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28 Déc

La terminologie de l’audiophile Partie I: Transparence et Musicalité !

Démonstration video au salon du Pullman (1 et 2 octobre 2011)

Intéressé par la reproduction musicale de qualité, vous venez sans doute d’aborder le monde des audiophiles, ceux qui prêtent une attention féroce et aiguisée à la qualité de reproduction sonore d’une œuvre musicale. Ou bien, s’agit-il peut-être d’un monde – très fermé – que vous connaissez bien mais le vocabulaire de cette race à part de mélomanes (assez portée sur la technique et les technologies de reproduction musicales) vous semble parfois compliqué et obscur. En effet, si bon nombre d’audiophiles s’accordent sur le résultat ou le ressenti acoustique d’une écoute, comment définir les termes de transparence, de musicalité, de coloration ou de couleur musicale. Que dire de l’ambiance, de l’image stéréophonique, de la clarté, d’un médium sombre, des timbres, de la bande passante, de la brillance et j’en passe… L’audiophile est un drôle d’animal !

Essayons d’y voir plus clair !

Disons que d’un point de vue général, nous avons tous notre point de vue sur la reproduction sonore qui nous plait et nous parlons donc bien précisément de reproduction musicale et non pas de retranscription exacte d’une œuvre musicale, ce qui a priori, n’est pas encore possible et ne le sera sans doute jamais. Par principe, les oreilles reçoivent et le cerveau écoute par interprétation, ce qu’il fait d’ailleurs constamment et pour tout. À partir de là, nous possédons tous notre sensibilité musicale personnelle. C’est tellement vrai qu’il existe un nombre astronomique de marques dans le monde la haute fidélité et que chaque marque à ses aficionados comme ses détracteurs. Certains ne jurent que par Marantz, d’autres par Goldmund, d’autres par Triangle, Dynaudio, Mark Levinson, NAD, Simaudio, B & W, Audio Research, PEL et j’en passe…

Finalement, dans le monde très fermé de la Haute Fidélité, la vérité (comme ailleurs) n’existe pas et chacun voit un peu midi à sa porte. À vrai dire, il y en a pour tous les goûts, à lampes (et pas à tubes, c’est un terme anglais) et à transistors, analogiques ou numériques, voire à l’heure actuelle, à flux numériques… Il faudrait donc essayer de rester sur des idées ou des termes généraux et sur lesquels tout le monde tombe d’accord, ce qui est loin d’être simple. Ce dont je vais essayer de traiter ici relève beaucoup plus du subjectif, ce qui explique la difficulté de l’exercice. Aujourd’hui, ces passionnés de reproduction musicale se regroupent sous le terme d’audiophile.

1. La musicalité

enceintes françaises WaterfallParler de musicalité revient à dire qu’une œuvre musicale reproduite respecte de près l’œuvre originale et l’esprit dans lequel cette œuvre a été élaborée. C’est un terme qui finalement, englobe un peu de tout, de l’émotion, de la transparence, du swing, de la justesse rythmique et de la fluidité instrumentale qui nous fait penser qu’une reproduction est musicale ou ne l’est pas. D’autres critères tout aussi subjectifs pourraient encore se joindre à la liste sans que l’on puisse vraiment caractériser ce critère avec objectivité.

Un des critères les plus subjectifs – mais qui reste encore définissable selon l’audiophile lambda – concerne les différences de musicalité suivant les heures d’écoute. Personne ne pourra nier que certains jours, parfois au soir ou un dimanche après-midi, l’écoute est nettement meilleure et la musicalité plus prononcée qu’à un autre moment. Sur le plan rationnel, on peut estimer que la consommation électrique est plus faible le soir vers 23 heures qu’en semaine en pleine après-midi même si cela reste très relatif.

Cependant, n’importe quel système haute fidélité, étant alimenté par le courant électrique, fonctionnera plus ou moins bien suivant certains facteurs qui nous échappent, je pense à la mécanique quantique mais ça reste impossible à prouver. amplificateur Storm AudioLe trajet souvent complexe du courant à travers condensateurs, résistances et selfs, sans parler de ce qui peut se passer au niveau du filtrage ou du préampli sera nécessairement influencé par des centaines de milliers de facteurs qui produisent eux-mêmes des variations qui pourrait influencer l’écoute. L’importance du courant électrique et sa transmission ne devraient pas être négligés. Le courant électrique, pour votre système, c’est un peu comme le sang pour votre corps, autant qu’il soit fluide et circule mieux. Pour parler franchement, les différences d’écoute entre des câbles secteur de marques Synergistic Research, Acoustic Zen ou Furutech confirment cette donnée, l’écoute n’est jamais la même selon mon expérience personnelle. Citons également l’interaction entre les enceintes et l’ampli, qui peuvent, eux aussi, faire varier l’écoute d’un jour à l’autre, suivant le comportement de l’ampli, etc.

Rien n’est plus subjectif à définir que la musicalité, la seule chose dont on peut être sûr, c’est que les audiophiles recherchent nécessairement le filé et l’humanité de l’analogique, à l’inverse d’une écoute froide et manquant de corps d’une écoute numérique de piètre qualité. Ce genre d’écoute devient d’ailleurs et heureusement de plus en plus rare de nos jours, même sur le bas de gamme – l’évolution stupéfiante du numérique nous permet aujourd’hui de profiter d’une écoute beaucoup plus musicale à un prix encore modeste pour les résultats musicaux obtenus, si on les compare à ce qui se faisait il y a seulement 15 ans.

2 : La transparence

Qobuz :-)Par définition, votre amplificateur vous délivre une modulation qui devrait s’avérer totalement transparente, ou du moins, à 99,999% très certainement. Pourtant, même constat, les différents essais réalisés sur les câbles ne donnent jamais les mêmes résultats et je dirais que s’il fallait cerner un critère sur lequel se raccrocher, c’est que d’un point de vue purement physiologique, l’oreille humaine entend principalement du médium, l’aigu et le grave ne représentent pas 30% de ce que l’oreille perçoit, quantitativement parlant. Les voix humaines s’expriment dans le médium et l’oreille est donc conçue physiologiquement pour entendre cette plage de fréquence. Vous êtes sans doute nombreux à avoir fait l’expérience d’un gain dans le haut médium et d’y entendre plus de détails, au détriment d’une écoute différente, centrée ailleurs en fréquence mais qui vous fera entendre d’autres détails. On en revient à une question de sensibilité personnelle et de perception globale. Dans tous les cas, les changements d’écoute, en haute fidélité plus qu’ailleurs, confirment l’adage qui dit que « ce que l’on pensait être mieux est souvent l’ennemi du bien« .

A partir de là, les timbres instrumentaux et les différences que l’on pourrait percevoir entre différents instruments vont surtout s’entendre dans le médium même si le grave et l’aigu sont d’une importance cruciale. La pureté des métaux utilisés dans un câble sera l’un des principaux facteurs à déterminer la transparence finale à l’écoute. Les cuivres de mauvaise qualité, les OFC de petites qualité, de même pour l’argent, ne peuvent donner d’excellents résultats à l’écoute. Pour l’instant (et cela n’engage que moi), le cuivre et l’argent OCC donnent les meilleurs résultats en écoute comparative selon les marques que j’ai pu tester. Cela n’a pas empêché certaines marques d’utiliser autre chose que du cuivre ou de l’argent, Van den Hul se sert du carbone et d’autres alliages avec de bons résultats, JPS Labs utilise lui aussi un alliage d’aluminium intéressant, particulièrement en termes de rapidité des attaques, de dynamique et de détails.

Une belle platine vinyleD’autres facteurs viennent ensuite compliquer les choses. Le diamètre d’un câble, les notions de capacitance et de résistance vont également entrer en jeu, sans parler des temps de propagation ou des effets de peau que la recherche scientifique a mis en évidence. En effet, suivant leur fréquence, les signaux se déplacent différemment dans un câble, ce qui influe à nouveau le résultat d’écoute. A partir de là, plusieurs solutions, souvent très complexes (je pense par exemple à l’utilisation du carbone chez Van den Hul, la configuration hélicoïdale breveté Helix de Shunyata, le principe Oval chez Analysis Plus ou les différentes technologies utilisées chez Synergistic Research et encore d’autres…) vont eux aussi influencer l’écoute.

Le problème de l’isolant et de sa relation avec les conducteurs va encore compliquer les choses. Si l’air est le meilleur isolant, il est bien évident qu’un câble doit être isolé. Le coton donne également d’excellents résultats, c’est l’isolant que j’ai finalement retenu pour mes propres câbles, les Magic Third. La gaine d’isolant n’est ensuite rétractée que sur la partie visible des câbles, me donnant les meilleurs résultats d’écoute pour l’instant. Cette constante est parfois reprise par certaines marques prestigieuses (et coûteuses), notamment Shunyata Research, Fadel Arts, Inakustik et Silent Wire chez les allemands. Quoi qu’il en soit, s’arrêter sur des définitions concrètes de ces critères particulièrement subjectifs aura du mal à satisfaire l’audiophile qui est en nous.

La première partie de l’article se termine, je pensais ne faire qu’un article mais il y a tellement de chose à dire sur ce sujet (sans l’épuiser, fort heureusement) que je suis contraint d’écrire deux parties.

A tout de suite,

Eric Mallet

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