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14 Juil

Nakamichi Dragon, la légende des lecteurs cassettes analogiques haute fidélité

A l’heure du numérique et de la musique dématérialisée (dont la qualité ne cesse d’ailleurs de surprendre), il semblerait pourtant un peu étrange de revenir sur le matériel analogique, même haut de gamme, que les plus de 30 ans ont connus mais qui semblerait tout droit sortir de la préhistoire pour nos jeunes intoxiqués au MP3 et autres cochonneries du marketing pseudo-musical.

Un haut de gamme des lecteurs analogiques à cassettes qui a marqué son époque !

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La Nakamichi Dragon

J’ai donc décidé d’ouvrir cette catégorie d’articles Vintage avec la légende des lecteurs de cassettes, la Nakamichi Dragon en personne. Notez que ce genre de matériel (pour les lecteurs qui fonctionnent encore) se revend quand même aux alentours des 1400$ sur le marché de l’occasion; c’est plutôt pas mal pour un appareil de cet âge. Étant à l’époque, très fan des cassettes et de mon 8 pistes TEAC, j’ai possédé un nombre incalculable de walkman auto reverse en tous genres, à la recherche du son ultime – une quête qui dure maintenant depuis plus de 30 ans. A notre âge, il est quasiment impossible de ne pas trouver un audiophile digne de ce nom qui n’a pas apprécié la musicalité de ses collections de cassettes audio, tout comme le fait d’évoquer le souvenir d’un bon lecteur vinyle ne suscite quelques souvenirs entachés de nostalgie audiophile.

Le numérique marquera la fin de nos bons vieux lecteurs analogiques à cassettes

Parfois surnommé l’anti-DAT (Digital Audio Tape) par les audiophiles de l’époque, ce simple surnom en disait long sur le potentiel de ce simple support musical qu’était la cassette analogique, poussée dans ses derniers retranchements par la Nakamichi Dragon. Si mes souvenirs sont bons, cet engin fabuleux de la reproduction et de l’enregistrement analogique devait couter aux alentours des 27000 francs, une somme particulièrement conséquente pour ce genre d’appareil, même encore maintenant, si vous convertissez la somme en euros. Et pourtant, si la DAT n’a pas convaincu (elle proposait pourtant une fréquence d’échantillonnage de 48 kHz contre 44,1 pour le standard CD), la technologie numérique marquera un coup d’arrêt définitif à l’avenir des lecteurs cassettes analogiques. Doté de 3 têtes de lecture et d’une précision de calibrage encore jamais atteinte (avec système NAAC pour Automatic Azimuth Correction), la Nakamichi Dragon pouvait, selon les connaisseurs, dévoiler la musicalité hors norme de n’importe quelle cassette, de la simple Fe (aussi nommée Type I) jusqu’au haut de gamme Métal, en passant par la Chrome (ou Type II). Il s’agissait du standard le plus utilisé à l’époque car meilleur que la simple Fer et moins onéreuse que la cassette métal.

Des valeurs techniques de fous pour une musicalité hors norme

Nakamichi-DragonHaut de gamme de la marque japonaise, la Dragon proposait le Dolby B et C mais surtout plusieurs types de réglages afin de calibrer au mieux la sensibilité et le bias avec un ajustement précis des spécificités d’enregistrement en fonction de chaque type de cassette (!) Pour l’époque, les performances étaient plus qu’exceptionnelles avec une réponse en fréquence de 20Hz à 22 kH avec une cassette métal mais avec une simple cassette fer, la musicalité écrasait déjà n’importe quel lecteur produit à l’époque. Le rapport signal/bruit atteignait 72 dB pour les cassettes Métal (à comparer avec les platines vinyles) et une distorsion harmonique totale de 0,8% (de la folie furieuse pour un lecteur de cassettes audio !). Avec de telles valeurs en analogique, difficile de dire ce qu’aurait pu faire cette entreprise japonaise si elle avait pu développer ses talents dans le numérique mais malheureusement, ça ne sera jamais le cas. L’entreprise a fait faillite en 2002 et fut rachetée par une firme chinoise. Quand à la fameuse Nakamichi Dragon, elle fut produite pendant 11 ans, jusqu’en 1993 pour la modique somme de 2499$ (quand même !). Cependant, si vous cherchez encore à vous procurer un modèle d’occasion, prenez en compte que de trouver des pièces est presque impossible puisque la machine n’est plus construite.

La Nakamichi Dragon donna ses lettres de noblesse à notre bonne vieille cassette analogique…

Dans tous les cas, et si vous possédez encore quelques cassettes audio perdues dans une veille armoire, le jeu pourrait en valoir la chandelle. Pour peu que vous ayez encore une belle platine vinyle qui puissent vous faire de beaux enregistrements… En effet, à lire les critiques sur audioreview, la Dragon pourrait encore battre bon nombre de lecteurs de CD haut de gamme de 2005, ce qui est déjà plus qu’étonnant. Pour la suite, avec l’évolution stupéfiante des DAC, j’aurais quand même beaucoup de mal à y croire. Mais si vous tombez un jour sur un ami qui vous propose d’écouter une cassette audio, évitez de lui rire au nez lorsqu’il affichera fièrement dans son salon cette grosse boite blindée comme un coffre fort et son vu-mètre old school, il se pourrait très bien que vous puissiez rire jaune…

Quand à moi, il faut que je téléphone à Marty. Je vais lui demander de sortir la Doloréane direction 1990 à peu près. Il faut que je remette la main sur mes vieilles boites de cassettes. J’y avais encore quelques vieux enregistrements pirates de Metallica religieusement enregistrés sur le très haut de gamme SONY Métal avec boitier en céramique (acheté plus de 50 francs de l’époque). Ah nostalgie ! Quand tu nous tiens, le reste peut parfois paraître si sombre…

Eric Mallet

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