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26 Fév

Salon Haute Fidélité du 12 et 13 novembre 2011 Hôtel Mariott, Paris

Davis AccousticsAprès être revenu assez satisfait du salon tenu à l’hôtel Pullman le 1 et le 2 octobre malgré l’absence chronique des grandes marques du câble, mon impatience était grande de me rendre au salon haute fidélité organisé par le magazine du même nom, tout aussi riche en nouveautés analogiques, numériques et surtout musicales. L’ambiance au Mariott est plus orientée audiophile et haute fidélité que celle du Pullman qui lui, est orienté à la fois sur l’audio et la vidéo. Je préfère cependant le salon du Mariott, plus axé sur l’audio et la musique pure que sur la vidéo. C’est assez caractéristique, au point que l’on trouve quelques expositions sur le câblage audio particulièrement intéressantes au Mariott alors qu’il était pratiquement absent au Pullman. Travaillant moi-même sur et avec les câbles, j’ai vite fait mon choix même si les deux salons méritent un déplacement et quelques bons restaurants.

Un salon Haute Fidélité digne de ce nom malgré une acoustique très moyenne

câbles Absolue CréationLa configuration du Mariott étant un peu différente du Pullman, on retrouve le grand hall d’exposition entre les pièces au niveau – 1 qui s’impose toujours un peu comme le sous sol de la découverte du salon et généralement, je commence par ce sous sol. On y retrouve les revendeurs de disques, le petit stand du magazine Haute Fidélité et plusieurs démonstrations très intéressantes. Les câbles Absolue Création étaient particulièrement bien présentés, de même que la gamme Stealth, particulièrement intéressante. Les deux marques étaient en écoute sur plusieurs stands du salon et s’associaient particulièrement bien en termes de gamme. câbles Stealth

On retrouve toujours avec un peu d’étonnement les différents câbles secteurs spécifiquement dédiés à la haute fidélité de prestige dont le diamètre nous rappelle que le standard en 2,5 cm de la norme EDF qui alimente lave linges et tondeuses à gazon est fort éloigné des demandes en courant de nos ampli et préampli, pour peu que la puissance libérée – et le besoin de réponse instantanée exigé par la musique – le demandent. Étant moi-même passionné par les câbles, je ne refuse jamais la discussion avec les créateurs. Des gens à la base d’entreprises comme Shunyata, Absolute Création ou Stealth ne cessent de m’impressionner par leur connaissances techniques et musicales.

Au delà de cette parenthèse, ce salon rassemble un nombre impressionnant de marques de la haute fidélité dont la plupart sont des habitués du salon. Cette année, le salon du Mariott avait le plaisir d’accueillir Keff, Weiss, Vitus Audio, Nu Force, Nagra, Verity Audio, 3D Lab, Jean Marie Reynaud, Davis Acoustics, Goldmund, Tanagra, MSB, Bel Canto, Triangle, Qobuz, Icos, Kelinac, Audia Flight, Van den Hul, Rega, Esoteric, Ayre, Chord, Atoll, Pierre Etienne Léon, Quad, Devialet, Micromega, Gryphon et encore beaucoup d’autres. Une constante se dessine, c’est que les constructeurs français continuent de nous régaler et de défendre avec beaucoup de maestria le marché de la haute fidélité.

Les créations de Jean Marie Reynaud ou de Pierre Etienne Léon ne laissent généralement pas indifférents. La démonstration Nagra et d’une platine vinyle se sont révélées particulièrement musicales, à l’image de ce que Nagra nous a habitué depuis quelques années déjà. Un bel équilibré, une image large et profonde et de la belle musique caractérisent Nagra et les éléments qui lui étaient associés. C’était quasiment le sans faute. La grandeur inhabituelle de la salle permettait d’écouter plusieurs systèmes à tour de rôle. L’écoute d’un amplificateur particulièrement apprécié par le dernier magazine Haute Fidélité, un Dartzeel d’origine suisse, nanti d’un article élogieux m’a pourtant laissé sur ma faim par rapport à l’écoute des électroniques Nagra; une déception difficile à concevoir après la lecture de l’article en question.

Les enceintes Jean Marie Reynaud font la fierté de la haute fidélité française

Jean Marie Reynaud nous a également gratifié d’une très belle écoute, d’un médium travaillé et doué d’une certaine sérénité, une impression rarement retrouvée ailleurs que dans le véritable haut de gamme. Ses enceintes continuent à nous livrer une musique précise, chatoyante et particulièrement agréable, sans s’écarter du réel, bien au contraire. enceintes Jean Marie ReynaudLa véracité des timbres où l’image stéréophonique particulièrement véridique continuent de plaire chez Jean Marie Reynaud. Certains  facteurs d’enceintes français, dont Pierre Étienne Léon et Jean Marie Reynaud font partie des meilleurs manufacturiers, nous proposent chaque année quelques vecteurs d’émotion absolument hors du commun. A un autre niveau, plus grand public (ou pour un autre public), Triangle continue de trouver une clientèle large même si leurs enceintes, trop portées sur l’aigu à mon goût, ne me conviennent pas toujours. J’ai pourtant possédé plusieurs paires de Triangle Titus mais l’écoute de leurs enceintes effectuée au salon ne me donne pas les mêmes satisfactions que les dernières Pierre Étienne Léon par exemple.câbles Stealth

Davis non plus ne me plaît pas beaucoup, j’ai sans cesse cette impression de n’entendre que de l’aigu mais certains audiophiles y trouvent leur compte, et si certains en sont satisfait, pourquoi pas, il en faut pour tous les goûts. Le rendement de leur enceintes est sans doute avantageux sur certaines électroniques mais personnellement, j’aurais beaucoup de mal à me constituer un système répondant à mon oreilles avec ces enceintes. Difficile pourtant de parler de déception puisque je connais leurs enceintes mais le manque cruel de matière musicale ne m’attire vraiment pas. C’est également à cet étage que j’ai pu à nouveau apprécier les Blades de Kef, propulsés par du Pass Labs et un lecteur Esoteric si mes souvenirs sont justes.

Câbles Stealth et Absolue Création, Kef Blade et Goldmund…

Amplification Pass Labs, Kef Blade

Kef Blade

Câblé en Stealth, même les câbles impressionnent fortement. J’ai préféré cette écoute à celle du Pullman où le haut de gamme Kef était aussi présenté. Sans doute la salle et la configuration totalement différente y étaient peut-être pour quelque chose mais cette écoute absolument superbe m’a laissé une impression de maîtrise totale du message musical doublé d’une puissance assez stupéfiante, bluffante et pour le moins spectaculaire. Décidément, ce salon démarrait vraiment sur de bonnes bases.

Gamme Goldmund MetisRetour en terrain connu (et pas en terre inconnue) j’arrive au stand Goldmund, toujours aussi dignement représenté par Jefferson. Là, où y retrouve la série Metis, particulièrement intrigante de par la petitesse des maillons et l’excellence de la restitution musicale. A qualifier de précise, pointue, détaillée mais particulièrement douce et limpide tout en étant parfaitement dynamique, la gamme Métis est caractéristique de la signature Goldmund,  un ensemble de contrastes qui génèrent des paradoxes particulièrement saisissants. Une écoute des enceintes Tanagra de Jefferson lui-même n’est pas non plus déplaisante, loin de là. On discute et j’en oublie un peu la musique, on parle de Goldmund entre amateurs de la marque suisse, bien évidemment. Arrive ensuite un homme d’un âge certain, tout aussi passionné que je peux l’être et qui s’interroge sur les supports, lecteur CD et flux numériques. GoldmundLa discussion tourne en rond, le serpent se mord la queue, le brave homme en revient toujours à la même question: faut-il privilégier la qualité du convertisseur ou du drive ? Évidemment, dans le cas des flux numériques, le problème ne se pose plus. En discutant sérieusement des différentes gammes Goldmund avec Jefferson, j’en viens à comprendre ce qui me plaît tellement chez Goldmund, ça se définit en un mot: la maîtrise. Une maîtrise parfaite des enceintes sur l’ensemble des paramètres, bande passante, tenue du grave, image holographique en 3 dimensions… tout y est. GoldmundHeureux possesseur d’un Mimesis 7.5 et de son amplificateur Mimesis 6, j’évolue déjà avec un SR150 et je me laisserais certainement tenter par un Mimesis 27+, voire, dans quelques temps par un de ces fabuleux Telos 150. La résolution et l’impression de force tranquille typique de Goldmund y est comme sublimée.

Finalement, j’en aurais presque oublié qu’il y a autre chose que Goldmund au salon, au bout d’une heure de discussion et d’écoutes, je suis donc passé à la suite. Avec Triangle, on change de monde, pour ne pas dire qu’ont passe du grenier à la cave. J’ai du respect pour cette marque française qui a le mérite d’offrir de bonnes enceintes à un nombre considérable de passionnés en les intéressant  à la haute fidélité. L’auditorium était par contre assez sombre, l’ambiance y était un peu sinistre. enceintes TriangleToute la gamme du fabricant français était représentée mais l’écoute proposée a encore mis en valeur cet aigu presque perçant lorsque les enceintes sont poussées à fort volume. C’est dommage et cela donne surtout l’impression que Triangle ne trouve pas de solution à ce que je considère être un défaut, comme beaucoup d’autres audiophiles d’ailleurs…

Je n’avais visité que le sous sol mais il me restait encore beaucoup d’autres écoutes à faire, notamment chez Pierre Etienne Leon, un des auditorium dans lequel je me suis le plus attardé. Ses nouvelles enceintes, les Serena étaient mariées avec le haut de gamme de chez Atoll pour une parfaite réussite musicale à la française. électroniques AtollOn sait que Pierre Etienne Léon insiste beaucoup sur la notion de réalisme et ses enceintes le vérifient à chaque instant. Les Maestral me paraissent sonner très juste en timbres – ce qui est encore assez rare – même si j’ai vraiment eu un coup de cœur pour les Serena. Le volume pourtant modéré de ces enceintes particulièrement bien travaillées reproduit un grave difficilement concevable sans l’avoir entendu de ses propres oreilles; des pièces de 50 mètres carrés ne lui feront pas peur. Selon moi, c’est vraiment cela l’avantage de ces PEL Séréna; elles remplissent la pièce de musique, dispensent un grave autoritaire mais sans excès tout en dispensant une image stéréophonique particulièrement réussi. Ce dernier est selon moi le plus convaincant. Si les Séréna remplissent facilement une pièce de 30 à 50 mètres², l’image dispensée est particulièrement surprenante de réalisme en largeur, en profondeur et en hauteur; des enceintes qui s’adaptent à la pièce d’écoute en quelques sortes.

La visite de ce premier étage m’avait réservé une autre surprise, celle des enceintes Next Audio, extrêmement neutre et vives tout en étant douées d’une musicalité affolante. Le câblage était confié à des Jorma, particulièrement adaptés et performants pour l’occasion. A noter également la présence de superbes amplificateurs à lampes présentés en statiques au niveau du hall du premier étage. Le distributeur de ces amplificateurs propose également deux modèles d’interfaces à lampes à placer entre une source numérique et le préamplificateur. Ce genre d’accessoire aura certainement son utilité sur des systèmes dont l’écoute reste un peu froide ou manque d’humanité. Pour le prix proposé (inférieur à 100 euros) c’est une solution envisageable dans certains cas.

On monte de quelques étages pour se retrouver devant quelques belles installations, on y retrouve Audia et les enceintes Fisher par exemple. Tout ceci étant câblé par du Van den Hul modèle Révélation pour les enceintes et la nouvelle gamme 3T. On retrouve la pâte sonore assez caractéristique de Van den Hul sur tous les systèmes présentés par le distributeur, c’est dire une certaine focalisation sur le bas médium. C’est assez étrange mais c’est vraiment l’impression auditive que cela donne.

Ceci dit, j’ai à nouveau eu l’occasion d’écouter un système Accuphase dont les enceintes étaient différentes de l’année dernière et l’écoute en devenait beaucoup plus agréable également. Les connaissances musicales de notre démonstrateur ne cesseront jamais de m’étonner, une véritable encyclopédie du jazz et du blues à lui tout seul. AccuphaseL’image stéréophonique se révèle particulièrement agréable avec une bonne sensation d’espace et de dimension des lieux, tout en offrant une localisation très précise des différents intervenants. Je ne suis pourtant pas particulièrement amateur d’Accuphase mais cette fois, j’ai vraiment passé un très bon moment d’émotions (et de découvertes) musicales.

Ensuite, je suis passé en mode Formule 1 ou turboréacteur (au choix) avec l’écoute de deux systèmes stupéfiants de dynamique (en réalité le troisième avec Audio Aero), c’est à dire, Micromega, accouplé à de formidables Aria pour découvrir ensuite les surpuissants amplificateurs Devialet en classe D et A. MicromegaJ’avais déjà écouté la démonstration Micromega au salon du Pullman mais la taille de la pièce, bien plus importante au Mariot, me laissait espérer une écoute beaucoup plus à la mesure de ces fantastiques enceintes. Pour la peine, je n’ai pas été déçu, Micromega et Devialet à eux seuls auraient valu le déplacement. Côté Micromega, la nervosité et la spontanéité de la musique est évidente, ça secoue vraiment très fort. On appréciera aussi une belle présence des musiciens, les voix sont particulièrement bien articulées et sonnent incroyablement vraies. DevialetCôté Devialet, ça pousse encore plus fort, le dynamisme est à son paroxysme et la précision n’en est que plus grande encore. Avec ce genre de systèmes, on est vraiment très proche d’une écoute directe du concert.

N’oublions pas Icos ou Gryphon, toujours aussi stupéfiant de réalisme, et bien d’autres systèmes qui m’ont distillé un plaisir d’écoute particulièrement appréciable. Cette année, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour Rega et leurs dernières enceintes, dont la conception est particulièrement aboutie. L’écoute est riche, douce et particulière douée de musicalité.

Quoi qu’il en soit, et comme beaucoup de visiteurs, j’ai pu constater avec plaisir que le marché de la haute fidélité se porte bien. Ses valeurs et le progrès technologique continuent à servir la musique avec beaucoup de respect. A priori, l’avenir s’annonce sous de très belles augures. Encore une fois, j’ai eu le plaisir de prendre part à un excellent salon haute fidélité sur Paris. Si le flux numérique continue sa percée vers la perfection année après à année, le vinyle est encore bien vivant et continue de satisfaire un grand nombre de mélomanes sinon que le CD n’a pas non plus dit son dernier mot, fort heureusement !

Eric Mallet

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