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16 Mar

L’expérience de l’audiophile: un compte rendu d’écoute par Philippe

Comme la passion Goldmund avait fait son œuvre, j’ai rapidement cherché le moyen de faire évoluer mon système, déjà basé sur l’excellent intégré de la marque suisse. Suivant les débats du forum audiophile.fr, je suis tombé sur l’annonce de Philippe qui proposait son Mimesis 7.5 à la vente. Quelques semaines plus tard, je tombais sur l’annonce d’un revendeur suisse ayant mis en vente un Mimesis 6; le tour était joué.

De là, la musique était bien présente. J’ai profité avec beaucoup de plaisir audiophile de cet ensemble à la musicalité miraculeuse et qui ne cache rien. J’ai ensuite sauté le pas en me rendant propriétaire d’un SR150, un amplificateur de 150W RMS de musicalité (et de nervosité) pure. Malheureusement, la fiabilité des électroniques de cette marque est tout aussi médiocre que son revendeur français, j’en ai fait les frais. A l’époque, j’avais pourtant contacté Philippe par téléphone. S’en est suivi une conversation d’audiophiles qui se retrouvent pour parler musique. Naturellement, j’ai proposé à Philippe de partager ses impressions d’écoutes et voici le premier d’entre eux.

Quelques impressions d’écoute chez Quatuor Music à Lyon

L’écoute à lieu chez Quatuor Music et concerne plusieurs paires d’enceintes, notamment des Harbeth M30, des Pierre Etienne Leon Serena et Kalibrator.

« 9h45 chez Quatuor Music (près du Rhône à Lyon), Karl nous accueille tout aussi gentiment qu’autrefois (enfin disons 5 ou 6 ans). Bien agréable matinée pendant 2 heures pleines, en sa compagnie. Il a (et c’est pour moi un point fort) exactement saisi mon équation, très vite; et me conseillait en 5 min l’enceinte qui est ressortie au final, comme une valeur à tester chez moi (prévu pour le week-end prochain) : Harbeth Monitor 30, une biblio de 17 kg aux pieds dédiés (non, ce n’est pas Berth aux grands pieds :mdr: ).

Pierre-Etienne-Leon-SerenaNous avons commencé par des PEL Serena (comme ça je restais dans la marque et m’attendais à un regain d’humanité, comme on m’en avait fait le commentaire, en comparaison des PEL Nobilis). Drivées par mon Étalon (qui s’avère finalement un Intégral 1 d’une quarantaine de watts, dont 5 en classe A). Karl a travaillé plus de 20 ans avec Etalon et a connu Laszlo Sallay (je pense lui faire confiance à 98%, donc…). Donc, j’ai payé un Intégral 1 pour 1A, mais passons… ce qui importe est la qualité sonore ! Autant dire qu’avec les Serena, le son est un peu clairet, dynamique oui, articulé sans doute, rempli et presque projeté… du moins en montant le volume l’énergie prend la main au détriment d’un plaisir musical. Je passe sur les détails ‘hifi’ donc.

Lorsqu’on les a essayées avec l’ATM2 Air Tight (80w) il y a eu plus de respiration et de timbres du coup. Le mariage allait mieux, sans qu’il y se passe une révélation extraordinaire. Rendu encore assez clair… mais il faut dire dans une pièce qui n’a rien à voir avec la mienne (environ 6×12 m et plafond à 4,50m pour moitié, côté HP)! Donc, le jeu consistait à ressentir toute différences entre les écoutes, puis à tester à la maison ce que nous (avec ma compagne) allions repérer de réussi.

Enceintes-apertura-KalibratorAprès les Serena, j’ai demandé avec l’Etalon des Apertura Kalibrator vissées à leur pied. Au 1ers temps (pas de la valse, j’avais mis ‘A momentary lapse of reason‘), j’ai de suite préféré certains aspects par rapport aux PEL. Une liaison qui m’a rappelé les Tanagra Signature, un raffinement et une sorte de souplesse bienvenus. L’écoute restait néanmoins dans le clair, assez proche des Serena. Pour Karl, les Kalibrator exigent un ampli à la hauteur (l’Étalon irait pas mal en fait), mais aussi une pièce qui leur permette de s’exprimer (ce qui était le cas pour la pièce en l’occurrence, quoi qu’il aurait fallu une mise en œuvre aboutie, ce qui n’était pas faisable dans le contexte de Quatuor Music et du roulement des enceintes). Résumé: une belle dynamique proche des Serena (mais pas assez de poids dans le bas, de matière). Je veux me rapprocher d’emblée du monde sonore que j’ai en tête: avec plein de belles surprises dedans .

Comme je ne me vois pas avec un ATM2 de 80w chez moi (il serait trop exubérant dans ma pièce, mais parfaitement adapté dans ce salon d’écoute par contre), je n’ai pas insisté pour comparer avec l’Air Tight.

On est donc passé aux Harbeth M30 et à leurs beaux pieds à 4 doigts  Une espèce pas de la dernière pluie, aux enfants très mélomanes. Toujours sur l’Etalon, on change de monde immédiatement, en écoutant nos 4 ou 5 morceaux avec les M30 : Pink Floyd, Alan Parson ‘Eye in the sky‘, Pink Martini ‘Hang on…‘, Abed Azrie ‘Suerte‘, Muddy Waters ‘Folk singer‘. Incarnation très très matérialisée (le gap est très important avec les 2 écoutes précédentes), je n’en pas l’habitude chez moi, même les Tanagra S n’allaient pas aussi proche du réalisme des timbres (dû à mes tubes et câbles de l’époque au moins).

enceintes-Harbeth-M30Le temps d’adaptation et de la surprise se passe (encore que… ce qui est bon signe dans ce cas précis), et j’entends effectivement des instruments, je déguste des voix! C’est propre alors que le grave descend, a parfois une chaleur qui fait tellement plaisir. La preuve par les percussions: là se situe un excellent test de rapidité, de la richesse des timbres et de la hauteur des notes. Car avec la transparence en prime, on dispose vraiment dans ce rendu hyper naturel des détails atmosphériques (très subtils par moment ou évidents lorsqu’une réverbération de la pièce ou un écho parfaitement intégré se produisent), et des timbres réels que des peaux de diverses tailles et matières apportent dans leur « discussions ».

Ça fait plaisir! Etalon + Harbeth M30  + Cardas en modulation et hop: les musiciens sont assis à leurs percussion devant soi. Je m’aplatis sur mon siège pour guetter les variations de focalisation de l’image sonore: il n’en est rien, l’ensemble de la scène est matériellement cohérent. Et je me lève, parcours la scène de droite à gauche en me posant même très proche des HP. Unité et diversité, placement et naturel sont à l’œuvre. Voilà exactement ce que je cherchais :thks:

Le Pink Floyd (même sur ‘Dogs of war‘ qui peut vite sonner trop plein et médium clair) est ici enrichi d’une matière souple, qui du coup j’espère n’est pas systématique. Et j’en fait part à Karl. Mais chassez le naturel… s’il est là: il revient au galop.

Magnifique écoute de l’Israélien Abed Azrie qu’il nous fit découvrir avant hier. Muddy Waters: ça c’est du blues.
La qualité sonore est indéniable, et la matérialité timbrale n’a rien à voir avec les 2 biblio précédentes.
Je constate donc que l’Intégral n’est pas porté vers le clair, n’est pas bouché, ou étriqué dans sa bande passante. Bon point là aussi.

Air-Tight-ATM2Enfin, nous passons à l’ATM2 pour constater ce qu’une alimentation par transfos de sortie dédiée peut apporter (avec presque 2 fois plus de watts sous le pied). Et c’est juste plus articulé et plein, et subtil du coup. Meilleur d’un cran (pas un gap ahurissant toutefois, mais réel). Dans ce grand volume, c’est ce qu’il faut.

Donc, je me dis que je tiens là une prétendante pour 3200€ pied compris. Ma question restant évidemment de savoir si elles chanteront avec bonheur dans ma très modeste pièce. Comme Karl avait dès le début compris l’équation à résoudre, il avait visé directement les Harbeth et leur english touch ! Et il confirme que nous serons dans le bon. Pour ma part, je le confirmerai ou pas lors de l’écoute à domicile, mais de ce que j’ai VU du son et de sa subtilité et précision (les dimensions et placements sont vraiment nets), cela semble possible.

Un compte-rendu d’audiophile, passionné de haute fidélité depuis bien longtemps…

Merci à Philippe pour ce compte rendu d’écoute très plaisant et détaillé pour l’audiophile que nous sommes. Nous avions d’ailleurs commencé à discuter des PEL Serena que je trouvais particulièrement plaisante lors d’une écoute au dernier salon parisien. Par contre, Philippe n’a pas eu la même impression. La preuve est à nouveau faite que les goûts et sensibilité en matière d’écoute audiophile, les éléments associés et les conditions d’écoute données par la pièce sont d’une extrême importance. La meilleure des enceintes ne vaut rien si elle n’est pas parfaitement placée dans les conditions d’écoute les plus parfaites !

Eric Mallet