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15 Mar

Scorpions: Retraite active pour les stars du rock allemand

scorpionsÇa y est, on les croyait retraités, une nième tournée d’adieu aurait sans doute précipité les Scorpions dans les annales de l’histoire du rock pour l’éternité mais la tentation de sortir un nouvel album était sans doute trop forte, d’autant plus qu’il s’agit aussi de l’anniversaire du groupe qui fête cette année ses 50 ans d’existence. Comme trop peu le savent encore aujourd’hui, Scorpions a bel et bien débuté en 1965, et seuls les fans les plus mordus du groupe pourraient peut-être nous citer leurs premiers morceaux de mémoire.

En effet, ces premiers morceaux datent de 1972, année de sortie du premier album intitulé Lonesome Crow; preuve s’il en est que les meilleurs artistes ont toujours besoin d’un peu de travail et de maturation pour arriver à leurs fins. Toujours est-il que c’est en 1974 que Fly to the Rainbow – un nom quelque peu prédestiné – va véritablement lancer la carrière des Scorpions à l’international et qui leur donnera la carrière qu’on leur connait depuis…

Une carrière discographique qui explore toutes les facettes du rock et du hard rock

Un an plus tard, en 1975, sortira In Trance, album plus riche que le précédent et dont le titre lui-même deviendra un grand classique de la formation rock allemande. Il sera repris par le groupe plusieurs dizaines d’années par la suite, en concert et en acoustique. Premier album produit par Dieter Dierks – producteur de plus en plus contesté mais qui les suivra longtemps, notamment pour Savage Amusement entre autres – In Trance lance les Scorpions sur les pavés du hard rock à l’allemande et à l’internationale, caractérisé par les rythmiques tranchantes des frères Schenker, une section rythmique très classique mais qui tient le groupe avec solidité, et les vocalises typiques de Klaus Meine, fidèle chanteur du groupe depuis 1969. Avec autant de qualités dans un seul groupe, les Scorpions ne pouvaient en récolter qu’un succès bien mérité. L’histoire du groupe, ponctuée de morceaux très rocks, souvent proches du heavy métal et de ballades connues dans le monde entier, ne fera que confirmer ce que l’on attendait d’eux sur le plan artistique et musical.

Scorpions, une des plus grosses carrières de l’histoire du Hard Rock

scorpionsLe temps passe et les albums à succès planétaires se suivent. C’est le cas de Virgin Killer avec une tournée mondiale retentissante en première partie de Kiss en 1976, puis Taken by Force en 1977, un premier live avec Tokyo Tapes en 1978 puis viendra l’arrivée d’un tournant musical avec le départ d’Uli Jon Roth et l’arrivée de Matthias Jabs qui donnera son « coup de patte personnel » au groupe. Lovedrive constituera un des plus grands albums des Scorpions, bientôt suivi d’Animal Magnetism en 1980, deux albums bourrés de tubes et très appréciés par les fans. Après un grave problème de santé qui aurait pu couper net la carrière de Klaus Meine, Scorpions revient avec Blackout, un véritable monument artistique du genre.

Love at First Sting et Savage Amusement contribueront à renforcer le succès mondial du groupe, tantôt encensé aux USA, tantôt en Europe. Début des années 1990, Crazy World – produit par Keith Olsen – marque un tournant pour les Scorpions avec leur séparation (sans doute plus que nécessaire) de Dieter Dierks. Album plus trempé, Alien Nation enfonce le clou version hard rock comme seuls les Scorpions savent le faire. D’autres albums comme Face the Heat, Pure Instinct ou Unbreakable suivront, sans oublier un Humanity qui a son mot à dire, même si on commence à sentir la fin de carrière des Scorpions arriver tout doucement… On retrouve un peu la même impression avec un Sting in the Tail qui offre certainement quelques bons morceaux, très caractéristiques de leur style . En 2010, Scorpions pèse un peu plus de 100 millions d’albums vendus à travers le monde, un record !

Une retraite annoncée pour les Scorpions mais toujours différée

Le 23 janvier 2010, l’annonce d’une fin de carrière des Scorpions est annoncée sur leur site Internet, après leur dernière tournée mondiale. En 2012, revirement de situation, le groupe poursuit son œuvre  et renonce aux adieux avec une tournée mondiale qui totalise près de 200 dates à travers le globe. Fin 2012, le groupe confirme qu’il ne va pas s’arrêter en si bon chemin et qu’il continuera sur sa lancée. Fin 2013, de nouvelles dates de concerts sont annoncées par le groupe.

Un peu comme l’animal dont il porte le symbole, les Scorpions résistent à tout, et au temps qui passe. Scorpions Return To ForeverLe 23 octobre 2014, Klaus Meine annonce au fan club francophone Crazyscorps qu’ils enregistrent un nouvel album; sortie prévue pour mars 2015 et pour fêter dignement les 50 ans du groupe, une longévité très rarement atteinte par d’autres. Songez tout simplement que de nombreux hommes et femmes n’atteignent jamais cet âge et vous comprendrez à quel point une carrière musicale si longue peut surprendre… Ce nouvel album s’intitule Return to Forever, 17ème album du groupe allemand. Si les différentes compositions de l’album sont écrites entre 2011 et 2014, l’enregistrement et la production se tiendront en Suède, sous la direction de Mikael Nord Andersson et Martin Hansen. Temporairement écarté du groupe en 2014, James Kottak revient alors derrière la batterie pour enregistrer l’album.

Un album de hard rock magistral après 50 ans de carrière

A la première écoute de ce Return to Forever qui nous laisse penser qu’ils ne s’arrêteront jamais, on peut se sentir heureux de ne plus être en 1969 mais bien en 2014. En effet, la production est une des plus propres et des plus fouillées en détails que le groupe a pu produire de toute sa carrière musicale. Avec cet album, on sent que l’évolution des convertisseurs numériques est passée par là, et ça fait du bien 🙂 Très naturel, avec des basses bien assises sans être lourdes, des guitares superbement saturées, la voix de Klaus est bien à son aise. On sent rapidement qu’ont est en présence d’un très bon album des Scorpions. Sans vouloir trop m’étendre sur l’album lui-même, disons que la sauce continue de prendre avec des morceaux qui sonnent très hard rock façon Scorpions mais très classiques toutefois, avec un soupçon de blues particulièrement agréable. Avec Return to Forever, on est assez loin des rythmiques tranchantes d’un Crazy World mais on est beaucoup plus proche d’un grand classique du rock (et c’est tant mieux).

Scorpions Toulouse Klaus MeineComme à son habitude, le groupe nous sert quelques morceaux aux textes assez légers mais très agréables à écouter, avec un grand single – We Built This House – qui met de bonne humeur et nous donne envie de chantonner avec Klaus Meine, mais aussi d’autres titres au sens plus grave – When the Truth is a Lie, Who we are… – afin de nous rappeler qu’une chanson peut bien souvent, faire passer un message plus sérieux qu’il en a l’air. Pur moment de hard rock bien trempé, très blues mais avec de clairs rappels aux anciens albums sur le plan musical, ce Return to Forever est une très belle surprise de ce début d’année 2015, avec un nouveau souffle et une très belle créativité pour un des plus vieux groupes du rock; à croire que les Scorpions ne raccrocheront jamais les gants.

Quand tu crois qu’il y’en a plus, y’en a encore !

Préparez-vous, 50 dates de concert sont d’ors et déjà programmées dont plusieurs concerts en France (Lille, Paris, Clisson, Hérouville Saint Clair, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Grenoble). Quant à moi, je vous donne rendez-vous à Lille le 21 novembre 2015… Rock on !

Eric Mallet

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