Apurna présentait au High End de Munich les amplificateurs Carbone & Titanium de la Collection Apogée.

Présent depuis quelques instants seulement, l’écoute de ce joli système ne m’a pas laissé indifférent très longtemps. Et si je reconnaissais rapidement le son Focal avec cette contenance que j’estime parfois à la limite de la rigidité, il n’en était absolument rien avec les amplificateurs Apurna. Bien au contraire, l’amplification Apurna semblait délivrer un souffle et un dynamisme impressionnant à chaque morceau joué, libérant toute la force et la beauté d’une interprétation lorsque cela était nécessaire, tout en stoppant de manière net, à la microseconde près. On sent très vite que ces électroniques savent délivrer du courant – et du grave ! – dès que nécessaire. Ce genre de performance est extrêmement rare à écouter, même sur les meilleures électroniques. L’écoute se faisait cependant très neutre, avec une élégance rare mais sans trop en faire, à l’opposé de certaines électroniques trop focalisées dans le médium et qui s’écartent, très joliment, de la réalité musicale d’une interprétation.

Apurna-high-end-munich-2018Avec une justesse de timbres tout aussi exceptionnelle, l’image stéréophonique s’établissait largement entre les enceintes avec une belle profondeur qui dépassait largement le cadre de la salle. De manière un peu paradoxale, l’élégance et la fluidité musicale de chaque interprétation jouée n’avait d’égal que la sobriété générale de l’écoute, un peu comme une main de fer dans un gant de velours pour reprendre une expression trop souvent répétée mais qui, dans cette situation d’écoute, prenait tout son sens. Système audiophile High End 100% français, le haut de gamme des câbles Absolue Créations contribuait certainement à cette rigueur élégante – et antinomique – que distille cette excellente marque de câbles à l’écoute.

Cerise sur le gâteau, Apurna profitait de l’excellent convertisseur B.Audio et de ses performances hors normes sur le plan de la transparence et de l’expressivité musicale. Sur Orly de Jacques Brel, l’articulation de la voix du chanteur vous prenait réellement par l’émotion, un peu comme si vous étiez devant le grand Jacques au moment de l’enregistrement du morceau. A ce jour, je n’avais encore jamais entendu une telle foule de détails dans la diction d’une voix. Là, la notion même de transparence atteignait un sommet difficilement surmontable. Et à vrai dire, si l’on parle beaucoup de transparence musicale sans vraiment savoir comment situer une écoute par rapport à une autre, le système Apurna définissait assurément la limite haute du terme. C’était pour moi, avec Magico, Naim et Ana Mighty Sound, un des meilleurs moments d’écoute de ce High End Munich 2018.

Ana Mighty Sound et les électroniques Helixir Audio de Christian Catauro nous ont servis de la très belle musique

Ana-mighty-sound-helixir-audioPour cette année, je pardonnerai à Christian Catauro de ne pas avoir su se rendre à Munich pour ce nouveau High End. Disons que la présence de ses électroniques nous donne déjà de quoi lui donner l’absolution (provisoirement !). Helixir Audio s’était joint à Ana Mighty Sound et les enceintes Suesskind pour nous offrir un résultat musical absolument hors de toutes critiques. La spontanéité musicale et l’effet 3 dimensions de l’écoute m’ont tout d’abord frappés.

Avec un certain plaisir, j’ai également retrouvé cette faculté assez rare de remplir tout l’espace sonore avec une grande facilité comme le font très bien les électroniques Helixir Audio. On ressent parfaitement la présence du chanteur avec une excellente définition, ce qui facilite naturellement la fidélité aux timbres de chaque instrument et du chant. La dynamique est très surprenante et l’émotion passe aisément.

J’ai surtout estimé que l’équilibre entre la matière sonore et la clarté nécessaire à une intelligibilité parfaite du message musical était particulièrement réussi sur ce système. A l’opposé, certains systèmes haute fidélité sonnent trop clairs, avec trop d’aigu ou tout simplement par manque de matière sonore, ce qui créé souvent un son aigre et désagréable. De l’autre côté, certains systèmes sont trop chaleureux, nous laissant une impression de mollesse désagréable, avec une absence d’intelligibilité marquante sur les voix. Ici, l’équilibre du système présenté par Ana Mighty Sound nous donnait à la fois toute la dynamique essentielle de la musique avec des attaques instantanées tout en évitant de tomber dans une lourdeur pesante dans le grave et le bas médium ou au contraire, sur un son trop porté sur l’aigu. Au final, vous obtenez une écoute parmi les plus naturelles du salon, neutre mais sans sécheresse ni rigidité désagréable, bien au contraire… J’espère surtout que Christian Catauro sera à Munich l’année prochaine pour nous présenter un système 100% Helixir Audio – nous en avons discuté au téléphone…

Les déceptions du High End Munich 2018

King’s Audio, une exploration stupéfiante du haut médium aigu dont on ne se remet pas facilement !

Évidemment, au plus vous multipliez les systèmes audio, au plus vous risquez d’être déçu. Je n’ai pas retenu le nom de tous les systèmes qui m’ont déçu ou qui m’ont laissé dans l’expectative mais ils étaient quelque-uns. Naturellement, je retiendrais toujours plus facilement les chaines qui m’ont marqué plutôt que celles qui m’auront déçu. Pouvant cependant comparer d’une année sur l’autre, je dirais simplement que les enceintes canadiennes Paradigm m’ont un peu moins convaincu que l’année dernière. La magie de l’écoute semblait avoir partiellement disparue cette année. Relativisons cependant, l’écoute était déjà nettement supérieure à celle qui fut donnée l’année dernière à Paris avec les mêmes enceintes mais câblées avec les plastico-cuivre Wireworld. Comme quoi, un simple détail peut vraiment tout changer…

Ma plus grosse déception concernerait sans doute la mise en valeur statique des câbles et électroniques Charlin, à mon avis complètement desservie par l’écoute du système proposé. Résolument axé sur l’aigu, je n’ai pas apprécié leur démonstration musicale. C’est d’autant plus étonnant par rapport à l’année dernière où Olivier Robert nous avait proposé une excellente écoute de ses électroniques et câbles, qui pour moi, restent une des meilleures marques de câblage haute fidélité que j’ai pu tester. Évidemment, il n’est pas toujours simple de miser sur une écoute satisfaisante dans un salon comme le High End de Munich lorsque l’on a pas toutes les cartes en main et que la salle est partagée avec d’autres marques. Une écoute 100% Charlin aurait été beaucoup plus intéressante.

En restant du côté français, je n’ai pas été totalement convaincu de l’écoute proposée par les électroniques YBA et enceintes Mulidine. J’ai trouvé l’écoute, certes très transparente et très riche en détails mais un peu trop claire pour mes oreilles. D’autres personnes ont apprécié le système d’Yves Bernard André avec Mulidine, ce qui est compréhensible, connaissant le talent et la passion qui animent nos deux concepteurs français.

Le High End Munich 2018 est parfois décevant parce que trop démonstratif

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L’Empyrean de Meze Audio, un des meilleurs casques jamais développés !

De nombreux autres systèmes se sont montrés bien décevants pour ce High End Munich 2018 mais il faut aussi tenir compte de la taille relative des salles proposées aux exposants. Au rez-de-chaussée, des petites salles fermées sont à disposition alors qu’aux étages, des salles plus grandes sont disponibles. De manière assez relative, j’ai toujours eu cette impression qu’un système présentant moins de « matière sonore » sera plus facilement à l’aise dans une petite salle que dans un grand espace. A l’opposé, une chaine présentant un médium effacé avec une insistance dans le grave et l’aigu donnera sans doute un résultat musical désagréable dans une grande pièce.

D’un autre côté, un son chaud sera souvent mal perçu dans une petite pièce. Prenez en compte le fait que les salles ne sont pas vraiment adaptées à une écoute audiophile et vous retrouverez là la plupart des écueils sur lesquels peuvent se heurter les démonstrateurs. Finalement, j’en reviens un peu à ce que je disais en introduction de l’article. Autre sujet particulièrement pénible dans ce genre de salon, c’est celui du manque cruel de variété des morceaux proposés à l’écoute. C’est à croire qu’à force de faire les salons, on finit par entendre toujours la même chose. Ajoutez-y les morceaux hyper-démonstratifs, les morceaux de démonstration de batterie ou les morceaux de pseudo-jazz à la « tchick boum » et autres explosions en tous genres et vous comprendrez pourquoi ce genre de salon, même le plus grand d’entre eux, n’intéresse pas vraiment la majorité des audiophiles…

Cela dit, je vous retrouve l’année prochaine à Munich où j’espère y voir, mais surtout à y écouter de nouvelles surprises.

Eric Mallet

 

 

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