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14 Déc

Salon Haute Fidélité Paris 2016 hôtel Marriott Rive Gauche

Salon Haute Fidélité Paris 2016Ça y est, cette année encore, c’est tout le gratin du High End de la Haute Fidélité qui s’est retrouvé réuni dans les salles d’exposition de l’hôtel Marriott rue St-Jacques. Moment très attendu de cette fin d’année pour un grand nombre de mélomanes et d’audiophiles, le salon parisien de la Haute Fidélité est toujours aussi bien présenté et digne d’intérêt pour tous ceux qui se passionnent pour la musique et sa reproduction en fidélité la plus pure possible. Remercions au passage le magazine du même nom qui nous fait le plaisir d’accueillir tous les ans les grands noms français et étrangers des électroniques haut de gamme qui nous font tant rêver. Merci également aux exposants qui tous les ans, font l’effort de nous présenter la crème de leur matériel en termes de reproduction musicale.

Le salon parisien de la haute fidélité s’améliore un peu plus chaque année

Salon hifi Paris 2016 hôtel MarriottDisons que dans l’ensemble, le niveau des écoutes a tendance à s’élever un peu plus tous les ans, cela étant, à mon avis, rendu possible par l’évolution technologique un peu plus aboutie chaque année. En général, j’ai eu l’impression d’entendre beaucoup moins les défauts des salles d’écoute qu’au cours des autres années. Plus que l’année dernière encore, nous avons eu droit à des démonstrations musicales particulièrement réussies, avec, je dirais, une mention spéciale pour deux créateurs français dont Mulidine et ses enceintes toujours aussi naturelles avec la musique et le fabricant de câbles Absolue Créations qui atteint cette année une maturité d’écoute particulièrement remarquable. A nouveau, les français étaient à l’honneur pour ce salon Haute Fidélité 2016 avec nos facteurs d’enceintes où l’on pourra citer les modèles exemplaires de Pierre Étienne Léon ou de Davis Acoustics par exemple.

Gryphon, PEL, Focal, Jadis et Octave sont présentés au sous-sol

Davis AcousticsComme tous les ans, ce samedi, je me suis dirigé vers le sous-sol où nous attend le plus gros des démonstrations ou disons des plus grosses salles, avec Gryphon, Pierre Étienne Léon, Focal et le fabricant allemand d’amplificateurs à lampes Octave, les enceintes Davis Acoustics et Devialet; la première et rare mauvaise surprise de ce salon. Chez eux, et c’est toujours incompréhensible pour ma part, on entre dans la pièce qui présente déjà une très belle exposition statique de la gamme avec leurs « fameuses » Phamtom. Pourtant, à l’écoute de leurs amplificateurs reliés à des B&W haut de gamme, on se sent très vite mal à l’aise à entendre (ou subir) l’écoute d’une musique qui n’a rien à voir avec le niveau technologique des appareils présentés. Le son reste complètement bouché dans le bas du spectre, les basses masquent le bas médium, avec un médium inexpressif et une image stéréophonique aisément perfectible.

PEL Alycastre et IntégraleChez Devialet, le ramage ne ressemble vraiment pas au plumage, avec la même écoute insipide que l’année dernière. Pourquoi donc s’entêter à présenter une écoute inexpressive, plate, froide et sans expression alors que ces amplificateurs ont déjà fait nettement mieux avec une petite paire d’Athom qu’avec ces grosses B&W totalement fades. C’est triste à dire, mais j’ai déjà entendu des petits systèmes NAD à moins de 3000 euros l’ensemble qui sonnait nettement mieux que ce genre de système hors de prix et lamentable à l’écoute; vous m’excuserez pour la caricature. Avec toute cette ébauche de technologie, Devialet nous apporte cependant la preuve qu’il ne suffit pas d’associer les « meilleurs » ampli au monde avec les « meilleurs » enceintes pour nous présenter la « meilleure » des démonstrations musicales. C’est précisément l’inverse qui a été démontré, cette année encore.

Electroniques Hegel et GryphonRapidement oubliées, ces trois à cinq minutes de perdues avec Devialet ont été compensées avec l’écoute d’un système qui mettait à l’honneur les enceintes françaises Davis Acoustics. A l’opposé de Devialet qui se fait plus mauvais tous les ans, Davis Acoustics commence vraiment à m’intéresser de plus en plus même si je regrette toujours cette absence de matière un peu typique de la marque. Pourtant, j’ai vraiment apprécié l’écoute de ces très belles enceintes qui, à mon avis, s’approche assez bien du réel même si l’on reste dans une optique assez claire et très transparente de la musique. Disons que maintenant, j’arrive à me situer assez bien entre Davis Acoustics et le son anglais un peu trop riche, trop « matérialisé » pour mes oreilles.; un son neutre mais où l’émotion est toujours parfaitement retranscrite. C’est un peu mon idéal et peut-être aussi celui d’autres audiophiles.

Précision parfaite des timbres avec une belle image stéréophonique pour les enceintes PEL

Pierre Etienne Léon Gryphon HegelAvec Pierre Étienne Léon, nous avons eu le plaisir d’apprécier ses Alycastre S2 et ses Intégrale pour une écoute grandeur nature. Alimentées par des électroniques Hegel qui s’accordent parfaitement bien aux Alycastre S2, les Intégrale étaient associées à des électroniques Gryphon qui permettaient aux enceintes de s’exprimer pleinement. Qu’il s’agisse des Alycastre S2 ou des Intégrale, c’est la cohérence d’écoute qui étonne en premier. Avec une « bande passante » bien large aux deux extrémités, les timbres sont parfaitement respectés, avec une rapidité naturelle et une spontanéité particulièrement agréable à l’écoute. Point fort des deux systèmes présentés, l’image stéréophonique s’étend et prend position dans toute la pièce avec un naturel qui s’accorde parfaitement avec chaque enregistrement. A nouveau, Pierre Étienne Léon nous a concocté une écoute presque parfaite et qui a le don sans doute, de s’accorder autant à la rigueur des musiciens qu’au plaisir des mélomanes, quel que soit leur style de musique. A nouveau, il s’agissait d’une des meilleures démonstrations du salon, malgré le niveau d’écoute qui s’améliore chaque année.

Enceintes Focal associées à des amplificateurs à lampes Octave et les câbles Viard Audio

Enceintes Focal, électroniques OctaveOn change un peu d’atmosphère avec Focal et les électroniques allemandes Octave pour une écoute tout aussi différente des enceintes PEL qu’intéressante. Disons que j’en ai aussi profité pour reprendre un peu d’oxygène car le monde présent dans la salle PEL/Gryphon nous fait vite étouffer, chacun s’étant pressé (et compressé !) pour écouter un des meilleurs facteurs d’enceintes français; c’est la rançon d’un succès bien mérité !

Câbles Viard AudioAvec Focal et Les amplificateurs Octave, on change d’écoute pour apprécier une musique très joliment reproduite, nettement centrée sur la clarté et l’aisance dans l’aigu sans qu’on y trouve la moindre stridence ou exagération dans cette partie délicate du spectre sonore. C’est très ouvert, ça respire bien avec une belle image, pourtant différente des Davis Acoustics que l’on pourrait également qualifier de claires. L’écoute du couple Focal et Octave est un peu plus riche que Davis Acoustics, plus détaillé et complexe mais on se situe dans un budget totalement différent, il faut savoir rester réaliste également ! Les câbles Viard Audio étaient également présentés en exposition statique et sur les systèmes mais ne les ayant pas écoutés sur d’autres chaines, il m’est impossible de vous donner des éléments de comparaison signifiants ni de vous apporter une critique. Peut-être leur belle couleur blanche est-elle à rapprocher de la clarté immaculée de cette écoute qui faisait la part belle au haut-médium jusqu’à l’aigu ?

Jadis ASA MonitorL’écoute des électroniques Jadis associée aux enceintes ASA, à nouveau présents cette année avec une configuration identique à l’année dernière, ne pourrait lasser les amateurs d’amplifications à lampes, surtout lorsqu’il s’agit de Jadis, notre créateur français d’exception. A nouveau, on retrouve ce sentiment d’adéquation idéale entre les amplifications Jadis et les enceintes ASA Monitor, voire avec les ASA et leur caisson de basses. L’articulation rythmique est particulièrement remarquable, les timbres sont rigoureux mais très plaisants, sans les a priori que l’on pourrait encore avoir par rapport aux amplificateurs à lampes. L’image stéréo s’avère particulièrement bien construite en largeur et en profondeur; la musique se fait vivante et réjouissante, sans coloration particulière. Encore cette année, Jadis nous offre une des plus belles écoutes du salon.

Câbles Charlin Roboli DesignJ’ai également eu le plaisir de discuter à nouveau avec Olivier Robert, concepteur des électroniques et des câbles Charlin, du nom de l’inventeur bien connu de la stéréophonie. Au départ, Olivier ne devait pas être présent au salon mais il s’est quand même déplacé pour nous offrir une très belle présentation statique de ses câbles de modulation, d’enceintes et câbles secteur dont la finition s’avère particulièrement bien soignée.

Juste en face de la présentation des câbles Charlin, DEA International présentait à nouveau un système d’exception avec les enceintes PMC maintenant bien connues de mes oreilles, associées à un amplificateur Micromega M-One, le fer de lance de la marque. Présentation audiophile absolument sensationnelle au sens premier du terme, les PMC se sentait particulièrement bien menée par l’excellent amplificateur français de Micromega que je n’avais, pour l’instant, pas encore eu le plaisir d’écouter. Micromega M-One, enceintes PMCLa première impression reçue est celle d’une bande passante très large, avec un grave parfaitement maîtrisé, combiné à un suivi rythmique infaillible.

Avec un médium très ouvert, charmeur mais neutre, c’est un peu le genre de système qui s’emballe dans les tours tout en maitrisant parfaitement une dynamique exceptionnelle qui ne s’exprime que là où on l’attendait. L’écoute est nerveuse mais rigoureuse, avec un respect confondant des timbres (sans aller aussi loin que les PEL sur ce critère bien précis) qui laisse s’exprimer la magie de chaque morceau écouté. Le plaisir musical se fait confondant de vérité avec une articulation exemplaire sur les voix, sans le moindre masque, le tout avec une facilité déconcertante de reproduction des écarts de dynamique les plus fins. La montée dans l’aigu d’un trio de voix féminine m’a donné de véritables frissons, je n’en reviens toujours pas.

DEA International enceintes PMCC’est un peu le genre de système qui conviendrait parfaitement aux amateurs d’opéras mais aussi de jazz ou de métal symphonique sur les premiers albums de Nightwish, de Stream of Passion ou d’Epica, histoire de citer les plus connus. L’image stéréophonique enfin, est irréprochable de précision en largeur comme en profondeur, chaque intervenant est à sa place, tracée au millimètre près. Décidément, après une présentation remarquable des amplificateurs monophoniques Kallyste l’année dernière, DEA International récidive avec Micromega et PMC, des enceintes qui ne laissent aucun détail au hasard et qui s’expriment parfaitement dans les graves malgré leur petite taille, grâce notamment à un système de charge particulièrement bien pensé. Enceintes à conseiller peut-être plus aux audiophiles qu’aux mélomanes, la rigueur d’expression des PMC laisse entendre clairement qu’elles tirent leurs origines du monde professionnel.

Enceintes MulidineAutre moment fort du salon, les enceintes Mulidine se font remarquer par leur discrétion si vous m’autorisez cet oxymore. Discrètement placées derrière le mur et ses atténuateurs en bois qui participent à la magie des lieux et de l’instant, les Mulidine ne se font pas seulement discrètes mais surtout particulièrement naturelles. Un peu comme une initiation maçonnique, nous prenons place dans la pièce où le Grand Maître demeure logiquement inaccessible, judicieusement situé derrière une grande table qui accueille un amplificateur parfaitement mystérieux pour les non-initiés. Accompagnés de fichiers numériques dispensés par un Mac qui libère religieusement quelques flux numériques fluides et harmonieux, le tabernacle du Grand Maître laisse cependant apparaître un câble digital haut de gamme Absolue Créations qui fera le lien entre le monde profane du numérique et le monde sacré du mélomane qui sommeille en chacun de nous… Enceintes MulidineNous écoutons le premier morceau en sourdine et nous tendons l’oreille; l’initiation commence sur un ton très posé et parfaitement naturel. Le second morceau nous change radicalement de style avec un Michaël Jackson revenu d’outre-tombes. L’image stéréophonique se fait confondante de réalisme, Mulidine a ressuscité le roi de la Pop !

Nous étions initiés aux mystères Mulidine et Mickaël Jackson était à nouveau parmi nous… Les mystères d’Isis et d’un grand fabricant français d’enceintes acoustiques se confondent, qui aurait pu y croire ?

Un salon Haute Fidélité riche en surprises et de belles découvertes musicales

Salon haute fidélité Paris 2016Finalement, j’ai passé une bonne partie de ce samedi matin et après-midi dans le seul sous-sol du salon alors qu’il me restait encore deux étages à découvrir. Point commun au salon parisien de la Haute Fidélité, les expositions statiques s’avèrent toujours aussi intéressantes avec parfois, de belles découvertes, des classiques présentés en écoute dans les auditoriums comme pour les câbles Absolue Créations mais aussi des éternels revenants mêmes s’ils n’ont rien de mystiques, en témoigne le retour chaque année de fabricants chinois d’amplificateurs. A ce titre, j’ai eu le plaisir de profiter d’une bonne surprise avec Line Magnetic Audio et ses amplificateurs à lampes particulièrement bien réalisés. L’écoute est bien timbrée, nerveuse mais rigoureuse et attachante. Enceintes TADLa spécificité des enceintes y sera peut-être pour quelque chose mais je dois bien avouer que le naturel de la restitution, sans atteindre les mêmes raffinements qu’une écoute PEL/Gryphon, Jadis ou PMC/Micromega, s’est avérée particulièrement convaincant. A l’oreille, on se rend bien compte que l’écoute d’un tel système auprès des meilleurs systèmes du salon est justifiée. Nous ne pourrions peut-être pas en dire autant de BC Acoustics par exemple, qui déçoit un peu et n’apporte rien de concluant d’un point de vue musical, c’est dommage.

Avec Trinnov, B&W, Mark Levinson et Sonus Faber

Sonus FaberJe ne me suis finalement pas attardé sur l’écoute Trinnov et B&W, ayant déjà écouté le même système l’année d’avant. Avec Mark Levinson et JBL, c’est finalement une grande déception; on se demande où sont passés les basses fréquences, surtout quand on voit la taille des haut parleurs de grave. C’est assez incompréhensible mais à mes oreilles, l’écoute manquait singulièrement d’équilibre. J’avais également un peu hâte d’écouter Sonus Faber, une marque d’enceintes qui m’a souvent impressionné mais cette fois, je n’étais pas totalement convaincu. Autre belle surprise, même si ce n’était pas la première fois, Point Musiques et Jean-Jacques Capello nous ont à nouveau proposés des systèmes d’écoute particulièrement naturels, vivants et respectueux de la musique.

Ajoutons encore que Martial Hernandez était à nouveau aux commandes d’un excellent système. Cette année, Martial nous a de nouveau régalé avec ses connaissances encyclopédiques de la musique, à partir d’un savant système et d’une source  numérique Aurender W20 avec convertisseur MSB Select II, des enceintes acoustiques TAD Evolution One ainsi que les Compact Evolution One, câblés par plusieurs modèles de la gamme Synergistic Research Galileo LE. Audio Research Sonus FaberL’intarissable Martial Hernandez nous a encore démontré qu’une belle démonstration de haute fidélité musicale ne pouvait se passer du plaisir d’une écoute conviviale et des émotions libérées par toutes les musiques. Autre bonne surprise de ce salon de Haute Fidélité parisien avec les électroniques Atoll qui cette année, ont été judicieusement associées aux enceintes Athom. L’écoute se fait moins perchée dans l’aigu, plus équilibrée, avec une belle dynamique et une foule de petits détails qui contribuent à présenter une image stéréophonique bien en place. La fluidité musicale était également exemplaire.

Décidément, je ne le dirais jamais assez mais ce magnifique salon parisien ne cesse de s’améliorer avec le temps. Je n’ose imaginer ce que les différents intervenants nous réservent d’ici l’année prochaine mais j’y serais durant tout le week-end avec un très grand plaisir. Merci également à Gilles Milot et aux membres du forum Leedh pour cette très bonne soirée passée en leur compagnie…

Retrouvez toutes mes photos du salon sur mon adresse Pinterest !

Eric Mallet

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