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10 Fév

La Terminologie de l’audiophile Partie II

nettoyage-de-vinylQuant à la seconde partie de cet article sur la terminologie de l’audiophile, j’ai choisi de traiter de ce que l’on appelle l’image stéréophonique, de la coloration, de la dynamique et des timbres.

Certains de ces critères audiophiles seront sans doute plus simples à définir que d’autres, du moins, sur le plan objectif, alors que la subjectivité liée à l’écoute individuelle aura tendance à nuancer l’ensemble des critères que nous tenterons de définir de manière la plus neutre possible, du moins, sur le plan théorique. Tout comme pour la première partie de cet article, il faut considérer cet écrit comme un essai personnel et donc, sans valeur de référence pour autant. Rien n’est plus difficile à décrire que le monde très particulier de l’audiophile car il est totalement subjectif…

3 : L’image stéréophonique

A l’ère du presque tout numérique, on aura tendance à oublier l’origine du système de stéréophonie, et donc, de ce qu’on entend d’abord par la source d’un enregistrement, c’est à dire, d’une prise de son réalisée avec au moins deux micros. Basée sur la reproduction d’un message sonore sur deux canaux minimum, le son stéréophonique a été mise au point afin de rendre compte du critère de spatialité (donc de l’espace ou de la scène sonore) propre à l’enregistrement d’une œuvre musicale.

MSB-TechnologyL’invention du système stéréophonique remonte à 1881 lorsque Clément Ader eut cette intuition qui devait transfigurer la reproduction et l’écoute de la musique. 3 ans plus tard, on assista à la première diffusion en stéréophonie à L’Opéra Garnier de Paris. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que l’enregistrement sur deux pistes de manière synchrone sur une même bande magnétique fut rendue possible. Aujourd’hui encore, la stéréophonie reste le système de reproduction sonore et audiophile le plus largement utilisé concernant la musique, en dépit de la multiplication des divers formats de diffusion désormais disponibles. Sur le plan historique, le perfectionnement de la stéréophonie est dû à André Charlin, inventeur français et ingénieur du son né en 1903 et décédé en 1983.

presentation-statique-d-enceintesToujours est-il que ce bref aperçu historique nous amène indirectement au cœur du problème car s’il s’agit de reproduire une œuvre musicale dans son espace sonore, il faut bien avouer que certains systèmes d’écoute le font mieux que d’autres mais aussi, que certaines personnes y sont plus sensibles que d’autres. D’un point de vue technique, la stéréophonie ne devrait pas seulement décrire la fidélité en largeur et en profondeur des enceintes mais aussi en hauteur (par exemple une grosse caisse de batterie sera toujours perçu en position basse par rapport aux cymbales). Cependant, l’image stéréo est parfois mal ou quasiment non perçue par de nombreuses personnes qui s’intéresse peu à la musique et à sa reproduction fidèle.

Une image stéréo est censée reproduire l’espace sonore d’un enregistrement musical

En théorie, une image stéréophonique et audiophile devrait tenir compte des trois critères que nous venons d’énumérer : largueur, profondeur, hauteur. En pratique, on est parfois loin du compte. Subjectivement, certains systèmes stéréo auront tendance à mettre tous les instruments sur le même plan ou à projeter l’écoute alors que d’autres systèmes reproduiront un bel étagement des plans sonores mais avec une largueur qui ne dépasse pas celle des enceintes alors que d’autres encore, auront tendance à placer la scène sonore en arrière.

systeme-NagraLes causes à incriminer sont multiples. Elles dépendent parfois des enceintes, parfois des électroniques, parfois des câbles qui reproduiront plus ou moins bien l’image stéréophonique. En tout état de cause, et si l’enregistrement a été soigné, un disque gravé contient l’ensemble des données reproduisant fidèlement l’espace stéréophonique tout comme il détient l’ensemble des informations relatives à la reproduction des timbres, de la dynamique et des autres critères objectifs ou subjectifs que nous pourrions décrire.

Ce que nous pouvons vraiment mettre en cause, a priori, c’est le système lui-même. Quant à dire que c’est une question de gamme, c’est un critère absolument faux. lecteur-cd-AtollOn a tous déjà entendu des systèmes modestes en prix reproduire une belle image stéréophonique par rapport à des systèmes plus onéreux qui était moins bons sur ce point (même si l’inverse est également possible). Toujours est-il que la perception de l’image stéréo peut également dépendre de la ‘matière sonore’ reproduite par le système lui-même. Si le corps des instruments est parfaitement reproduit, l’espace stéréophonique sera toujours mieux perçu que sur des systèmes qui sonnent aigres et perché sur l’aigu (encore une fois c’est relatif). Donc, nous pourrions admettre que la reproduction de la matière sonore puisse également jouer sur la perception de l’image stéréo.

un-ovni-de-la-haute-fideliteEn outre, et d’un point de vue biologique (et physiologique pour être précis), l’oreille humaine perçoit mieux les fréquences médium que l’aigu et le grave (sauf sans doute les jeunes qui sont déjà sourd à 20 ans, empoisonnés par leurs megabasses et autres systèmes douteux de correction physiologique). C’est d’ailleurs à partir de cette perception préférentielle du médium par l’oreille que les commerçants inventent des systèmes qui accentuent artificiellement les basses fréquences en essayant de reproduire artificiellement une dynamique qui n’existe pas à l’origine. En témoigne encore, l’explosion des ventes de casques pourris que les jeunes arborent fièrement comme deux oreilles de Mickey.

4 : La coloration, un critère audiophile ?

Ceci amène cela, la voix humaine est un ensemble de sons de fréquences médium et naturellement, l’oreille perçoit mieux les médiums que les deux autres extrémités, même si les jeunes aiment se démolir les esgourdes à coup de mega basses. Supposons que si la perception auditive humaine est parfaitement linéaire, cette histoire absurde de renforcement des basses deviendrait inutile. Cette idée de devoir renforcer une fréquence sur une autre n’a d’ailleurs rien de très audiophile.

AccuphaseEt à parler de linéarité, on en arrive forcément à parler de neutralité. Sur le plan objectif, la coloration (ou plutôt l’absence de coloration) pourrait a priori se résumer (plus ou moins) à la perception d’une linéarité parfaite du message sonore, ce qui est généralement, très rarement le cas. La plupart des systèmes auront tendance à mettre une partie du spectre sonore en avant ou de ne pas reproduire la bande passante dans toute son étendue. Cette caractéristique peut être due à des caractéristiques particulières des enceintes, de l’amplification ou de la source elle-même. En toute logique, pour que la coloration ou « effet de mise en avant d’une partie du spectre sonore sur une autre » soit moins perceptible, une bande passante la plus large possible doit être reproduite même si, cela n’empêche pas la perception d’une certaine forme de coloration sonore dans certains cas.

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Avec Martial hernandez… Un grand Monsieur de la Haute Fidélité !

Sur le plan subjectif, cela se résume plus ou moins à dire que le médium (souvent perçu sur les voies, une guitare ou un instrument qui émet dans cette gamme de fréquence) est mis en avant sur le reste du spectre ou que les basses ou l’aigu est mis en avant, ce qui est généralement très perceptible. Les basses fréquences sont d’ailleurs parfois tellement prépondérantes sur le reste du spectre que le bas-médium s’en trouve complètement bouché au point que certains auditeurs peu avertis ou peu entraînés à l’écoute confondent aisément bas-médium et basses fréquences. Ce genre de caractéristique a d’ailleurs pour principal défaut de masquer un nombre considérable d’informations dans le bas médium justement.

Quant à l’aigu, la mise en avant de cette partie du spectre aura tendance à crisper l’auditeur et l’audiophile, jusqu’à parfois agresser l’oreille. A priori, un bon système devrait pouvoir rendre compte d’un aigu détaillé, réel (et donc parfois à la limite de l’agressivité quand l’enregistrement le demande) et aérien.

Essayons de terminer cet article sur ces constatations, la longueur de mes écritures demandera donc une troisième partie qui traitera cette fois de la dynamique et des timbres.

A bientôt,

Eric Mallet

28 Déc

La terminologie de l’audiophile Partie I: Transparence et Musicalité !

audio-video

Démonstration video au salon du Pullman (1 et 2 octobre 2011)

Intéressé par la reproduction musicale de qualité, vous venez sans doute d’aborder le monde des audiophiles, ceux qui prêtent une attention féroce et aiguisée à la qualité de reproduction sonore d’une œuvre musicale. Ou bien, s’agit-il peut-être d’un monde – très fermé – que vous connaissez bien mais le vocabulaire de cette race à part de mélomanes (assez portée sur la technique et les technologies de reproduction musicales) vous semble parfois compliqué et obscur. En effet, si bon nombre d’audiophiles s’accordent sur le résultat ou le ressenti acoustique d’une écoute, comment définir les termes de transparence, de musicalité, de coloration ou de couleur musicale ? Que dire de l’ambiance, de l’image stéréophonique, de la clarté, d’un médium sombre, des timbres, de la bande passante, de la brillance et j’en passe… Assez compliqué, l’audiophile est un drôle d’animal !

Qu’est-ce que la musicalité ? essayons d’y voir plus clair !

Disons que d’un point de vue général, nous avons tous notre point de vue sur la reproduction sonore qui nous plait et nous parlons donc bien précisément de reproduction musicale et non pas de retranscription exacte d’une œuvre musicale, ce qui a priori, n’est pas encore possible et ne le sera sans doute jamais. Par principe, les oreilles reçoivent et le cerveau écoute par interprétation, ce qu’il fait d’ailleurs constamment et pour tout. À partir de là, nous possédons tous notre sensibilité musicale personnelle. C’est tellement vrai qu’il existe un nombre astronomique de marques dans le monde la haute fidélité et que chaque marque à ses aficionados comme ses détracteurs. Certains audiophiles ne jurent que par Marantz, d’autres par Goldmund, d’autres par Triangle, EERA, Dynaudio, Mark Levinson, NAD, Simaudio, B & W, Audio Research, PEL et j’en passe…

Finalement, dans le monde très fermé de l’audiophile et de la Haute Fidélité, la vérité (comme ailleurs) n’existe pas et chacun voit un peu midi à sa porte. À vrai dire, il y en a pour tous les goûts, à lampes (et pas à tubes, c’est un terme anglais) et à transistors, analogiques ou numériques, voire à l’heure actuelle, à flux numériques… Il faudrait donc essayer de rester sur des idées ou des termes généraux et sur lesquels tout le monde tombe d’accord, ce qui est loin d’être simple. Ce dont je vais essayer de traiter ici relève beaucoup plus du subjectif, ce qui explique la difficulté de l’exercice. Aujourd’hui, ces passionnés de reproduction musicale se regroupent sous le terme d’audiophile.

1. La musicalité en termes de haute fidélité

enceintes-francaises-WaterfallParler de musicalité revient à dire qu’une œuvre musicale reproduite respecte de près l’œuvre originale et l’esprit dans lequel cette œuvre a été élaborée. C’est un terme qui finalement, englobe un peu de tout, de l’émotion, de la transparence, du swing, de la justesse rythmique et de la fluidité instrumentale qui nous fait penser qu’une reproduction est musicale ou ne l’est pas. D’autres critères tout aussi subjectifs pourraient encore se joindre à la liste sans que l’on puisse vraiment caractériser ce critère avec objectivité. Déjà, la musicalité s’avère difficile à définir pour l’audiophile…

Un des critères les plus subjectifs – mais qui reste encore définissable selon l’audiophile lambda – concerne les différences de musicalité suivant les heures d’écoute. Personne ne pourra nier que certains jours, parfois au soir ou un dimanche après-midi, l’écoute est nettement meilleure et la musicalité plus prononcée qu’à un autre moment. Sur le plan rationnel, on peut estimer que la consommation électrique est plus faible le soir vers 23 heures qu’en semaine en pleine après-midi même si cela reste très relatif.

Un audiophile n’est jamais vraiment satisfait de son système haute fidélité

Cependant, n’importe quel système haute fidélité, étant alimenté par le courant électrique, fonctionnera plus ou moins bien suivant certains facteurs qui nous échappent, je pense à la mécanique quantique mais ça reste impossible à prouver. amplificateur-Storm-AudioLe trajet souvent complexe du courant à travers condensateurs, résistances et selfs, sans parler de ce qui peut se passer au niveau du filtrage ou du préampli sera nécessairement influencé par des centaines de milliers de facteurs qui produisent eux-mêmes des variations qui pourrait influencer l’écoute. L’importance du courant électrique et sa transmission ne devraient pas être négligés. Le courant électrique, pour votre système, c’est un peu comme le sang pour votre corps, autant qu’il soit fluide et qu’il circule bien. Pour parler franchement, les différences d’écoute entre des câbles secteur de marques Synergistic Research, Acoustic Zen ou Furutech confirment ces données. L’écoute n’est jamais la même selon mon expérience personnelle. Ensuite, de dire si l’écoute est meilleure ou pas, cela devient un peu plus compliqué. Citons également l’interaction entre les enceintes et l’ampli, qui peuvent, eux aussi, faire varier l’écoute d’un jour à l’autre, suivant le comportement de l’ampli, etc.

Rien n’est plus subjectif à définir que la musicalité, la seule chose dont on peut être sûr, c’est que les audiophiles recherchent nécessairement le filé et l’humanité de l’analogique, à l’inverse d’une écoute froide et manquant de corps d’une écoute numérique de piètre qualité. Ce genre d’écoute devient d’ailleurs et heureusement de plus en plus rare de nos jours, même sur le bas de gamme – l’évolution stupéfiante du numérique nous permet aujourd’hui de profiter d’une écoute beaucoup plus musicale à un prix encore modeste pour les résultats musicaux obtenus, si on les compare à ce qui se faisait il y a seulement 15 ans.

2 : La transparence

Qobuz-streaming-HDPar définition, votre amplificateur vous délivre une modulation qui devrait s’avérer totalement transparente, ou du moins, à 99,999% très certainement. Pourtant, même constat, les différents essais réalisés sur les câbles ne donnent jamais les mêmes résultats et je dirais que s’il fallait cerner un critère sur lequel se raccrocher, c’est que d’un point de vue purement physiologique, l’oreille humaine entend principalement du médium, l’aigu et le grave ne représentent pas 30% de ce que l’oreille perçoit, quantitativement parlant. Les voix humaines s’expriment dans le médium et l’oreille est donc conçue physiologiquement pour entendre cette plage de fréquence. Vous êtes sans doute nombreux à avoir fait l’expérience d’un gain dans le haut médium et d’y entendre plus de détails, au détriment d’une écoute différente, centrée ailleurs en fréquence mais qui vous fera entendre d’autres détails. On en revient à une question de sensibilité personnelle et de perception globale, audiophile ou non. Dans tous les cas, les changements d’écoute, en haute fidélité plus qu’ailleurs, confirment l’adage qui dit que « ce que l’on pensait être mieux est souvent l’ennemi du bien« .

lecteur-cd-amplificateurA partir de là, les timbres instrumentaux et les différences que l’on pourrait percevoir entre différents instruments vont surtout s’entendre dans le médium même si le grave et l’aigu sont d’une importance cruciale. La pureté des métaux utilisés dans un câble sera l’un des principaux facteurs à déterminer la transparence finale à l’écoute. Les cuivres de mauvaise qualité, les OFC de petites qualité, de même pour l’argent, ne peuvent donner d’excellents résultats à l’écoute. Pour l’instant (et cela n’engage que moi), le cuivre et l’argent OCC donnent les meilleurs résultats en écoute comparative selon les marques que j’ai pu tester. Cela n’a pas empêché certaines marques d’utiliser autre chose que du cuivre ou de l’argent, Van den Hul se sert du carbone et d’autres alliages avec de bons résultats, JPS Labs utilise lui aussi un alliage d’aluminium intéressant, particulièrement en termes de rapidité des attaques, de dynamique et de détails.

Une-belle-platine-vinyleD’autres facteurs viennent ensuite compliquer les choses. Le diamètre d’un câble, les notions de capacitance et de résistance vont également entrer en jeu, sans parler des temps de propagation ou des effets de peau que la recherche scientifique a mis en évidence. En effet, suivant leur fréquence, les signaux se déplacent différemment dans un câble, ce qui influe à nouveau le résultat d’écoute. A partir de là, plusieurs solutions, souvent très complexes (je pense par exemple à l’utilisation du carbone chez Van den Hul, la configuration hélicoïdale breveté Helix de Shunyata, le principe Oval chez Analysis Plus ou les différentes technologies utilisées chez Synergistic Research et encore d’autres…) pourraient eux aussi influencer l’écoute, en théorie.

Le problème de l’isolant et de sa relation avec les conducteurs va encore compliquer les choses. Si l’air est le meilleur isolant, il est bien évident qu’un câble doit être isolé. Le coton donne également d’excellents résultats, c’est l’isolant que j’ai finalement retenu pour mes propres câbles. La gaine d’isolant n’est ensuite rétractée que sur la partie visible des câbles, me donnant les meilleurs résultats d’écoute pour l’instant. Cette constante est parfois reprise par certaines marques prestigieuses (et coûteuses), notamment Shunyata Research, Fadel Arts, Inakustik et Silent Wire chez les allemands. Quoi qu’il en soit, s’arrêter sur des définitions concrètes de ces critères particulièrement subjectifs aura du mal à satisfaire l’audiophile qui est en nous.

La première partie de l’article se termine, je pensais ne faire qu’un article mais il y a tellement de chose à dire sur ce sujet (sans l’épuiser, fort heureusement) que je suis contraint d’écrire deux parties.

A tout de suite,

Eric Mallet